Je commencerai par dire que l'emprunt USA à 10 ans donne du 4.43 % de rendement. C'est un rendement hautement attrayant qu'il faut éviter à tout prix. Un haut rendement donne en effet des cours bas, puisque c'est le taux normal plus la décote du titre qui donne ce résultat. Les actions sont intéressantes et le fait de faire un clivage vers ce secteur est très louable. Toutefois, il fallait faire celui-ci vers la mi-mars au moins, car à présent, les gains engrangés par beaucoup d'investisseurs avisés dépassent les 25 % dans certains secteurs.
Vous me direz que GREENSPAN incite à l'achat (de par la volonté du Président) en déclarant qu'il entrevoit une forte croissance en 2004. Cela nous le savons et aimons ne retenir que les bons chiffres du taux de chômage qui chute de 6.4 à 6.2 %. (attendu 6.3) Nous ignorons le fait que 72.000 emplois non fermiers viennent de disparaître. Nous nous raccrochons au fait que l'industrie de transformation des matières premières vient de progresser pour la première fois depuis plus de cinq mois et que l'indice des Directeurs d'achat de ce secteur vient de passer à 51.8 % contre 49.8 en juin.
En triturant tous les chiffres, il faut bien reconnaître que si cela va mieux, nous ne sommes pas encore en pleine reprise. Le sentiment des consommateurs monte à 90.9 contre 90.5 attendu et l'index ISM passe à 51.8 contre 52 attendu. Cet indice étant supérieur à 50 confirme pourtant la reprise depuis février.
Dans les secteurs, nous voyons un mieux dans les financières, les biotechnologies, les semi-conducteurs, l'or, le tabac, le pétrole et les ventes au détail. Les américains dépensent plus mais ils sont de plus en plus endettés à des taux bas. Lorsque ceux-ci vont remonter et cela est inévitable et cyclique, il y aura beaucoup de déconvenues.



C'est pour cela qu'il est préférable de jeter un coup d'oeil sur ce que font les institutionnels avant d'oser encore s'aventurer sur les marchés. Le graphique ci-dessus montre clairement que le trend est inversé. Il faut prendre au mieux ses bénéfices. L'heure de la correction approche.



C'est évident, nous commençons à nous essouffler dans la hausse et la moyenne arithmétique à 20 jours est en cours de test ; si, elle rompt, c'est la grande glissade qui commence.



Et les points et figures commencent leur correction sans précipitation aucune. Il est vrai que le soutien de 1450 est encore éloigné et que le risque reste mineur en ce moment. Le nombre d'actions du Nasdaq présentant des signaux d'achat divisé par le nombre total des actions du Nasdaq présente toutefois un retournement de tendance et l'indice évolue déjà sous sa moyenne.





Dans les brokers, nous en trouvons 21 % neutres, 51 % bearish et seulement 28 % bullish. Ce qui est également important, c'est l'évolution de l'attitude des institutionnels. Leur accumulation se fait à moindre volumes et ils ne se positionnent que sur les secteurs en recovery situation comme les semi-conducteurs. Ils se dégegent déjà des petites valeurs, distribuent le Nasdaq et le SP-500 pour n'investir que dans certaines valeurs du Dow. Cette tactique a pour effet de rassurer l'investisseur alors que c'est cycliquement la technique pour sortir du marché avec le plus de profits.
Vous l'avez compris, je reste sur ma position. Quitter les marchés sans perte actuellement et prendre ses gains. Pour les valeurs perdantes, pas de panique, nous retrouverons de meilleurs cours en 2004 et je pense qu'il est préférable de les conserver. Ma stratégie a pour but de gonfler les liquidités pour ne pas rater les opportunités qui se présenteront fin septembre. Bien à vous.

Roger LECUT Professeur de cyclologie boursière Administrateur-Conseiller à la Présidence de INVESTA