Tout d'abord, le marché boursier me semble un bon baromètre conjoncturel. La bourse devance l'économie, c'est ce que j'enseigne en cyclologie boursière. Le cours de bourse est donc le « consensus du moment ». Parfois, certaines attitudes non raisonnées et de provenances diverses, viennent bouleverser ce « consensus » et une volatilité soudaine accentue de façon irrationnelle l'évolution du cours de la valeur. Nous trouvons ce fait lors de rumeurs fondées ou infondées, ou lors de certaines pulsions secrètes propres à la cyclologie boursière.
Dans le monde boursier, on côtoie des spécialistes et des gens qui s'inspirent souvent du travail des autres pour distiller des informations pas toujours cohérentes.
Le processus boursier suit toujours une certaine logique reposant sur des phases successives. S'il y a un degré de cherté trop élevé, il y aura inévitablement correction. Mais dans le cas qui nous occupe, la correction ne vient pas et le PER diminue de trimestre en trimestre tandis que le cours de l'action augmente trimestriellement.
La grande erreur de certains analystes est de faire un « copier-coller » des informations reçues et de ne pas prendre le temps de les analyser. Leurs avis deviennent ainsi dépourvus d'objectivité.
Chacun de nous devrait agir et décider de manière logique en prenant des décisions sur des bases rationnelles qui permettent de voir le futur avec une belle objectivité.
Le malheur, c'est que certains analystes deviennent imbus de leur confiance et de leur réussite antérieure et ne se donnent plus la peine de décortiquer les infos reçues.
Ils deviennent tous liés à la course aux gains et leurs investissements sont le reflet de la politique d'autres personnes qui tiennent celle-ci parfois d'autres personnes. C'est lamentable.

Dès mai 2001, selon un sondage de Merill Lynch, on s'est aperçu que les gestionnaires de fonds revenaient sur les technologiques. La Gazette de l'Investisseur vous a conseillé d'investir en ERICSSON, MRVC, JUNIPER. Maintenant que les cours ont tous, plus que doublé, les médias encensent ces valeurs à grands « coups d'upgrade ». D'ailleurs, certains d'entre-vous pensent seulement à les acheter ! !
Vers juillet 2001, la BNP Paribas trouvait que cyclologiquement, il était opportun d'entrer dans le marché des techno car les valeurs étaient revenues à leurs cours d'avant la bulle, c'est à dire à leur vraie valeur.
Dès septembre 2001, le réputé économiste Peter Praet déclarait qu'il n'y avait pas de révolution technologique sans exubérance et que le krach du Nasdaq allait rendre possible la diffusion des technologiques dans la vie de tous les jours. Il ajoutait d'ailleurs avec humour que les investisseurs de la première heure méritaient une médaille dans les livres d'histoire pour avoir financé la révolution technologique qui profitera à tous.
Dès juillet 2001, les « dot-coms » survivantes gardaient le moral. Certaines en étaient à leur cinquième vague de licenciements, d'autres à une fusion, d'autres en étaient à des réductions budgétaires draconiennes et certaines pensaient dégager un bénéfice opérationnel en 2002. Il fallait reconnaître enfin que des sociétés chanceuses avaient trouvé une niche après l'éclatement de la bulle.
Dès octobre 2002, ING déclarait que la fin de l'exubérance irrationnelle rendait les bourses relativement attractives mais conseillait à la prudence et à la sélectivité.

