Comme vous le savez tous, le géant suédois ERICSSON est l'opérateur en téléphonie mobile le plus important de la planète.
Depuis décembre 2001, il a perdu 89 % de sa valeur boursière et les mauvaises nouvelles ne cessent d'affluer. Contrairement à son concurrent NOKIA qui se redresse, ERISSON enregistre au troisième trimestre une baisse de son chiffre d'affaires de 29 %. Celui-ci s'élève malgré tout à plus de 33 milliards de couronnes. Bien que la perte d'exploitation se soit contractée à - 41.4 %, soit près de 3.5 milliards de couronnes, la perte nette s'est élevée à 5.6 milliards de couronnes ( 596 millions de $) soit une hausse de 30.2 % et 4 cents de perte par part.
Cela semble vraiment un chiffre démesuré en le mesurant à la perte de l'année passée qui était de 5 milliards soit 4 cents par action.

A court d'argent, l'entreprise a fait une augmentation de capital en bradant vraiment le prix de ses actions. Quasi tout le monde a souscrit et les gains réalisés par cette opération se montent à 29 milliards de couronnes.
La société estime que ses ventes de portables va encore baisser et malgré ces déboires annonce qu'elle fera bien un bénéfice un jour ou l'autre en 2003.

Les actionnaires espéraient beaucoup avec le joint-venture de ERICSSON-SONY, mais là aussi, la part de marché s'est effondrée et seulement 5 millions de téléphones ont été vendus dans le troisième trimestre. La part de marché est de 5 à 5.5 % alors que la direction estimait atteindre les 10 % afin de réaliser un chiffre en équilibre.

La direction reste persuadée que les ventes vont se développer de façon significative dans le quatrième trimestre, notamment grâce à de nouveaux modèles. S'il elle devait se tromper, elle couperait immédiatement les crédits.

Après cette douloureuse annonce ERICSSON qui n'arrêtait pas de chuter quasi chaque jour prenait 6.9 % de hausse à l'ouverture pour terminer à 5.30 couronnes et le 19 octobre, date sinistre anniversaire du krach de 1987, le titre est grimpé à 7.20 couronnes. La cotation au Nasdaq, après la fermeture européenne a confirmé la hausse avec un cours de 0.62 $ soit une hausse de 14.81 %.

Il faut savoir que pour être coté au Nasdaq, il faut avoir une cotation toujours supérieure à 1 $. Une évolution sous ce paramètre est tolérée pendant trois mois maximum sous peine de radiation.

La BOURSE DE NEW YORK devrait probablement accorder une certaine souplesse à ce règlement compte tenu de marasme boursier actuel. ERICSSON envisage de regrouper ses titres à raison de 10 pour 1 pour la cotation à New York. Elle envisage aussi de radier ses titres des bourses européennes et de laisser ainsi la cotation de son titre uniquement sur STOKHOLM et NEW YORK.

On ne pourra plus dire ainsi que son action ne vaut plus un penny. Comme investisseur, nous devrions nous poser la question de savoir pourquoi, ce titre grimpe aux mauvaises nouvelles.
C'est une pulsion secrète qui vient d'apparaître. La bourse américaine ne devrait plus tellement chuter. Si elle le fait, la correction éventuelle assurera le nouveau triple fond nécessaire pour réaliser une hausse valable qui devrait consolider le nouveau trend haussier.

Les bearish n'osent plus tellement jouer les actions à la baisse. Les gros investisseurs commencent à leur casser les reins en faisant grimper le marché immédiatement après la ruée des ventes. Ils doivent alors racheter précipitamment leurs valeurs avec de grosses pertes.


Au lieu de se braquer sur la diminution du chiffre d'affaires, les investisseurs
commencent à se dire que si les perspectives de vente de téléphones portables
sont encore très négatives, il n'en reste pas moins vrai que ERICSSON reste
le premier opérateur mondial en téléphonie mobile.

Il est vrai également que ses principaux actionnaires ont souscrit à la dernière
augmentation de capital et qu'ils sont prêts à recommencer car ERICSSON
reste le point de repère du secteur et qu'il pourrait être le premier à voir son
cours s'envoler en cas de reprise confirmée.

Les analystes trouvent d'ailleurs que le contexte commence à changer.
Ils voient un environnement moins ingrat, plus régulateur et une stabilisation
du marché.

Malgré la faiblesse du carnet de commandes, ERICSSON reste bien placé dans le créneau de l'équipement de réseau, la radio et la technologie et ne devrait pas fusionner avec un autre partenaire pour passer la crise actuelle sauf, si les liquidités devaient largement s'appauvrir.

Ce monde des télécommunications est en train de se reformer. LUCENT TECHNOLOGIES a les mêmes problèmes de cotation et va regrouper celles-ci également. NORTEL va faire en sorte que son action regroupée évolue dans la gamme de 10 à 20 $ de façon a attirer les gros investisseurs.

LUCENT va supprimer 10,000 emplois complémentaires et prendra une charge de 4 milliards de $ d'emprunts pour résister à la diminution de ses ventes..

Ce concurrent n'aura plus que 35,000 ouvriers au lieu des de 100,000 salariés, il y a juste deux ans.

Lui aussi, a réitéré des prévisions pessimistes en s'attendant à voir ses ventes chuter de 25 pour cent à 2.95 milliards de $ dans le troisième trimestre fiscal. Cela confirmera ainsi sa 10ème perte trimestrielle cumulée.

Malgré cette image très noire, la direction de LUCENT pense revenir dans les profits dans le courant de l'an prochain.

Toutes ces petites annonces ont un effet direct sur l'évolution des cours et les indices de référence commencent à grimper. Les grands investisseurs qui dédaignent les « petites » actions vont à nouveau courtiser les grandes télécoms revenues en odeur de sainteté parce qu'elles ont émis des avis très personnalisés sur leur rendement futur.
Le cours de bourse représente l'actualisation des dividendes futurs et il serait étonnant que les actions de ERICSSON, NORTEL et LUCENT TECHNOLOGIES ne commencent à franchir leurs lignes de résistance à la hausse.
Celle qui entretient mon propos de ce jour teste déjà sa moyenne à court terme.
Alors ma question : EST-CE RAISONNABLE D'ACHETER ou tout à fait illogique ?

Les réponses à toutes ces situations vous seront expliquées largement lors de mon Road Show à travers la région francophone. N'hésitez pas à vous regrouper pour un exposé de deux heures. Un exposé que l'on dit « décoiffant » et qui est remis à jour à chaque présentation haute en couleurs.

Roger LECUT (rédigé le 19 octobre 2002)
Secrétaire général et administrateur de la FBCI
Administrateur de l'AEI
Professeur de cyclologie boursière