La hausse du Dow Jones ne crée pas nécessairement de la richesse. C'est juste un plus pour compenser la moins-value du dollar.

17 OCTOBRE 2007 - Sous la plume de Roger LECUT
GAZETTE DE L'INVESTISSEUR AVISE

LE DOW JONES à 25.224 points en 2011 – UTOPIQUE ? , PEUT-ÊTRE pas !!

Lorsque je prépare mes cours de cyclologie, je me réfère tant et plus au passé. Pour ce faire, je lis et relis de très nombreux articles sur le devenir de l'indice phare américain : le Dow Jones.

C'est ainsi, que sourire aux lèvres, j'ai revu les prévisions d'Elaine Garzarelli et de biens d'autres " gourous ". A l'époque cela faisait enrager les fondamentalistes et s'esclaffer bien plus qu'un investisseur averti.

Il y a seulement quelques années, à la fin 1999 et début 2000, dans la grande fièvre des technologiques et au plein cœur de cette exubérance irrationnelle, plusieurs ouvrages étaient publiés avec des titres alléchants : DOW 22000 et même le Dow à 36.000, 39.000 et 40.000. Et cela devait arriver aux alentours de 2009. Cette course folle s'est bien entendu terminée dans les affres les plus folles des malheureux petits investisseurs avec la sévère correction qui fit plus de mal que le krach de 1987.

Les fondamentalistes et les économistes avaient rejetés d'office ces cibles fantaisistes basées bien souvent sur l'économie américaine dopée par la démographie des baby-boomers.

Mais en revoyant la progression constante du Dow Jones et ce que j'appelerai les manipulations régulières de cet indice, je me dis que ce qui me semblait comme une utopie, un rêve de chartiste pourrait bien devenir une prévision réaliste dans peu de temps.

Naturellement, je pense cela pour des raisons différentes : il suffit de raisonner.
L'économie américaine ralentit, certes, mais elle a toujours une certaine vigueur. Les USA menaient la finance mondiale ; maintenant, les cartes du pouvoir financier semble changer lentement mais bien réellement de camp.
La croissance de l'économie chinoise et indienne ainsi que les nouvelles positions du Brésil, du Mexique et de la Russie sont des élèments forts qui changent la face du monde.

Et cela a son rôle à jouer dans les futures cibles de l'indice Dow Jones. Tout est lié au dollar américain. Cette devise a de moins en moins de valeur et les entreprises cotées sont toujours bien implantées et leur leit motiv, c'est la rentabilité à outrance. Elles sont loin de valoir de moins en moins. Il y a donc une compensation régulière en plus-value qui compense la dévaluation progressive de la devise dans laquelle elles sont cotées.
Un Dow à 22.000 avec un dollar fort serait un fantasme, un Dow à 30.000 avec un dollar faible n'est plus risible.

Il y a aussi le fait que le dollar en baisse provoque une hausse des exportations des sociétés américaines. Cette nouvelle croissance engendre bien entendu des bénéfices et qui dit bénéfice dit hausse des cours. N'oublions pas une formule bien fondamentale : le cours de bourse représente l'actualisation des dividendes futurs.

Certains analystes et non des moindres, prédisent une nouvelle faiblesse du dollar avant la fin d'année afin de rendre les sociétés américaines encore plus compétitives et de soulager un peu la balance commerciale déficitaire.
Cela est en fait une bonne nouvelle pour le Dow. En effet, il y aura plus de revenus pour les sociétés américaines et les situations trimestrielles feront apparaître une progression constante des bénéfices. Les investisseurs seront fidèles au poste car les PER marqueront à nouveau les esprits.

En employant un taux de croissance de 13.5 %, certains analystes voient d'ailleurs les cibles suivantes dans les cinq prochaines années :

2007. . . . .. . . . .. . . . . . . . 15,200
2008. . . . .. . . . .. . . . . . . . 17,252
2009. . . . .. . . . .. . . . . . . . 19,581
2010. . . . .. . . . .. . . . . . . . 22,224
2011. . . . .. . . . .. . . . . . . . 25,224

Et si la moyenne des gains annuels atteint les 23.2 %, la cible du Dow Jones deviendrait 30.440 points en 2011.



En se basant sur une pléaide de bons résultats, il me semble clairement établi que les indices américains vont à nouveau se redresser de façon spectaculaire après les difficultés engendrée par la crise de l'immobilier et des crédits douteux. N'oublions surtout pas que nous sommes dans une année pré-électorale et que tout sera mis en œuvre pour minimiser la grave crise financière subie par les grandes banques mondiales.

Alors le Dow à 23.000 dans 18 mois ? Oui, peut être, mais il serait utopique de croire que vous allez gagner de l'argent pour autant. Nous évoluons au niveau de 14.000 mais cela se fait dans un marché mesuré en dollars. L'image est totalement différente si le marché est libellé en euros ou en or.

C'est un piège que ne voient pas les investisseurs américains. Si nous arrivons à 20 ou 23.000 points, ce sera avec un dollar à un niveau nettement plus bas. Pour beaucoup d'américains qui vivent ou vivotent chez eux uniquement, l'incidence baissière du dollar ne se fait pas ressentir pleinement. Et de voir un Dow de plus en plus haut, leur donne l'illusion d'être plus riches. Grande est leur désillution, lorsqu'ils partent à l'étranger. Une simple visite au Canada leur ouvre déjà, grands, les yeux. Ils n'ont aucun concept de la macro-économie.



Lorsqu'une grande partie d'investisseurs comprendra le jeu malheureux du dollar, ils comprendront que les fonds de retraite auront perdu leur immense pouvoir d'achat et que leur devise fortement dépréciée rivalisera avec celle des pays sous développés.

La meilleure façon de se prémunir et de garantir nos placements cotés en dollar, c'est d'investir en or et matières premières.
Toutes les ressources naturelles et les produits de base vont augmenter de façon spectaculaire. Les actions de ces sociétés vont faire des bonds énormes et les actions à long terme seront le meilleur des placements.



Les analystes prédisent l'or à 1500 $ et cela pour avril-juin 2008. Peut-être, je retiendrai que le secteur des matières premières n'est plus à considérer comme cyclique.
Bien au contraire, j'ai placé ce secteur dans les valeurs de fond de portefeuille. Je ne raisonne pas en achetant des cibles (utopiques ou pas), j'achète sur réactions baissières tout ce qui touche aux matières premières, à l'or et l'argent, à l'uranium et à l'alimentation. J'examine prudemment toutes les énergies renouvelables (elle ne sont pas toutes enthousiasmantes) et prète l'oreille aux profit warning de certains secteurs comme la téléphonie.

Il faut vivre son temps et se préparer à défendre âprement les économies de toute une vie.

Bien à vous - Roger LECUT Professeur de Cyclologie Boursière
Conseiller à la Présidence de Investa – (www.bourse-attitude.com)