Le petit mot boursier de Roger Lecut (11 décembre 2022)

Roger Lecut
Ecrit par Roger Lecut

Article rédigé par un spécialiste de la bourse

Chers investisseurs,

Bien le bonjour, Il fait « caillant » en ce moment et le virus tient bon. Nous en sommes à 33.100 victimes pour 4.648.042 contaminations. En Bourse, les signes graphiques ne présentent que des allers-retours ; la bourse suit un cycle parfois inapproprié par rapport aux circonstances du moment. Nous sommes au début d’une période de récession qui ne devrait pas durer selon les spécialistes ou être la pire des pires selon d’autres. Retenons toutefois, qu’en fin d’année, le Window dressing oblige les CEO des sociétés à présenter un bilan « nettoyé » de tout ce qui pourrait entacher la société. Je ne dis pas que les bilans sont truqués, mais ils sont améliorés de façon à présenter une belle façade florissante aux investisseurs. Laisser les cadavres au placard est une manœuvre fréquente, ils seront ressortis au moment d’un impact collectif négatif qui concernera tout un lot du secteur ou même l’économie dans son ensemble. C’est cyclique et vous ne devriez pas ignorer le cycle de la sagesse.

Cette sagesse est populaire. Vous savez que l’analyse financière a pour ambition de donner des réponses à la question : Que faut-il acheter en ce moment ?

Pour ce faire, elle cherche à déterminer dans l’absolu quelles sociétés, par l’évolution de leurs résultats, ont plus de chances d ‘être bien rémunérées.

Vous savez aussi que l ‘analyse technique étudie plutôt le comportement de l’action dans son contexte boursier ; c’est une question de flair et je dois même ajouter que la bourse a ses gourous. Ce sont des gens dont l’opinion sur l’évolution future des actions est suivie par une masse imposante de fidèles Ils se fondent sur l’exactitude des prévisions qu’ils avaient faites dans le passé mais même les gourous peuvent se tromper. Alors, ils disparaissent.. dans l’anonymat, pour être remplacés par des nouveaux venus. Prédiction n’est pas prévision ; du bon sens avant tout.

Ce qui rend un marché insaisissable, ce qui le rend toujours imprévisible en dépit des analyses financières ou techniques les plus poussées, c’est la multitude de facteurs qui peuvent y exercer une influence. On les appelle souvent les cygnes noirs. C ‘est l’impact inattendu de la combinaison toujours aléatoire de ces facteurs dans le temps.

Dès lors, se focaliser sur un type d ‘informations uniquement pour en tirer des conclusions générales est une erreur. On a coutume de dire que l’analyse financière permet de savoir quelle action il faut acheter alors que l’analyse technique dit quand il faut l’acheter. Cela dénote déjà d’une bonne dose de bons sens.

En bourse, ce qui est vrai à un moment ne l’est plus forcément par la suite. Il faut mettre ses infos à jour. Lorsqu’on a de bonnes raisons d’acheter une action,

il y a toujours quelqu’un qui a une bonne raison de la vendre. Une transaction est forcément la rencontre d’un acheteur et d’un vendeur. Le soleil doit briller pour tout le monde. Le marché répond à une seule loi : L’offre et la demande.

Dans un marché efficient, il est impensable d’influencer seul ces facteurs. La bourse c’est aussi du volume ; Il est tout aussi important de suivre l’intensité volumétrique. Le nombre de titres traités peut être souvent révélateur d ‘une nouvelle tendance. La bourse prend tout son temps.

Le risque que l’on prend sera plus élevé si on se donne peu de temps pour atteindre son objectif. Nous l’avons vu, le marché anticipe et le boursier a l’habitude

d’acheter à la rumeur et de vendre à la nouvelle. Il n ‘est d’ailleurs pas rare de voir le cours d’une action baisser lorsqu’une société annonce une bonne nouvelle qui était attendue par le marché.

Il est vrai aussi que la bourse n’aime pas l’incertitude, les opérateurs boursiers veulent des points de repère. Une société qui ne communique pas, un climat politique incertain, une fiscalité mouvante… des bruits de bottes, des mots comme inflation, déflation, stagnation sont autant d’éléments qui refroidissent l’ardeur des investisseurs.

