Au bord du précipice ?

Au bord du précipice ?

Dans cette gazette le Dow jones est analysé ainsi que les valeurs AGEAS, NYRSTAR, GLENCORE DEXIA, MOLYCORP, GASFRAC, TOTAL SA, GDF-Suez,Cameco.

Publié le 11/05/2013 par Roger Lecut | Les gazettes

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Nous volons de sommet en sommet et nous commençons à nous poser des questions.

Devrions-nous vendre avant une chute très probable en juin.

Lisez-moi avant toute chose

Bien à vous

Roger LECUT

Professeur de Cyclologie boursière

Attention : je ferai mon prochain exposé à la Salle Boursière de Charleroi, le mardi 28 mai à 18 heures.

Oui, le sujet commence à nouveau à nous préoccuper. La bourse grimpe, on s'y attendait. Mais maintenant, est-ce le moment de lâcher ? Statistiquement, dans l'année postélectorale, la hausse dure jusque fin août. La correction se passe en septembre et un nouveau rallye attire les boursiers en novembre.

Une fois de plus, nous sommes confrontés à une masse d'informations sur l'économie en péril. Les feuilles boursières et les médias ne cessent de nous dire qu'il faut mieux vendre nos actions jusqu'à la fin de l'été pour éviter une correction qui se prépare. Cela serait faisable si nous étions convaincu de les acheter à nouveau à meilleur prix mais le climat boursier haussier se moque toujours du précipice ; il grimpe et grimpe encore.

En fait, le dicton « Vendre en mai et s'en aller » est devenu un conseil qui repose sur l'analyse des performances moyennes mensuelles du marché au cours des 50 dernières années. Nous sommes, en plus, confrontés avec le 2013 fait que l'indice phare vient de dépasser les 15.000 points. Nous sommes dans un marché boursier en hausse qui évolue à des niveaux top. Les investisseurs se demandent si nous n'évoluons pas un peu trop haut, vu les circonstances économiques qui frappent le bon peuple de tous les pays.

Ce dicton ou aphorisme serait devenu une sagesse prédigérée. Il contraint quasiment tous les commentateurs boursiers à en prendre note car, maintenant, avec la rapidité inouïe de la transmission des pulsions acheteuses ou venderesses des marchés, ils sont tous à l'écoute et résument, sans bien réfléchir, la crainte d'une correction qui arrivera, bien entendu, mais seulement en septembre prochain.

Si la hausse continue et brise les résistances, ce dicton sera oublié dans l'heure et tous diront que les chiffres américains, meilleurs qu'attendu sont en train de boomer les résultats espérés des sociétés. Des commentateurs boursiers vous donneront alors, immédiatement, une liste de titres à acheter sans aucun scrupule.

Comme la Bourse anticipe, l'espoir renaît vite. Ceux qui vendent par habitude en mai risquent de se mordre bientôt les doigts. Prenons un exemple. AGEAS vient de céder sa Bad Bank en y gagnant des dizaines de millions d'euros. C'est une bonne nouvelle en soit mais comme le marché immobilier américain se redresse, AGEAS laisse s'envoler une possibilité de faire encore plus de gains. Bien entendu, elle sécurise le bénéfice actuel et laisse le soin à des fonds d'investissement de se remplir les poches dans un proche avenir. (Déjà, ceux-ci pensent à les remettre dans les portefeuilles des petits épargnants par le biais de produits structurés vendus aux banques). Un produit alléchant qui supplantera les maigres return des produits actuellement sur le marché; de vrais artistes, ces revendeurs !! De vrais pigeons, ces investisseurs !!

Sur AGEAS, les avis des brokers sont divergents. Le titre pourrait descendre vers les 23 euros pour certains mais grimper à près de 35 euros pour d'autres. En fait, personne ne sait la vérité. Un nouveau procès médiatisé et c'est la descente. Au contraire, un nouveau renforcement de la participation chinoise de Ping An et c'est l'envolée du cours. Nous pourrions compléter l'exemple avec la valeur NYRSTAR. Cette société minière et métallurgique, leader sur le marché du zinc et du plomb, et en pleine croissance pour les autres métaux de base et métaux précieux possèdent des ressources essentielles qui alimentent l'urbanisation rapide et l'industrialisation de notre monde en pleine en pleine évolution.

