Beaucoup font fi d'un passé révolu ; je sais que la courbe des cycles ignore tous les morts, toutes les destructions qu'elle laisse derrière elle. Je me souviens surtout de toutes les tensions qu'elle accompagne et des ambitions qu'elle nourrit.
C'est donc avec sagesse que j'essaie de trouver la concordance des situations qu'elles soient politiques ou sociales dans les différents moments du cycle.
Je retiens surtout qu'on ne peut jamais arriver à prédire, mais parfois à prévoir.
Je pense aussi que la science des cycles est plutôt historique que mathématique mais que cela ne m'empêche pas d'établir des probabilités statistiques sur l'évolution des indices, des titres, des taux et des devises.
Je lis beaucoup de livres et lorsque je referme ces documents aux relents ésotériques, aux stratégies marginales et aux pages maculées de vagues, de chaos et de contrarian technology, je me dis que les théories de la cyclologie boursière se répandent de plus en plus auprès des investisseurs. Elles servent même de support aux méthodes de trading et de gestion.
Le dollar fait la vedette en ce moment. Il peut jouer trois rôles.
C'est d'abord un instrument de mesure. Le dollar vaut 0.8081euros.
C'est surtout un moyen de payement que personne n'envisage d'abandonner totalement car certaines devises dont le yuan sont liées à son évolution. Le billet vrai ou faux (il en existe bien 1/3 qui n'ont pas été fabriqué légalement) est toujours la devise de référence, même dans les coins les plus reculés du globe. Savez-vous que la FED a révélé qu'il y avait, en ce moment, 665 milliards de billets en dollars en circulation pour seulement 285 millions d'américains.
Ce chiffre ne représente donc pas les actifs en banque. Cela voudrait dire que chaque américain posséderait environ 2400 dollars en billets dans son portefeuille. On comprend ainsi que cette devise est véhiculée partout dans le monde et que si la tendance actuelle est de la convertir dans celle d'une autre région, il devra encore s'écouler un temps certain pour que cela se fasse.
C'est enfin un véhicule de placement (actions, obligations, certificats de trésorerie).
Ceux qui craignent pour le dollar peuvent éviter cette solution en achetant des actions européennes ou japonaises ou placer dans une devise européenne de meilleur rapport.
Pour les Etats-Unis, la technique du dollar en baisse permet de soutenir la croissance américaine et de diminuer le poids de l'énorme déficit budgétaire.
Un dollar en baisse permet aussi de lutter contre la hausse du prix des matières premières. Les Chinois les importent massivement et elles devraient garder leur trend haussier pendant de longs semestres encore.
Le Gouvernement américain n'est pas inquiet de la dégringolade de sa devise ; ce qui compte pour lui, c'est la santé de l'économie . Même si un dollar fort est dans son intérêt à moyen terme, il n'a pas l'intention d'intervenir sur le marché des changes.
Mr SNOW vient de déclarer que c'est au marché de fixer librement et de façon concurrentielle le taux des monnaies. Quand au déficit record, les américains déclarent que l'administration s'est engagée à le réduire de moitié dans 5 ans.
Rassurant, n'est-ce pas ?
De plus, nous sommes dans une année électorale aux USA. La cyclologie boursière nous apprend que beaucoup de cycles exposent un comportement semblable. La Bourse est bearish les deux premières années et bullish les deux dernières années. On constate même une accentuation de la hausse en fin de parcours. Nous sommes dans cette année « bienheureuse ».
Pour les sceptiques, j'ajouterai qu'il est remarquable de constater que sur les 54 dernières années de cycle présidentiel, les baisses se sont toujours produites dans la deuxième année du cycle. La troisième est typiquement une année de gains importants qui suivent le redressement technique de l'année précédente. Nous avons connu ce phénomène en 2003.
La quatrième année de l'élection présidentielle continue d'apporter des gains avec des corrections régulières et aucun marché n'est baissier à la fin du cycle.
Une stratégie est appliquée par bien des milliardaires américains. Elle a réussi pendant ces derniers 55 ans. Elle consiste à acheter le 1er octobre de la deuxième année de la présidence USA et de revendre le 31 décembre de la quatrième année soit après les élections prochaines.
Pour le marché américain, je reste donc optimiste au moins pour les cinq premiers mois de l'année et j'envisage de conserver cet optimisme juqu'au 31 décembre.