La bourse baigne dans un contexte économique. Puisqu’elle anticipe, elle ne peut ignorer l’évolution des indicateurs économiques et elle est sensible aux taux d’intérêt. Des taux d’intérêt élevés impliquent que le capital sans risque est très bien rémunéré ; les banques vous conseilleront d’investir alors en obligations.

Pour se défendre, la bourse des actions doit alors se reconstituer une « prime de risque » pour attirer l’investisseur vers le capital à risques à moins que les taux ne commencent à diminuer. Autrement, le cours des actions doit baisser pour redevenir attractif.

La bourse a aussi donné lieu à pas mal de dictons. Certains sont très anciens mais toujours d ‘actualité. C’est la voix de la sagesse populaire qui est également friande de conseils et d’adages boursiers. En ce moment, je commencerais par la règle d ‘or : N’investissez pas l’argent que vous aurez besoin dans un terme moyen.

Diversifiez vos actifs. Restez calme…le temps aplanit la volatilité.

Bien entendu, pour diversifier, il faut connaître les classes d’actifs. Vous trouverez facilement à investir dans les actions, les titres à revenu fixe (obligations), les équivalents de trésorerie, l’ immobilier et les matières premières.

L’immobilier est la plus grande classe d’actifs mais en cette période bouleversée avec la guerre en Ukraine et les menaces guerrières dans le monde asiatique.., il faut choisir des valeurs avec un bon rendement.

Le tableau de gauche indique quel est le segment le plus rentable jusqu’à présent. Ce n’est pas une surprise, les actions ont nettement surperformé les autres classes d’actifs depuis 2010.Toutefois, en ce moment, toutes les classes d’actifs sont en territoire négatif. La trésorerie est la moins en baisse ; c’est pour cela que les banques vous proposent des obligations. La quatrième colonne « TIPS » signifie titres du Trésor protégés contre l’inflation. Il s’agit de bons du Trésor du gouvernement américain liés à l’indice des prix à la consommation. Ils protègent contre l’inflation. Mais les actions à dividendes sont-elles encore un bon investissement ? Le deuxième graphique est l’évolution des aristocrates américaines (sociétés au beau dividende). En effet, aux USA, des brokers suivent les aristocrates de dividendes des valeurs contenues dans l’indice SP-500. Ces actions au nombre de 64 ont surperformé l’indice de référence S&P 500 et de plus, cette surperformance a été réalisée avec moins de volatilité. Il me semble évident de vous dire mon constat : alors que le S&P 500 faiblit régulièrement, les valeurs aristocrates semblent dominer encore. Elles sont soutenues par leurs dividendes qui donnent finalement un bon return annuel. Pour être qualifiée d’aristocrate de dividende, une société doit être cotée sur le SP 500, doit avoir augmenté son dividende total par action annuellement pendant au moins 25 années consécutives, doit avoir une capitalisation boursière minimale ajustée au flottant de trois milliards de dollars et doit avoir un volume quotidien moyen minimum sur trois mois de 5 millions de dollars.

Je vous disais que le nombre total d’aristocrates cotés dans le SP-500 était de 64. Vous en connaissez une grande partie et je vous livre les derniers graphiques des plus connus parmi les noms suivants : 3M, AO Smith, Abbott Labs, AbbVie, Aflac, Air Products, Albemarle, Amcor, Archer-Daniels, Atmos Energy, Automatic Data, Becton Dickinson, Brown & Brown, Brown-Forman, Cardinal Health, Caterpillar, Chevron, Chubb, Church & Dwight, Cincinnati Financial, Cintas, Clorox, Coca-Cola, Colgate-Palmolive, Consol Edison, Dover, Ecolab, Emerson Electric, Essex Property, Expeditors, ExxonMobil, Federal Realty, Franklin Resources , General Dynamics, Hormel Foods, IBM, Illinois Tool Works, Johnson & Johnson, Kimberly-Clark, Linde, Lowe’s, McCormick, McDonald’s, Medtronic, NextEra Energy, Nucor, Pentair, PepsiCo, PPG, Procter & Gamble, Immobilier Revenu, Roper, S&P Global, Sherwin-Williams, Stanley B & D, Sysco, T. Rowe Price, Target, VF, WW Grainger, Walgreens, Walmart,et West Pharmaceutical.

Voici maintenant quelques valeurs belges qui se détachent en ce moment

Bonne lecture et prudence Roger LECUT Gradué en Sciences bancaires et Boursières

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