NYRSTAR possède des exploitations minières et des fonderies en Europe, en Australie, en Chine, au Canada, aux États-Unis et en Amérique Latine. Actuellement, le zinc ne cesse de chuter. Mais, en plus, la société ne peut plus compter sur GLENCORE pour acheter sa production suite à l'obligation de cette dernière de mettre fin à sa relation privilégiée dans le cadre du paquet de mesures correctives accepté par la Commission Européenne en rapport avec la fusion entre GLENCORE et XSTRATA.

Le 31 décembre 2013, NYRSTAR cessera donc de vendre à GLENCORE du zinc de base produit dans ses fonderies situées dans l'Union Européenne (Auby, Balen/Overpelt et Budel) mais, GLENCORE payera à NYRSTAR une indemnité de rupture de 44,9 millions d'euros.

Cette indemnité permettra à NYRSTAR d'acquérir la pleine participation de GLENCORE de 7,79% d'actions ordinaires au prix de 3,39 euros par action. Elle détiendra ainsi des actions en propre et cherchera à les placer auprès d'investisseurs appropriés au fil du temps. Nul n'est encore à même de dire quelle sera l'évolution de la valeur. Va-t-elle réussir à replacer ces titres à un prix supérieur à 3.39 € par action ou va t‘elle brader la vente pour retrouver de la trésorerie mise à mal avec la stagnation du marché du zinc ? En attendant, les espoirs de cours vont de 3.25 à 4.50 euros et cela alimente le trading journalier.

Revenons au mois de mai, celui-ci a donc tendance à être un mois faible pour le rendement des actions mais en général, le mois de juin reste tout aussi négatif. Par contre, juillet et août, dans le même temps, sont généralement bons. Septembre est habitué à de véritables catastrophes. Comme semblerait prouver le dicton,tous les autres mois, à l'exception de février, ont toujours été fortement positifs notamment le rallye de juillet.

Alors si, en moyenne, juin a un retour négatif et septembre, un retour très négatif, dois-je vendre mes actions maintenant et prendre du bon temps ? Je ne le pense pas ; à moins que les frais boursiers ne vous tracassent pas trop ou que vous ayez l'appréhension de voir vos gains disparaître pendant un mois ou deux. En général, l'ampleur des pertes moyennes en juin et septembre atteint environ respectivement -0,2 % et -0,5 %. Cela ne vaut pas la peine d'engager des frais de vente et de rachat. De plus, si une fois vendu, le titre revient vivement à l'achat, vous risquez de perdre beaucoup pour réintégrer le capital de la société. Tout est tellement volatile dans les infos !!

Comme dirait l'homme de la rue, ce n'est pas parce qu'en moyenne, le marché a baissé en juin et en septembre au cours des cinquante dernières années, que cela se produira à nouveau en 2013. Et si le marché ne baissait pas comme prévu, vous n'auriez plus vos bonnes actions et quid du rachat ?

Maintenant, soyons lucides : La Bourse peut s'écraser maintenant ou en juin ; personne n'a la faculté de le dire. Pour une circonstance imprévue ou une catastrophe qui viendrait éroder les bénéfices de nos actions préférées, celles-ci pourraient perdre de 20 à 50 % et ne plus retrouver les sommets actuels pour des années. Cela est déjà arrivé avec le Japon qui est d'ailleurs loin de ses sommets.

Bien entendu, si vous suivez le mot d'ordre « vendre en mai et s'en aller » et que la bourse chute de façon spectaculaire, vous vous direz « quelle chance, j'ai vendu à temps ». Mais si la bourse grimpe, vous voustraiterez intérieurement d'imbécile pour avoir suivi le dicton populaire. Dieu que la bourse est compliquée !!

