Nous ne sommes pas des gogos

Nous ne sommes pas des gogos

Dans cette gazette : La chute de Q-Cells (secteur solaire), la remontée du SP500 et sa volatilité. Mr Lecut évoque aussi les matières premières comme le platine au travers des sociétés comme North Amaerican Palladium, Platinum Group ou encore Umicore. Il est aussi question de la possible chute du Dow Jones, la remontée de l'or, l'inquiétude pour la croissance, la possible consolidation du Nasdaq en septembre.

Publié le 31/08/2012 par Roger Lecut | Les gazettes

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Septembre sera le mois le plus volatile de l'année. Nous aurons toutefois le réconfort de savoir que c'est coutumier surtout lors d'une année électorale aux USA. Reste qu'il faut rester prudent, nous ne sommes pas des gogos et il ne faut surtout pas ramasser des titres bradés, soudainement vantés...qui s'écraseront dans peu de temps. Lisons calmement la gazette et...proficiat

Nous avons vu, sans broncher bien souvent, la valeur de nos portefeuilles réduite de 50%. Nous avons vu les taux d'intérêts vraiment laminés et largement en dessous du taux d'inflation. Par contre, les Etats endettés ont vu leurs dettes renouvelées à des taux quasi usuraires.

Les petits investisseurs voyant leur pouvoir d'achat s'éroder sont paralysés, déçus et souvent écoeurés par les manoeuvres sournoises des conseillers de ce monde financier.

Quoique vous lisiez, on vous parle d'économie nouvelle effondrée, de marchés traditionnels contaminés par les grands brokers. La croissance reste nulle et même négative. On ne cite plus les mots inflation, récession, déflation, croissance aléatoire car ils font trop peur et mal à notre portefeuille et détruisent notre envie d'investir pour épargner.

Comme les élections confortent leurs mandats, les politiques engagent des programmes de dépenses basées sur des revenus hypothétiques et creusent ainsi, encore plus, le déficit immense des divers pays. A l'image des ouragans qui voyagent à travers le Monde, le climat de la santé financière internationale vire côté météo en zone rouge.

Prenons comme exemple le fabricant allemand de cellules photovoltaïques Q-Cells, ancienne vedette du secteur. Elle vient d'être rachetée par le coréen Hanwhaée. Nous avons tous entendu parler de cette nouveauté écologique qui permet d'obtenir pour les particuliers, de l'énergie à bon compte. Les investisseurs, au parfum des nouveautés écologiques ont fait confiance à cette firme implantée dans le pays « le plus sûr » d'Europe.

Elle est aujourd'hui en dépôt de bilan, et a annoncé son rachat par le groupe sud-coréen Hanwha. Le montant de la transaction s'élève à 50 millions d'euros en liquide. Le groupe sud-coréen reprend aussi des dettes pour un montant entre 100 et 500 millions d'euros. Cette reprise est une bonne chose en soi.

Cette star allemande du secteur solaire avait annoncé son dépôt de bilan en avril, après avoir échoué à faire adopter par ses créanciers un plan de rééchelonnement et de restructuration de sa dette.

Cette faillite est la plus spectaculaire d'une série de faillites dans ce même secteur solaire après celles de Solon, Solarhybrid ou encore Solar Millenium.

Cette débâcle généralisée s'expliquerait par la conjonction de deux facteurs: l'arrivée en masse sur le marché allemand de panneaux solaires produits en Chine et beaucoup moins chers ainsi que la réduction progressive dans toute l'Europe des systèmes de subvention à l'électricité photovoltaïque.

Alors, exclamons-nous. « Haro sur les écolos et les politiques de tout poil !! » Non, me dit mon cousin Bernard qui voit souvent la réalité des choses au travers d'une multitude d'infos et d'études sur Internet.

« L''écologie, me dit-il, sauf quand elle devient très rentable n'intéresse pas le monde de la finance qui recherche les gros profits: c'est clair ! (et bon à retenir). Cette star allemande du secteur solaire avait annoncé son dépôt de bilan en avril, après avoir échoué à faire adopter par ses créanciers un plan de rééchelonnement et de restructuration de sa dette.

« C'est néanmoins rentable pour le particulier. Sans être une priorité, la simple isolation-ventilation est bien moins chère et plus rentable. La Chine est effectivement le rouleau compresseur et je crois l'avoir souvent dit, bien occultée par l'islamophobie ambiante, elle se développe en douceur ; à titre exemplatif, le Port du Pirée est bien Chinois....

