
C'est un fait, les chiffres heureux du chômage américain viennent de surprendre avec une baisse des demandes d'emploi qui atteint 29.000 unités. Il n'y a plus que 386.000 demandeurs hebdomadaires et les économistes en attendaient 415.000. Les chiffres ne seraient pas truqués. Pour beaucoup d'investisseurs, le marché américain se redresse avec la force cachée de la reprise économique. Les pleurnicheurs devraient s'arracher les cheveux.
Vous me direz « et vous, avec vos craintes astrologiques ? ». Je réponds que je ne suis que le mouvement cyclique des humeurs asiatiques qui prévoient une belle chute à partir du 7 août 2003. Mais de là, à croire réellement à leurs belles légendes, il y a un pas.
Toutefois, je crains une fois de plus que les asiatiques aient raison pendant ces deux prochains mois.
Regardez autour de vous et vous comprendrez. L'indice de confiance des industriels italiens est en chute réelle et en Angleterre, malgré les humeurs de Tony Blair, les ventes au détail semblent sortir de l'impasse également. Là, n'est donc pas le danger réel.
Par contre, les obligations qui viennent de retrouver la faveur des investisseurs individuels de part la chute effrénée des revenus de bons de caisse, des carnets de dépôts et des comptes terme donnent le vertige avec la chute de leurs cours et l'envie avec la hausse journalière de leur rendement. Depuis la mi-juin, l'obligation à 10 ans a perdu près de 10 % et confirme que le marché obligataire est devenu en dépression.
J'ai toujours eu difficile à faire admettre que la bourse devance l'économie et que les taux d'intérêt grimpent toujours lorsque celle-ci se remet en marche. Pour le moment, c'est cela qui se passe. Mais bientôt, et ce sera logique, les obligations deviendront plus attrayantes dans un cours terme que les actions et le balancier fera un bon virage vers le rendement plus attrayant compte tenu de la prime de risque. Greenspan l'affirmait : l'économie américaine repose en ce moment sur les dépenses des consommateurs et ceux-ci dépensent parce que les taux n'ont jamais été aussi bas depuis leur existence.
Greenspan crée en ce moment une inflation positive et les chiffres que GENERAL MOTORS vient d'afficher ne sont dû qu'à un crédit taux zéro. Il est toujours bon de prendre ce que l'on vous donne ; mais quand, il s'agit de payer, on réfléchit à deux fois avant de s'engager.
J'attends avant de réinvestir et je vends toute action gagnante ou quasi gagnante car je redoute cette correction.
J'ai jeté un coup d'oeil sur les valeurs suivies et franchement, toutes les favorites comme AMGEN par exemple donnent déjà des signe d'affaiblissement certain.
Par contre, j'ai remarqué que les valeurs ci-après pourraient bien donner un beau baroud d'honneur avant de corriger : AFFYMETRIX CELLE GENESYS CYTYC CORP ICOS CORP IMCLONE SYSTEMS SYMANTEC AFLAC ALCAN AMERICAN INTERNATIONAL ANHEUSER BUSH DEERE DOW CHEMICAL DUPONT DE NEMOURS E KODAK GOLDEN WEST FINANCE JC PENNEY NEWMONT MINING

En Belgique, ELECTRABEL donne un graphique très emballant à l'achat. Un triangle ascendant, un volume au dessus de la moyenne ainsi qu'un trend très haussier dans le RSI et un momentum positif.
De là, à penser que SUEZ continue de conforter sa position, il n'y a qu'un pas que j'oserais franchir.
Je reste sur ma position, malgré les nouvelles bonnes ou très bonnes qui vont surgir dans la presse et malgré la ruée des juilletistes qui ne voudront pas malheureusement (pour eux) rater la hausse en cours, je préfère quitter le bateau en ce moment.
Roger LECUT Professeur de cyclologie boursière
Administrateur-Conseiller à la Présidence de INVESTA