
Les Chinois sont venus sonner la cloche à Wall Street mais le marché est resté morne et tristounet. Pourtant les indicateurs traditionnels sont porteurs de bonnes nouvelles. L'indice ISM de l'activité manufacturière vient de faire sa meilleure performance depuis décembre 1983.

Les dépenses de construction battent aussi leur record, avec une hausse de 0,9% en octobre. Pour 2004, on prévoit une croissance de 4.1% du PIB américain alors qu'elle n'est que de 2.9 % cette année.
La hausse des non-ferreux indique que la reprise de la production a bien démarré et que le cycle des stocks va engendrer une reprise certaine de l'économie.
Celle-ci crée de nouveaux emplois et depuis juillet, 328.000 personnes jouissent à nouveau du fruit de leur travail aux USA. Pourtant, novembre a déçu : on s'attendait à une nouvelle hausse de 150.000 personnes et seulement 57.000 unités ont retrouvé de l'emploi. Avec mon naturel optimiste, je retiendrai que l'économie US a créé des emplois pour le 4ème mois consécutif.
Le chiffre d'octobre a d'ailleurs été revu à la hausse à 137.000 contre 126.000 annoncé. Les entreprises commencent donc à engager plutôt que de produire plus sans embauche.
La chute du dollar n'a pas eu véritablement d'incidence à ce jour aux USA. Les analystes semblent sortir de leur torpeur et osent enfin se mouiller en annonçant des prévisions bénéficiaires bien supérieures aux attentes baissières. En Europe, on s'attend à une reprise avec plusieurs mois de retard ; la vigueur de l'Euro pénalise en effet les entreprises. Toutefois, la baisse du dollar vient bien à point pour la période d'hiver, grande consommatrice d'énergie.
Tout va pour le mieux, et Noël sera fêté probablement au Champagne.
Par contre, sur les marchés obligataires, on s'aperçoit que les valeurs ont atteint leur potentiel de hausse. Le marché vient de prendre conscience qu'il n'y aura plus de baisse des taux ; les investisseurs se préparent déjà à une prochaine marée de ventes dès la reprise haussière. Pour l'instant, le détente toute passagère devrait être mise à profit pour se dégager de cette forme de placement. Bien entendu, les valeurs avantageuses fiscalement doivent être précieusement conservées. La tension domine et le rendement du bon du trésor à dix ans évolue régulièrement entre 4.30 et 4,40%. Cela indique clairement une baisse des cours ; cela indique tout aussi clairement que le marché prend en compte une hausse des taux dès la mi-juin prochaine.
Le pétrole reste stable avec l'officialisation du cours du baril à 28 $ et la stabilisation de la production jusqu'en février 2004. En fait, la hausse de 25 à 28 $ est le simple reflet de la récupération de perte de change en comparaison avec un payement en Euros.

Parlons de ce dollar programmé à la baisse. L'Euro vaut ce jour 1,2160 dollars. C'est à dire que le dollar ne vaut plus que 0.822166 €. Cela revient à dire qu'il évolue dans notre mémoire de belge à FB 33.17.
Peut-il encore descendre ? Je dirai oui, car historiquement et cyclologiquement, nous l'avons déjà vu évoluer à 28 FB. Les Américains veulent à tout prix relancer leur économie et BUSH gagner son mandat électoral en créant de l'emploi. Le dollar est donc trop cher en ce moment. Sur le marché asiatique, on annonce clairement qu'il va encore baisser. Dernièrement, le Business Times de Singapour citait sans ambages : "Si le flot des capitaux étrangers s'assèche, l'ajustement du déficit courant américain ne pourra se faire que par la baisse du dollar, la hausse des taux d'intérêt, ou les deux à la fois."
Or Blomberg déclare que si les fonds étrangers se détournent des actifs libellés en dollar, alors que les USA ont besoin d'environ 1.5 milliard de $ par jour d'entrées de capitaux sur leur sol pour financer leur déficit courant record de 138.7 milliards au deuxième trimestre, le dollar et les Treasuries ont du souci à se faire.
Or, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) signale dans ses dernières statistiques que la Chine, sur le seul deuxième trimestre 2003, a rapatrié 9.1 milliards de dollars. Je complèterai ses retraits en vous signalant que la Corée du Sud a rapatrié 6.3 milliards de dollars et la Russie, la Pologne et la Slovaquie ont fait de même pour environ 7 milliards de dollars.
La Chine semble clairement rapatrier les fonds déposés par ses banques domestiques. Il ne reste plus que 70.4 milliards de $ contre 92.5 il y a deux ans.
Le journal L'ECHO cite que la Chine a vendu en septembre 2.8 milliards de dollars d'emprunts d'Etat US et d'obligations émanant d'agences US.
Cela signifie que la baisse du dollar n'est pas terminée. GREENSPAN prendrait un risque prématuré à relever maintenant ses taux d'intérêt car rien n'est encore stabilisé sur le plan économique. Cela pourrait d'ailleurs engendrer de graves conséquences sur le plan électoral.
Le dollar devient donc, non pas une devise martyre, mais un outil de travail bien au point. Un cours de 1.30 revient à dire une cotation ex-FB de 28.23 et une cotation extrême de 1.50, un cours de 20.17 ex FB.
Il faut savoir que si le dollar baisse suffisamment, la devise martyre sera l'Euro. Celui-ci sera pénalisé. Il ne faut pas oublier que la reprise reste fragile chez nous. La BCE désire notre devise stable et forte mais mettra la dépréciation du dollar à l'ordre du jour du prochain G7.
Certains parlent déjà de restrictions quantitatives aux flux de capitaux pour enrayer la hausse critique de l'Euro.
Cyclologiquement, le dollar redeviendra fort mais ce sera probablement pour le prochain mandat de Bush…pas avant.

Le dollar chute, l'or monte. Pour l'instant, cette corrélation se justifie. L'or s'est hissé à 411.35 $ l'once. En l'espace de 30 mois, le métal jaune s'est apprécié de 50% et son trend reste haussier. Les courtiers le voient d'ailleurs à 450 $ l'once pour la mi-juin 2004. C'est simple à comprendre, la production a atteint 2587 tonnes en 2002 et la demande a dépassé les 2689 tonnes. Inévitablement, l'or monte. De plus, les Banques Centrales se mordent les doigts et ne semblent plus aussi déterminée à vendre les actifs de métal jaune.
Retenez toutefois, que comme toutes les matières premières, l'or est coté en dollar. La hausse est d'abord une auto-défense contre la dépréciation de la devise de cotation. Lorsque le dollar deviendra haussier, l'ensemble des matières premières, du brent et de l'or va baisser. Le cycle sera inversé.
En conclusion, la devise martyre n'est pas le dollar mais bien notre euro. Celui-ci cherche encore sa voie. Et si un jour, les devises de référence étaient remplacées par une devise forte ayant conservé dans ses caves de fortes quantités d'or pour la garantir partiellement. Que feriez-vous ?
Iriez-vous jusqu'à renier le YUAN ? Pourtant, la puissance d'un pays se fait par la force de son économie et la bourse de Londres vient d'accueillir une nouvelle valeur basée sur l'or. Vous misez sur un titre « adossé » aux lingots d'or détenus dans les coffres de la Hong-Kong & Shangai C°. Il s'agit de GBS (Gold Bullion Securities Ltd).
Les asiatiques ont l'or et nous les regrets !!!. Pourtant, mes élèves se rappelleront très certainement que j'avais signalé au cours de cyclologie boursière que les asiatiques achetaient tout l'or que nos banquiers centraux vendaient et qu'un jour les riches auraient changé de camp.