Dès le premier trimestre 2003, le portail Internet YAHOO avait enregistré un bénéfice de 46.7 MILLIONS DE DOLLARS contre une perte nette de 53.6 MILLIONS DE DOLLARS un an plus tôt. De plus, il revoyait à la hausse ses objectifs financiers pour l'année. En clair, YAHOO comptait pour 2003, un bénéfice de 350 à 380 millions de dollars pour un chiffre d'affaires compris entre 1.22 et 1.28 milliards de dollars. Au premier trimestre 2003, le chiffre d'affaires avait atteint 282.9 millions de dollars, soit + 47 % de plus qu'au premier trimestre 2002. Cette progression du chiffre d'affaires s'expliquait principalement par les efforts de YAHOO pour promouvoir ses services payants. Comme l'utilisateur satisfait quitte rarement un très bon portail, une aumône de 60 $ par an ne l'incite pas à quitter définitivement le site ; il s'exécute, il paie. Mais le PER était de 114.72 avec un cours de 25.67 $. Ce jour, il cote 46.40 $ pour un PER de 125.75. Le PER estimé pour le prochain quart est de 107.90 et le PER estimé 2004 descend à 89.20. Combien de sociétés voient leur marge bénéficiaire augmenter à un tel rythme ?.
Je gage que cette valeur va figurer de plus en plus dans les portefeuilles. Les Insiders contrôlent déjà 13.26 % du float et les Institutionnels, 68.35 %.
Bientôt, ces valeurs seront copieusement saupoudrées chez les médias et vous risquerez de vous investir dans la période dite de « distribution ». En cyclologie boursière, il faut acheter dans la zone dite « d'accumulation » et ce degré de cherté me semble un leurre pour les nombreux investisseurs non avertis.
Trop d'analystes ne font plus, hélas, que diffuser leurs impressions personnelles sans avoir vraiment jeté un coup d'œil sur ce qui entoure le « climat » boursier du moment.
Dès août 2003, certains gestionnaires de fonds se sont inquiétés de cette soi-disant nouvelle bulle high tech. Ce que pense une personne se reflète directement sur l'attitude de dix personnes aux aguets. Cette inquiétude a fait boule de neige et quid, l'analyse saine et réfléchie ? C'est à qui, quittera le premier le bateau ! !
Le 22 janvier 2004, des divergences de vues apparaissent chez Merrill Lynch. Le directeur des fonds et le directeur de la stratégie ont des vues totalement contradictoires quant à l'évolution future des technologiques.
Alors que faire ?
De suite, les médias vous disent que les hausses ont été fabuleuses depuis janvier 2003 et que les boursiers ont oublié les mauvaises statistiques économiques, la faiblesse de l'investissement des entreprises, les surcapacités évidentes, l'endettement toujours excessif.
Pourtant, les journaux financiers font la part belle à des valeurs comme France TELECOM, INTEL, DEUTSCHE TELECOM, CISCO, NORTEL, JUNIPER NETWORKS, YAHOO, AMAZONE et E BAY. Ces informateurs auraient-ils oubliés les erreurs de l'ère Internet et ses conséquences très cuisantes ?
Restons les pieds sur terre ; Bien entendu, il est vrai que des titres s'envolent de 30 à 40 % en quelques séances. Il est vrai aussi qu'ils présentent des multiples de capitalisation supérieurs à 75 fois leurs profits estimés de l'année mais je citerai par exemple le THE STREET.COM qui estime que les bénéfices devraient augmenter de 40 % par an au cours des 5 prochaines années pour justifier les cours actuels.

Cela est donc possible. Prenons le cas de E BAY. (PER 107.20 en décembre 2002 pour un cours de70.73 $).
Elle est financièrement solide et en pleine phase de croissance. Au premier trimestre 2003, (PER 98.08 pour un cours de 95.34 $) elle a vu son chiffre d'affaires croître annuellement de 94.4 % à 476.5 millions de dollars. De plus, le bénéfice d'exploitation s'est accru de 109.5 %, passant de 70.7 à 148.1 millions de dollars et sa marge d'exploitation, déjà très élevée, est passée de 28.8 % à 31.1 %.
Le bénéfice net a plus que doublé, évoluant de 47.6 à 104.2 millions de dollars. Le free cash flow a progressé de 80.8 % à 146.1 millions de dollars. Au 31 mars, l'entreprise était exempte de dettes et affichait un total du bilan de 4.5 milliards de dollars pour une réserve en liquidités et placements à court terme de 2.2 milliards de dollars. La société a augmenté ses prévisions initiales pour 2003. Le chiffre d'affaires devrait progresser de 150 millions de plus à 2.05 milliards de dollars et le résultat par action devrait être de 1.25 $ au lieu de 0.15 $. Le PER actuel est de 100.88 pour un cours de 68.60 $ ; il semble donc plus ou moins corrélé avec la progression de la valeur et la soi-disant bulle spéculative n'est pas de mise.

J'ajouterai que le spécialiste du commerce de détail sur Internet, AMAZON.COM (PER635.34 pour un cours de 46.38 $) a vu son chiffre d'affaires progresser de manière significative au premier trimestre 2003 : plus 28 % à 1084 milliards de dollars. Sa perte a été réduite de 23 millions à 10 millions de dollars et elle s'attendait à réaliser un chiffre d'affaires pour 2003 supérieur aux attendes des analystes. Son cours évolue dans son ancienne tendance latérale historique.
En cyclologie boursière, il est prévu de voir le plateau de la profitabilité dès 2006-2008. Il est bien entendu que seules les sociétés fortes sortiront de la débâcle. Celles que je viens de citer seront dans le palmarès positif. Elles ont émergé du « vrai » e-business. Nous devrions nous souvenir que les meilleurs achats se font toujours dans le gouffre des désillusions. Personnellement, je trouve que ces valeurs sont à mettre en portefeuille à la moindre velléité de correction globale de l'indice.
Voyons le chart cyclologique du @business.