« Le problème aujourd'hui est le peu d'investissement dans cette recherche face aux sommes astronomiques englouties auparavant dans le nucléaire et qui donnent encore des rendements de 15 à 20%. « Il y a aussi le fait qu'on annonce déjà des panneaux à moitié prix avec un rendement doublé, alors pourquoi se presser ? »

Selon mon cousin, LA SOLUTION n'existe pas mais il faut jouer sur tous les tableaux et surtout réduire notre consommation d'énergie par des utilisations bien meilleures en commençant par la suppression de nombreux gadgets et par un marketing qui ne pousse plus à l'obsolescence programmée ...

Pour nous investisseurs individuels, très peu de grands groupes mondiaux occupent ce secteur trop peu rentable et les autres petites sociétés n'ont pas la surface financière pour accepter le moindre choc économique ! En conséquence, nous devrions, hélas, nous en écarter : c'est une leçon à retenir mais nous devrions inciter les grandes compagnies à se diversifier et continuer à investir des quotas dans ces nouvelles technologies peu rentables au départ. Certaines le font pourtant mais font marche arrière à cause du manque d'intérêt des consommateurs !! DIFFICILE, mais c'est la réalité des choses.

Pourtant, savez-vous qu'en seulement huit mois, "nous avons utilisé les ressources naturelles renouvelables et la capacité de séquestration de CO2 que la planète peut durablement supporter en une année". Effectivement si l'écologie a un coût ; à terme, on devrait être gagnant.

Les gains spectaculaires de certaines sociétés convoitées en bourse rapportent aussi cash et profit pour une infime minorité de dirigeants qui ne se soucient nullement de ruiner les biens, l'emploi et la santé de centaines de personnes ! On commence à voir des contestations de partout dans le monde. En conclusion de cette parenthèse, l'argent ne fait pas toujours bon ménage avec la décence et l'éthique de nos placements. Beaucoup d'investissements basés sur le bien-être des populations n'ont pas, bien souvent, la sécurité et la rentabilité souhaitées par les petits investisseurs.

L'Europe des 15 était inorganisée et l'Europe des 27 est quasi ingérable. Tout cela entraîne un coût abyssal qui déséquilibre les budgets déjà fortement aggravés. On plaide pour le social, l'économique et le culturel comme en 2002. A cette époque, lorsque certains « gourous » ont commencé à exalter la bourse, beaucoup de personnes ayant perdu une grande partie de leurs économies n'ont pas mordu à cet hameçon. Cependant, après la chute vertigineuse des cours, il y a eu une remontée spectaculaire en 2003 qui a duré jusqu'en 2007.

Nous ne sommes pas encore arrivés au niveau du top précédent de 2007 et beaucoup pensent que le morne mois de septembre, baissier par tradition, va à nouveau nous précipiter irrémédiablement vers le bas. Je pense que c'est un pari qui n'est pas gagné d'avance. Nous avons bien entendu beaucoup de problèmes à régler mais la science progresse à grand pas. Les matières premières deviennent rares et nous pourrions nous dire que c'est bien là qu'il faut avoir la base de nos investissements. En effet, la Chine et de grosses entreprises minières s'accaparent dans de multiples recoins de la planète, des sols vierges (Alaska, Mongolie, etc.) ou mal exploités (Afrique et Amérique du Sud) et engrangent ainsi dans leurs actifs, des ressources pour les besoins futurs et intensifs des consommateurs.

Mais grâce ou plutôt à cause de cela, les firmes utilisatrices de ces matières premières affinent les techniques de leur traitement grâce à la chimie moderne et découvrent sans cesse de nouvelles opportunités d'applications.

Nous ne pouvons plus rester sereins avec un portefeuille de telles entreprises comme les petites exploitations minières, les entreprises de récupération de métaux et même celles qui utilisent des produits rares. Quand elles ne sont pas soumises à des quotas d'exportation ou des strictes restrictions écologiques, elles peuvent voir d'autres entreprises développer des produits de remplacement et comme les biotechnologiques, elles ont surtout besoin de capitaux frais et placent souvent de nouvelles obligations échangeables contre des actions afin de se financer. Cela provoque alors la dilution des bénéfices futurs et la chute des cours.

