Le petit mot boursier de Roger Lecut (20 novembre 2022)

Photo of author
Ecrit par Roger Lecut

Article rédigé par un spécialiste de la bourse

Chers investisseurs,

Nous sommes toujours dans une période de fièvre. Le Corona sape encore 33.021 victimes et 4.627.186 contaminations en Belgique. Le climat économique est morose et l’inflation difficile à maîtriser.

Nous surveillons le taux d’intérêt hypothécaire fixe sur 30 ans parce que et c’est logique, les gens achètent des maisons en fonction de ce qu’ils peuvent payer mensuellement. À mesure que les taux augmentent, le pouvoir d’achat diminue et les prix des maisons sont sous pression.

Le taux fixe à 30 ans vient de passer de 7,08 à 6,61. C’est difficile à interpréter car si les rendements des bons du Trésor augmentent à nouveau, la baisse des taux hypothécaires ne devrait pas persister. Cela devrait apporter un certain soulagement aux acheteurs de maisons mais le chart de la SPDR en immobilier semble indiquer le contraire.

Nous sommes sur le point de fêter le Thanksgiving : cyclologiquement, c’est aussi la fête d’un départ boursier à la hausse. Mais la FED veille et pourrait intervenir pour casser l’ambiance avec une nouvelle hausse des taux. Bref, on n’est pas rassuré. Il faudrait casser à la hausse la moyenne mobile à 200 jours pour fêter la nouvelle ambiance boursière plus sereinement.

Lorsque les médias parlent de ralentissement de l’économie, les investisseurs professionnels investissent généralement dans des obligations à long terme. L’augmentation de la demande fait alors baisser les rendements obligataires à long terme. La demande d’obligations à court terme diminue et la baisse de la demande fait grimper les rendements du Trésor à court terme.

C’est logique, le prix des obligations et leur rendement évoluent dans des directions opposées. Si les cours obligataires augmentent, les rendements baissent et vice-versa. Mais je l’expliquerai encore mardi à la Salle Boursière de Charleroi, il y a un autre facteur déterminant. Quand la Fed augmente ses taux, les rendements obligataires à 5 et 2 ans augmentent.

Si les rendements obligataires à long terme restent inchangés et que les rendements à court terme augmentent, la courbe des rendements s’aplatit. Cela, c’est logique mais parfois, une baisse de la demande et la décision de la Fed de relever les taux entraînent une inversion de la courbe des taux. Cette inversion est la situation inverse de ce qui se passe généralement lors d’une période d’expansion de l’économie. C’est pourquoi la courbe de rendement inversée est un signe d’une probable récession. Les économistes considèrent souvent l’écart entre le taux des bons du Trésor à dix ans et le taux des bons du Trésor à trois mois (voir le graphique ci-dessous) comme un indicateur de récession mais d’autres prennent le différentiel négatif entre le 10 et le 2 ans. C’est celui-là que j’utilise.

Nous sommes négatifs. Je ne vois pas pourquoi, je devrais inciter les investisseurs à acheter l’une ou l’autre valeur. Ce qui importe c’est de voir quelles sont les actions qui résistent et montrent des velléités de reprise (au besoin pour s’en dégager en partie). Je ne suis pas pessimiste, je suis clairvoyant. Ne pas vendre à perte mais conserver son économie. Voici maintenant les valeurs qui montrent un soutenu constructif :

Ageas

Voilà de quoi réflèchir. A vous voir à la Salle Boursière Mardi Bien à vous

Roger LECUT GRADUE EN SCIENCES BANCAIRES ET BOURSIERES

Laisser un commentaire