Il est toujours temps de se positionner sur certaines valeurs.
Bien à vous
Roger LECUT
Une myriade de tendances tactiques
Cette fois, le printemps est bien là. Mes narcisses sont fleuris mais le froid persistant m’incite à rester devant mon ordinateur. C’est à nouveau une hausse constante entrecoupée chaque vendredi de sérieuses prises de bénéfices. Mais en examinant d’une façon plus approfondie, force est de constater que des valeurs évoluent toutes de concert.
L’or noir a tracé le chemin haussier. Les évènements qui se passent en Iran permettent de nous conforter dans nos achats du secteur pétrolier et para-pétrolier.
Les gains sont d’ailleurs très plaisants. Nous devrions conserver ces valeurs en sachant que le prix du brut pourrait bien atteindre les 80 $ à la fin du premier semestre.
Les grosses compagnies continuent d’investir dans des centaines d’hectares de sables bitumineux. L’analyse technique recommande de ne pas vendre une valeur qui évolue sans cesse au-dessus de sa moyenne mobile.
Bien entendu, des corrections sporadiques sont à craindre (test de la moyenne). Il faudra garder des nerfs d’acier et résister à la tentation de céder le papier en juin pour profiter pleinement de la hausse de juillet-août.


L’or a suivi la hausse mais les experts sont bien partagés sur son devenir. Les investisseurs n’ont pas fait dans la dentelle. L’incertitude naissante devant une inflation qui se cache sournoisement a engendré le recours à cette sécurité métallique mise en avant plan au temps de Christophe Colomb. Le monde des investisseurs, des producteurs, des nouveaux explorateurs et des spéculateurs ont attisé l’appétit envers l’or. Cela commence à créer un déséquilibre économique d’autant plus que deux puissances commerciales sont arrivées sur le marché : l’Inde et la Chine.
La Chine possède environ 600 tonnes d’or mais le marché intérieur se limite aux grandes villes avec une distorsion parfois criante dans les prix lorsque vous vous éloignez de Hong Kong ou de Shanghai. Toutefois, les experts pensent que l’Inde est le marché le plus mûr pour se gorger d’or pur. Les réserves du pays se chiffrent à seulement 358 tonnes. Toutefois, le gouvernement a mis une entrave sur le précieux métal en l’imposant de 8 % de droits d’entrée. La Chine est susceptible d’augmenter ses réserves de 650 tonnes d’or pour abaisser le risque trop élevé de la monnaie américaine détenue par la banque centrale.
De plus, nous vivons en ce moment un cas bien précis de cyclologie boursière. Après les achats des gros investisseurs et spéculateurs, nous sommes actuellement dans la phase d’achat des banques et des fonds de pension qui veulent se gorger du précieux métal. Le grand public sera ensuite sollicité pour racheter cette masse métallique à un prix bien plus élevé. La cyclologie nous démontre que ce sera à ce moment qu’il faudra liquider les positions. La hausse de l’or pourrait bien se poursuivre jusqu’en octobre 2007. Ensuite, le cycle des actions reprendra le dessus après la correction « inévitable » qui devrait
se produire fin septembre 2007. Certains envisagent de voir l’or atteindre son niveau historique de 1980 à 850 $ l’once. Tout cela dépend bien entendu des évènements mais comme ce métal devient de plus en plus rare et de plus en plus demandé, cela n’est peut être pas utopique.


Des analystes ont calculé la corrélation de l’or et du cuivre. Elle est de 0.921. Pas besoin d’un dessin pour s’apercevoir qu’acheter des mines de cuivre devient tout aussi intéressant qu’un investissement dans l’or. La valeur américaine investie dans les mines de cuivre et d’or de IVANHOE MINES dans le désert du Kobi en Mongolie jouit, par exemple, d’un réel attrait auprès des investisseurs.
CAMECO CORPORATION attire également l’attention. C’est l’un des principaux producteurs d’uranium.
Ce métal pourtant non précieux aurait une corrélation avec l’or de 96 %. Rien d’étonnant à ce que les actions minières haussent depuis la progression du métal jaune.


Mais l’engouement pour les métaux non précieux comme l’aluminium, le zinc , l’étain et le nickel est tout à fait naturel. Les richesses minières ont été pillées et le recyclage des vieux métaux va devenir une nécessité aussi importante que l’assainissement de l’air et de l’eau. Bien entendu, ces métaux sont destinés à l’industrie. Toutefois, les producteurs constatent que si l’or a grimpé de 128 % et l’argent de 189 %, il n’en est pas moins vrai que les non ferreux ont grimpé de plus de 250 %.
Comme vous le voyez, protéger son épargne est relativement facile en ce moment pour qui aime le capital à risques.
Je ne manque pas de vous parler de l’argent, même à ce prix. La Barclays Bank construit en ce moment un véhicule de placement aisé : un tracker (ETF) sur l’argent. Toutefois, il vous est possible d’investir dans de grandes mines au Canada comme STANDARD SILVER MINES, PAN AMERICAN SILVER et APEX SILVER MINES.
En effet, l’or et l’argent sont encore bien ancrés dans le mental des gens. Les pièces gardent toujours une certaine valeur quoique souvent symbolique. Mais il y a bien autre chose qui fait grimper ce métal. Les revues spécialisées nous révèlent que ce métal est avec le cuivre, l’un des meilleurs conducteurs électriques au monde. Il ne se corrode pas et s’emploie actuellement dans la fabrication des appareils photo numériques... des iPods... des ordinateurs portables... des TV et des micro-ondes.
Le secteur électronique consomme à lui seul 44% du métal produit sur l’année.


L’argent a donc un usage industriel plus pointu que celui de l’or. Ce dernier est bien souvent considéré comme une relique précieuse sous forme de bijoux ; la mode de dent en or refait son apparition également. Bien entendu, certaines applications dans les satellites et autres instruments sophistiqués nécessitent son usage industriel mais dans une moindre proportion que l’argent.
Les pièces d’or ont aussi retrouvé tout leur charme. Bientôt, nous reverrons les beaux pendentifs de nos grand-mères.
Les producteurs commencent à ressentir les effets de la courbe d’Hubbert. Le cycle de production des métaux précieux et non précieux pourrait se corréler avec celui du pétrole. La rareté des produits sera alors le meilleur garant de nos économies. (à condition de détenir en portefeuille or, pétrole et argent)
Comme vous le voyez, toute une myriade de tendances tactiques s’ouvre à nous. Faites votre choix en vous disant qu ‘une répartition sectorielle et géographique n’est pas nécessairement le choix le plus rentable. Warren Buffet a commencé sa fortune avec la seule valeur Coca-Cola et Albert Frère a spéculé sur le seul secteur sidérurgique. Cela leur a bien réussit !!
J’aurai plaisir à vous entretenir de ces sujets lors de ma conférence à la Bourse de Bruxelles en date du 23 mai à 18 heures. Sujet : « Les paramètres boursiers de ce siècle »
Roger LECUT Professeur de cyclologie boursière
Administrateur-Conseiller à la Présidence de INVESTA