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Cela reste une affaire de psychologie. La course effrénée vers le bas contre euro semblait programmée jusque 1.33-1.35
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Mais cette tendance qui était le cycle normal et répétitif de son évolution a été stoppé net par une réaction technique. Un triple top avec double pointe (un M) marque l'arrêt et ceux qui jouaient la devise à la baisse vers 1.40 ont dû le racheter précipitamment.
Le chart ci-dessus nous montre deux choses : la formation « tasse et poignée » qui marque toujours un ralentissement et une hésitation certaine avant une éventuelle poursuite du mouvement.
En fait, vous pouvez imaginer une gosse sur une balançoire. Vous la lancez et sa trajectoire va d'un sommet à un autre.
Selon la force de la gamine ou la vigueur de l'économie, le deuxième mouvement sera identique, supérieur ou inférieur au balancement précédent. Le cycle a bien lieu mais personne ne peut prédire quel sera le sommet. On peut juste le prévoir. Et la gosse peut réagir par la suite et amplifier le mouvement.
Il semblerait que nous ayons déjà amorcé le mouvement de retour malgré une impression de continuation à la baisse qui reste dans la majorité des esprits. C'est pourquoi, j'ai recommandé immédiatement de vendre de l'Euro contre du Dollar. Je me suis heurté immédiatement à des réactions très vives et somme toute, très légitimes.
Pourquoi acheter et en plus dans la zone dollar ?
Les marchés monétaires n'ont jamais apprécié le déficit énorme d'un pays. Habituellement, cela provoquait la dévaluation de la devise. Aux USA, ce déficit est énorme et le dollar doit logiquement baisser. C'est vrai, acheter semble hors de question car la baisse de la devise annihile la hausse des actions ; investir semble inutile.
Les USA ont besoin de notre investissement pour financer le déficit commercial. Pour attirer notre épargne, l'Amérique devra augmenter ses taux. Si ceux-ci augmentent, le dollar se stabilisera mais l'emploi n'augmentera plus. C'est un vrai dilemme.
De plus, à force d'émettre des billets, l'inflation va apparaître et la défense pour GREENSPAN, c'est à nouveau le levier haussier des taux.
Pourquoi diable conseiller d'investir aux USA ?
Tout d'abord, la chute du dollar vient de soulager l'économie européenne et Mr Trichet a laissé ses taux inchangés pour continuer à lutter contre l'inflation allemande.
Le dollar pourrait bien s'équilibrer dans un moment à 1.22 avant de continuer à…monter contre l'Euro.
La FED table toujours sur une reprise robuste et une inflation maîtrisée malgré la faible performance de l'embauche.
Mr GREENSPAN est conscient qu'une baisse de sa devise augmente le prix du pétrole et des autres importations. Il sait aussi que la plupart des économistes pensent que nous sommes au bord d'une croissance des gains de productivité qui absorbera l'excès de monnaie qui inonde le marché. Le spectre de l'inflation n'apparaîtra pas.
A Wall Street, dès les signes de reprise évidents, on se bousculera pour investir. Cela stimulera la croissance et probablement l'emploi. La confiance retrouvée, le cycle de baisse des taux qui terminera sa quatrième année sera inversé et la FED les augmentera régulièrement en fonction de ses possibilités.
Un autre argument : les détenteurs de dollars ayant moins confiance dans la devise verront la hausse de Wall Street gommer leurs dernières appréhensions.
Si nous regardons le cycle de 1974, nous verrons aussi les marchés immobiliers s'emballer. Ceux qui ont acheté, ne fusse qu'une fermette de vacances, ont non seulement stabilisé leurs économies mais l'ont doublé. Il est vrai que les détenteurs d'obligations ont perdu en moyenne 40 % de leurs actifs.
La meilleure façon de se protéger de la faiblesse du dollar, c'est d'acheter des actifs mobiliers ou immobiliers qui profiteront de la reprise économique.
J'ajouterai un dernier élément qui apparaît clairement dans la cyclologie. Selon les observateurs de marché, le cycle des 4 ans que je cite plus haut n'est qu'une manipulation politique orchestrée avec la manette des taux d'intérêt.
La FED adopte en effet une politique monétaire plus accommodante pendant les deux années précédant l'élection présidentielle que pendant les deux années qui suivent l'élection.
Je reste convaincu du bien fondé de mon raisonnement et conseille donc d'investir cette année en bourse américaine, au moins jusqu'au…31.12.2004.