Le Japon utilise déjà nettement moins de produits provenant de l'exploitation de terres rares vu le prix exorbitant de celles-ci avec les contraintes chinoises. Les prix commencent à fléchir, mais le Japon restera désormais sur ses positions en utilisant moins de ces terres rares remplacées par de nouvelles découvertes moins onéreuses.

C'est aussi le cas pour d'autres matières premières recherchées. Prenons le platine, ce métal est la seizième ressource non renouvelable amenée à disparaître du fait de l'exploitation humaine. Les réserves sont encore estimées à 13.000 tonnes dans les gisements exploitables. Cela donne encore 50 années d'exploitation au rythme actuel de production. On pense que l'épuisement de cette matière se fera vers 2064 mais des alarmistes pensent déjà à 2023. Vous savez que ce platine provient de l'explosion d'une étoile dont les débris ont donné naissance au soleil et à la terre ; il y a de cela, plus de cinq milliards d'années. Le platine ne peut pas être synthétisé ; la lune et les astéroïdes n'en contiennent pas sous forme exploitable et de plus comment aller l'exploiter ?

Il est utilisé en joaillerie pour 44 % mais il sert aussi de catalyseur dans les pots d'échappement à concurrence de 31 %. Heureusement, il peut être remplacé dans cette utilisation par du palladium mais celui-ci n'a des réserves exploitables que jusqu'en 2023.

C'est pour cela qu'une firme comme UMICORE spécialisée dans la récupération de ces métaux évoluait dans un trend haussier depuis bien longtemps. Mais les catalyseurs représentent plus d'un quart des résultats d'exploitation récurrents avant impôts et cela deviendra plus difficile à gérer puisqu'un risque pèse désormais sur ses activités. En effet, elle récupère les métaux précieux comme le platine et le palladium pour les recycler mais des scientifiques de l'Université du Texas auraient découvert qu'une matière appelée mullite (silicate d'aluminium) aurait les mêmes effets dans un catalyseur et cela à un prix moindre et plus écologique (-45% d'émissions).

Les producteurs de voiture vont donc se ruer sur cette nouvelle découverte afin de diminuer le prix de revient de leurs véhicules et le platine restera principalement utilisé dans la joaillerie et les industries électroniques et électriques.

Encore faut-il savoir que le silicate d'aluminium ne résiste pas longtemps à la chaleur et qu'avant son utilisation industrielle, il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts. UMICORE devrait donc retrouver des couleurs mais tenez compte du risque industriel. Alors maintenant, que dois-je faire. La bourse va t'elle chuter ou continuer son trend haussier ?

Un indicateur de récession en temps réel construit à partir d'une composition des principaux indicateurs économiques, et de données économiques à haute fréquence, et des modèles de tarification du SP500 continue à penser que l'économie américaine n'est pas en récession. C'est donc une information positive.

Depuis quelques semaines, force est de constater une certaine stabilité sur les marchés mais en revanche, les volumes traités sont peu significatifs au vu des transactions relativement déprimées. Je pense que cela ne durera pas. En effet, septembre est synonyme de rentrée et de reprise du commerce. Fini la douce position couchée sur les plages ensoleillées. Le ménage, les enfants et le boulot reprennent le dessus et les factures arrivent comme par enchantement. Il faut des sous et la bourse s'en ressent.

C'est assez coutumier de voir le volume diminuer pour reprendre habituellement après le Labor Day soit le 3 septembre cette année. Cela se produit pour plusieurs raisons : il y a les vacances qui sont terminées mais aussi la reprise des ouragans aux Etats-Unis. L'hiver peut avoir de graves répercussions sur beaucoup de choses qui touchent à la vie courante des américains, notamment le transport du pétrole, le prix des matières premières, la perte du tourisme et la confiance des consommateurs.

Mais, cette année est aussi une année électorale. Et bien souvent, celle-ci est plus volatile que les autres.

Nous pourrions donc voir une chute encore plus volatile dès septembre avec des reprises logiques et de moins en moins de volatilité à partir de la mioctobre. L''élection présidentielle de 2012 est inéluctable, même avec un éventuel troisième candidat du parti républicain sur le bulletin. Souvenons-nous, cela s'est passé aussi dans les années 1980, mais Ronald Reagan a remporté les élections de manière si décisive que peu de gens se souviennent encore du nom des autres candidats.

Même si certains pensent que cette élection a déjà été décidée, les marchés seront néanmoins très vifs à réagir à titre politique à chaque conférence de presse. Chaque nouveau scrutin, chaque insistance sur le projet de politique de deux candidats, chaque information sur la sécurité d'emploi dictée par le président de la Fed Ben BERNANKE feront bouger la bourse très émotivement. Elle va haleter comme un sportif en fin de sprint.