Mais restons sur terre, vous ne pouvez pas acheter des actions sans en assumer le risque qu'elles comportent. Bien entendu, vous ne dirigez pas la société et vous pouvez vous faire avoir comme un bleu avec les valeurs en faillite virtuelle encore cotées (je cite DEXIA et d'autres appelées « penny stock »).

Je suis envahi par des mails comprenant bien souvent des interviews de dirigeants questionnés par des gens de la télévision financière. Ces personnes disent n'importe quoi. On pourrait même penser qu'elles disent le contraire de ce qui se passe ; personne ne sera jamais en mesure de vous dire de façon fiable que les actions vont continuer à évoluer ou brusquement dégringoler de leur piédestal. Cela revient à dire que si vous avez peur d'un crash, vous ne serez jamais en position confortable si vous achetez ou si vous possédez des actions.

Ce que j'affirme par expérience, c'est qu'à long terme, disons quelques bonnes années, les actions font toujours très bien et nettement mieux que les obligations dont le rendement faible n'est plus à démontrer en ces moments de récession. J'en conclus donc que si vous êtes un investisseur à long terme, il n'y a certainement pas lieu d'appliquer le fameux dicton « vendre en mai et s'en aller ». Ne soyez pas insensé ; faites comme les hommes phares de ce monde financier. Restez des investisseurs à long terme dans les bonnes actions et vous vous sentirez finalement tout aussi bien qu'avec un livret d'épargne tout en sachant qu'aucun placement n'est jamais tout à fait sûr.

Je pense d'ailleurs à la valeur MOLYCORP INC., propriétaire du plus grand gisement de terres rares hors deChine. Elle vient d'annoncer une perte moindre et grimpe de près de 32% en ce moment. C'est une nouvelle surprenante en effet. On s'était habitué à des catastrophes à chaque trimestre et à une descente de cours vertigineuse après une envolée spectaculaire.

Les ventes viennent d'augmenter de 73 % à 146,4 millions $, dépassant la moyenne de 137,3 millions $ des six dernières estimations. MOLYCORP a vendu 3 274 tonnes métriques de produits de terres rares au cours du trimestre soit une hausse de 958 tonnes par rapport à l'an passé.

La compagnie a réitéré son voeu d'atteindre une production à grande échelle au milieu de l'année. Je rappelle que les terres rares sont 17 éléments métalliques chimiquement similaires utilisés dans les batteries rechargeables, les éoliennes et les véhicules électriques. Beaucoup d'investisseurs ont finalement vendu maismaintenant, est-ce opportun de racheter ? Pas facile de prendre la bonne décision car chat échaudé craint l'eau froide.

Je pense que nous arrivons à la fin de la crise, que la bourse anticipe une reprise inévitable. On ne peut pas arrêter de consommer et nous sommes de plus en plus nombreux sur cette terre. Il faudra bien remplacer les véhicules, le matériel électronique, les vêtements et continuer à vivre. En un mot, faire vivre les industries. Les actions deviennent ainsi le seul moyen d'augmenter notre capital mis à rude épreuve avec des taux minables. Il faut oser à nouveau...une nouvelle ère de fusion ou d'absorption va d'ailleurs commencer.

Dernièrement, lors de mes conférences, j'ai entretenu le public avec les différentes alternatives en énergies renouvelables, notamment le gaz de schiste.

Certaines personnes me trouvent toutefois très sévère, notamment au sujet des dommages causés à l'environnement. Bien entendu, je parle des faits constatés actuellement et prouvés par de nombreuses photos non retouchées et je me base aussi sur des enquêtes et des réalisations et avatars relatés dans la presse régionale.

Le débat est quasi conflictuel. Nous voulons de l'énergie moins chère et à disposition et nous ne voulons pas gâcher notre Planète. Il faudra bien choisir et le gaz de schiste est quasi inévitable. Nous voulons de l'énergie moins chère, du travailpour tous et nous devenons de plus en plus égoïstes.

