Lors de ma dernière conférence à la Bourse de Bruxelles, je faisais remarquer que les Bourses devraient terminer l'année plus haut qu'elles n'avaient commencé celle-ci. Je parlais plus spécialement du marché américain soutenu probablement « artificiellement » en raison des élections. Se fier aux chiffres et aux multiples bonnes nouvelles n'est pas nécessairement un bon conseil mais la cyclologie nous fait découvrir que depuis plus de 50 ans, la dernière année du cycle présidentiel a TOUJOURS été bénéfique.

Nous aurons par la suite une hausse en 2005, provoquée par les forces astrologiques chinoises (Terre et Bois) et ensuite 2006 sera l'année des déconvenues. L'Amérique se verra forcée de comptabiliser ouvertement les excès de 2004.
L'Europe suit également les palpitations de la Bourse ; chaque jour haussier est suivi immanquablement d'un jour baissier. Paris évolue dans une marge de 130 points sans toutefois parvenir à se rehausser au-dessus de sa moyenne à 50 jours, à 3672 points. Lors de mes contacts, chacun semble persuadé que les Bourses vont s'écraser. Les gourous ne manquent pas de rappeler cette possibilité extrême en citant que l'or et l'argent reprennent une vigueur certaine et que l'essence a progressé vivement de plus de 25 %.

Mes correspondants ne semblent guère s'inquiéter de la chose ; les journaux nous abreuvent de chaudes recommandations sur le secteur automobile notamment sur la firme japonaise Nissan qui construit pourtant des grosses cylindrées. Lors de mon dernier voyage aux USA, j'avais notamment remarqué que le rejet de gaz nocif dans l'atmosphère était le dernier de leurs soucis ; une voiture dévoreuse de carburant de plus en plus cher ne devrait pas freiner leur enthousiasme.

La vie politique continue avec ses scandales. Ronald Rumsfeld aurait couvert les agissements dégradants de la prison irakienne et Dick Cheney est à nouveau suspecté d'avoir fait sur facturer des livraisons militaires (carburant) en Irak. Rien n'y fait, ils semblent bien installé sur leur piédestal. Bush a de très fortes chances de repasser aux élections de novembre.

Ce jeudi, nous devrions connaître les nouveaux quota pétroliers (probablement en augmentation de plus de 10 %) mais d'après les experts, cela ne changera rien. L'augmentation de la production qui sera déclarée à la fin de la réunion se fait déjà en secret depuis des mois et le prix du pétrole ne diminuera pas ou tellement si peu ! ! Cela permettra à l'Amérique de mieux concurrencer le Japon, l'Europe et la Chine car l'Amérique a des réserves immenses ensevelies dans les mines de sel de Louisiane.

Certains bruits laissent entendre que le baril grimpera à 50 dollars à la mi-novembre. Ce prix comprendrait le prix réel du bail soit environ 41 $ et les 9 $ de surplus représenteraient la prime de risque pour les attentats.
Cette hausse serait voulue par les amis de Bush afin de sensibiliser le monde sur la nécessité de laisser les américains contrôler eux-mêmes les ressources pétrolières irakiennes. Il en va de l'avenir du monde occidental et des pays asiatiques. En parlant de ceux-ci, les américains commencent à craindre que les chinois ne s'accaparent les ressources minières du monde. La Chine a un besoin urgent de pétrole, de ciment, d'acier, de cuivre et d'aluminium. Elle affiche un taux de croissance frôlant les 10 %.

Les chiffres américains s'améliorent chaque mois et maintenant, certains craignent que la reprise de l'emploi ne viennent précipiter la remontée des taux. D'autres craignent au contraire qu'un ralentissement de l'économie ne viennent freiner les dépenses des consommateurs ; ils ont les yeux braqués sur les indices de confiance.
Lors de mon exposé, j'ai présenté le nouveau billet de 50 $ américains et rappelé l'émission du billet de 20 $ émis l'an passé. J'ai montré également le chart du déficit commercial. Certains analystes parlent d'une augmentation de la masse monétaire des USA d'au moins deux mille milliards de dollars pour cette année. Le dollar devrait donc s'effriter mais la moindre mauvaise nouvelle européenne va affaiblir momentanément l'Euro et la prochaine hausse des taux aux USA va consolider momentanément le dollar.
Ce qui revient à dire que la devise américaine comme les bourses vont monter lentement ou se maintenir à notre niveau plancher actuel. Cela est voulu et tout se fera pour que cela reste ainsi jusqu'aux élections de novembre. Les gourous prêcheront donc en porte à faux. Qu'ils reviennent en 2006. Dans ce futur assez prochain, les investisseurs seront persuadés de la vraie reprise et les conseillers ne se priveront pas de leur donner des conseils alléchants. Ce sera à nouveau le drame pour une bonne partie d'entre-eux et le dollar touchera probablement le fond de son cycle.
Voyons maintenant quelques charts récents.









Nasdaq retrouvent un certain tonique et que l'effondrement n'est pas encore pour demain. Pour le Dow Jones, nous remarquons très bien la résistance des 10.000 points. Et le SP 500 trouve également de la vigueur avec notamment une formation en W dans le MACD. Les institutionnels sont toujours actifs et privilégient les semi-conducteurs en ce moment.

Roger LECUT Professeur de cyclologie boursière Administrateur-Conseiller à la Présidence de INVESTA