Beaucoup de brokers se préparent déjà pour cette course et les investisseurs feraient bien de se méfier et de limiter les cours de leurs ordres de bourse.

Vous voyez nettement sur ce graphique, l'évolution de la bourse dans le climat électoral avant le 4 novembre 2008, après cette date jusqu'à la prise de fonction d'Obama le 20 janvier 2009 et la reprise qui s'en suivi en 2009. Nous pourrions avoir ce genre de suivi après le plongeon que nous venons de subir.

En ce dernier jour d'août, nous sommes en fait confrontés à diverses solutions et attentes des décisions plus ou moins importantes des hauts dirigeants de ce monde.

Les investisseurs attendaient avec la plus grande prudence le discours du président de la Réserve fédérale (Fed), Ben BERNANKE, à Jackson HOLE, ainsi que de nouvelles informations en provenance de la zone euro. Mais le Président de la Fed a réitéré sa position selon laquelle la Fed est prête à fournir une aide mais n'a pas encore déclenché une impulsion attendue ou déclaré une action de la banque centrale pour stimuler davantage l'économie moribonde.

Des hommes d'affaires américains pensent que les marchés financiers américains sont manipulés par des intérêts majeurs et qu'une nouvelle application du QE3 pourrait même déclencher une guerre des devises. Alors BERNANKE sera collé au mur et incapable de réagir comme il le voudrait.

Ceci dit, du point de vue « théorie de Dow », le marché pourrait soit prendre une pause, soit se diriger vers le bas. Je vous le disais, septembre n'a jamais été un mois captivant. De plus, plus on se rapproche de l'échéance des élections présidentielles, moins nous avons de chances de voir BERNANKE appliquer le QE3, qui, je vous le rappelle, serait à nouveau une manne inflationniste destinée à relancer l'économie en soutenant notamment la bourse. Sans signe évident de reprise, les investisseurs appliquent la prudence, le volume du NYSE devient moindre chaque jour et les taux d'intérêt restent à un niveau quasi ridicule. Cela n'est pas de nature à nous satisfaire, d'autant plus que le chômage reste important. Les médias nous citent des cas de peur, de panique et de frustration.

Mais cela se passe aussi au niveau des grands responsables de nos fonds de pension. Avec des taux d'intérêt bas et des maigres dividendes et cerise sur le gâteau, de nouvelles impositions frôlant l'indécence, la plupart de ces fonds ne sont plus à même de respecter leurs engagements. L'or reprend aussi de l'éclat ; ce n'est jamais bon pour la suite des évènements.

Personnellement, je reste optimiste pour la bourse américaine car les indicateurs techniques ne sont pas aussi mauvais que les commentaires dans la presse financière. De plus, nous pourrions calquer l'évolution de la bourse de 2008-2009 car il y a beaucoup de similitudes dans l'attitude du marché et les présidentielles.

Les investisseurs attendent aussi la décision de la Cour constitutionnelle allemande sur le Mécanisme européen de stabilité et le pacte budgétaire, les élections néerlandaises et la réunion de politique monétaire de la BCE.

Comme vous le voyez, la bourse va avoir des hauts et des bas tout au long du mois car une série de décisions délicates pourraient inverser le cours des choses. Cet effet balançoire devrait durer jusque la mi-octobre.

Les investisseurs se diront aussi que les valeurs américaines ont clôturé en forte baisse jeudi soir, alors qu'un regain d'inquiétudes à l'égard de la situation en Europe a relégué au second plan des statistiques mitigées sur l'emploi et les dépenses des ménages aux Etats-Unis.

De plus, la confiance des entreprises et des consommateurs dans la zone euro est tombée au mois d'août à son plus bas niveau depuis près de trois ans et la Bourse de Tokyo a terminé aussi en nette baisse à cause d'inquiétudes pour la croissance au Japon, en Europe et en Chine.

Il nous reste à voir la situation graphique des principaux indicateurs.

Il y a encore 59,32 % de valeurs américaines qui évoluent au-dessus de leur moyenne à 150 jours.

La force des actions du Nasdaq reste une bonne indication. Nous nous attendons à une saine consolidation en septembre.

Je ferai mon prochain exposé à la Salle Boursière de Charleroi, le mardi 18 septembre à 18 heures.