Oui, nous sommes en droit d'espérer que les méthodes de fracturation du schiste évolueront car les principaux pays exploitant ce gaz sont à l'origine d'une révolution énergétique. Celle-ci, au vu des statistiques non truquées,se mue en révolution géopolitique. Déjà, avec leur indépendance en gaz, les USA vont réduire leurs importationsde gaz des pays du Golfe et d'Afrique.

Il faut remettre les discussions sur la table. Des problèmes peuvent être résolus. Des techniques nouvelles sont utilisées et la société canadienne GASFRAC en est le fer de lance. Toutefois, force est de constater que du gaz s'échappe encore dans l'atmosphère à chaque nouveau forage et que c'est un facteur supplémentaire deréchauffement de notre planète.

Mais, essayons d'évoluer ; comme dans toute entreprise, on trouvera de nouveaux moyens plus efficaces pour optimiser l'exploitation. Déjà, vous lirez des articles sur la fracturation avec stimulation au propane pur. Dans ce cas, les ingénieurs remplacent l'eau et les produits chimiques injectés dans le puits par un mélange de propane et de proppant (sable et céramique), ce qui permet une fameuse économie d'eau et les risques de pollution par infiltration des nappes phréatiques.

Vous lirez également que d'autres emploient la fracturation électrique. Pour fissurer la roche et libérer le gaz, on effectue des décharges électriques. Total Gas Shale Europe utilise cette technique mais, à ce jour, elle ne semble pas efficiente.

Deux techniques de fracturation sont également testées : la fracturation par explosion et la fracturation par approche thermique, mais cela reste au stade expérimental pour le moment et effraie les écologistes. Comme le dit clairement, un de mes lecteurs, quoi qu'il en soit, nous devons assister à cet état de fait. Les États Unis et le Canada ne mettront pas fin à leurs exploitations de gaz de schiste pour éviter une aggravation des conditions climatiques, même chez eux.

Ce lecteur me demande également s'il ne faut pas nuancer quelque peu mon opinion sur l'éolien. Ceux qui habitent près de ces nouveaux mastodontes ne sont pas heureux. Leur paysage est dégradé et la surface cultivable a été franchement réduite avec des dalles de béton et des routes nouvelles pouvant supporter de lourds convois. Bien entendu, pour la construction de ces éoliennes en offshore, cela est plus intéressant avec la force et la constance du vent. C'est là que devraient s'ériger les nouveaux sites éoliens.

Il en est de même pour l'hydrolien qui offre aussi de bonnes perspectives. Il faut donc rechercher les sociétés qui investissent dans les régions côtières comme GDF-Suez.

Pour le photovoltaïque, je continue à penser qu'il n'a pas vraiment sa place dans les pays au climat comme le nôtre. Il engendre d'ailleurs de nombreux problèmes notamment au point de vue sécurité des pompiers en cas d'incendie et aussi pour les ardoisiers qui doivent travailler sur les toitures sans parler des primes promises remboursées par la totalité de la population. Quelle injustice ! Par contre, il faudrait s'intéresser aux sociétés qui investissent dans ce marché dans les pays ensoleillés avec de larges surfaces implantables non réservées à l'agriculture.

Un nouveau Monde se met en place. Comme le dit mon lecteur, si des pays peinent à se procurer de l'eau pour leurs villes et leur agriculture et qu'ils doivent envisager le dessalement de l'eau de mer, comme les États du Golfe Persique le font avec du gaz naturel, ce serait une meilleure solution de le faire avec de l'énergie solaire. Un bel avenir attend cette science nouvelle mais pas n'importe où.

Au fait, n'a-t-elle pas été encouragée par des politiques qui voulaient bannir à tout prix l'énergie atomique ? Voilà ce que je voulais vous dire aujourd'hui. Ne paniquez pas. Une correction est possible mais elle ne sera pas automatique. Le ciel semble tourner au beau fixe pour les actions et le soleil devient bienfaisant. Que demandez de plus ? Bien à vous