19 juin 2024 4h59

Le petit mot boursier de Roger Lecut (27 février 2021)

Chers investisseurs,

Ce samedi matin le temps est morose. Les nouvelles le sont aussi : 22.034 décès et les jeunes qui ruent dans les brancards. Difficile de maintenir une discipline, même des politiques ne la respectent pas. En bourse, c’est la même chose. On oublie les fondamentaux et lorsque tout monte, on est tout essoufflé de courir après d’hypothétiques gains.

La hausse des rendements obligataires vient d’émousser la dynamique du marché américain et cela, malgré les signes d’amélioration de l’économie américaine. Nous savions que cela devait arriver mais nous savons aussi que la correction ne sera pas spectaculaire. Comme le montre les graphiques, le Dow Jones Industrial Average a chuté de 469,64 points, soit 1,5%, à 30932,37. Le S&P 500 a reculé de 18,19 points à 3811,15, en baisse de 2,45% sur la semaine. Mais le Nasdaq Composite qui menait la hausse tambour battant depuis le début de la crise Coronavirus a subi, lui, une perte de 4,9% sur la semaine ; soit, sa pire perte en pourcentage depuis la fin octobre. Il s’est toutefois redressé en fin de bourse en augmentant de 72,91 points à 13192,35.

Les dépenses publiques et la politique monétaire agressive de la Réserve fédérale américaine ont soutenu le marché boursier au cours d’une année tumultueuse. Mais ces deux sources de relance alimentent maintenant les paris sur l’inflation et déclenchent une vente d’obligations. C’est normal, car les rendements obligataires étaient à leur plus bas niveau et les investisseurs devaient se contenter de la hausse des cours uniquement car les obligations ne donnaient pratiquement aucun rendement ou même seulement un rendement négatif après l’inflation.

Comme je l’ai souvent expliqué, l’absence de rendement des obligations a poussé les investisseurs vers les actions plus attrayantes. Mais voilà, l’excès nuit en tout. Cela a poussé les valorisations des titres achetés à leur plus haut niveau depuis des années. Maintenant que les rendements obligataires augmentent, les actions richement valorisées devraient devenir moins attrayantes.

Je dis « devraient » car le Coronavirus a changé bien des choses. Les nouveaux investisseurs ne voient que le gain et ne pensent absolument plus au risque. C’est inouï, mais force est de constater que les marchés sont de plus en plus dominés par cette nouvelle force d’achat irréfléchie de la part des jeunes investisseurs. Pensent-ils que la bourse devrait grimper indéfiniment ??

L’or est même un peu délaissé, l’investisseur étant braqué sur les gains aléatoires du bitcoin (ci-dessus). Les Etats se penchent sur le problème avec des mesures strictes comme la suppression de l’anonymat des acheteurs qui pourraient bien malmener les cryptomonnaies. En effet, le Ministère des Finances entend forcer les prestataires en cryptomonnaies à s’enregistrer en Belgique, sous le contrôle de la FSMA. Ces cryptomonnaies, utilisées pour blanchir leurs biens par certains acteurs du trafic de stupéfiants, du grand banditisme, du terrorisme ou de la criminalité en col blanc, pourraient bien être soumises à des mécanismes lourds afin de mettre un coup d’arrêt aux activités délictueuses. Il faut bien comprendre que ce projet de loi n’est nullement une reconnaissance de ce type de « placements » ; le but est d’éviter le blanchiment de l’argent sale.

Je vous parlais dernièrement des semi-conducteurs. Chute sur la semaine de 5,75% mais déjà une reprise ce dernier vendredi. Alors, faut-il racheter le secteur ?

Prenons deux semi-conducteurs que je cite régulièrement et qui sont bien connus à la Salle Boursière.

Micron Technology Inc (MU) est surperformante. Elle s’envole, que dis-je, elle éclate. Le RSI (force relative) est positif mais pas encore suracheté. Toutefois, s’il le devient, il pourrait le rester pendant un certain temps. Les indicateurs restent particulièrement haussiers. Il faut savoir que les semi-conducteurs ont surperformé le marché depuis le creux de septembre. Il y a aussi le fait que Micron Technology a surpassé non seulement l’évolution de l’index SPX mais aussi celle de son groupe industriel depuis Septembre. Bref, il faut rester prudent car son degré de cherté est de 34,54 fois les bénéfices et elle ne paye pas de dividendes.

Examinons maintenant un autre semi-conducteur bien connu. Advanced Micro Devices (AMD) est actuellement dans une tendance à la baisse. Le RSI est négatif mais certains indicateurs indiquent de vendre. Cette valeur a fait une superbe performance par rapport à l’index SPX des 500 valeurs américaines mais plus encore par rapport aux autres semi-conducteurs. Mais elle coûte 41,41 fois les bénéfices, ne donne pas de dividende et les indicateurs sont à la baisse.

Bien entendu, on n’achète pas un chat dans un sac mais les performances relatives peuvent aider à sélectionner les valeurs les plus performantes au sein d’un groupe industriel. Toutefois, si ce groupe industriel dans son ensemble ne surperforme pas, nous devrions abaisser notre niveau de confiance même si l’action sélectionnée surpasse la moyenne du groupe industriel. Nous ne devons pas oublier qu’une action pourrait être en déclin et encore montrer une forte performance relative à celles de son groupe tout simplement parce qu’elle peut baisser à un rythme plus lent. C’est pour cela que l’ensemble du groupe doit rester le phare de vos investissements et pour l’instant, nous sommes sous la moyenne exponentielle à 20 jours, ce qui indique, une méfiance qui commence à s’installer. Réfléchir avant d’agir.

Un bref coup d’œil sur les valeurs les plus recherchées à Bruxelles en ce moment :

Bon weekend et surtout respecter les règles ; on parle déjà de 3ème vague. Roger LECUT Gradué en Sciences Bancaires et Boursières

Roger Lecut

By Roger Lecut

Je propose un cours en ligne sur la cyclologie boursière accessible gratuitement. Des analyses boursières régulières des actions et indices boursiers. Gazette de l'investisseur avisé : Chaque mois et ceci depuis l'année 2003, je vous propose une gazette boursière pour investir en bourse. Dans cette gazette je présente et commente des graphiques boursiers de valeurs françaises et internationales. J'analyse aussi les indices internationaux (Cac 40, Nasdaq, Dow Jones, ...) en me basant essentiellement sur les graphiques et les cycles économiques et boursiers. J'étudie aussi les fondamentaux des sociétés et je prends aussi en compte le contexte économique actuel (santé des différents secteurs d'activité, conflits militaires, devises, stocks des matières premières, économie globale, ...). Bonne lecture à tous. Roger LECUT Professeur de Cyclologie boursière Ancien Administrateur et ancien Vice-Président d'INVESTA

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