Le chemin boursier est tortueux

Le cycle de Martin ARMSTRONG, la volatilité des marchés, le SPY.

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Voilà que la correction normale de mai s'annonce début avril.

Est-ce la peine de faire des frais puisque la nouvelle hausse arrivera en septembre-octobre avec les éléctions américaines.

Sommes-nous toujours dans un cycle haussier ?

Réponse dans la gazette.

Bonne lecture

Roger LECUT

Professeur de Cyclologie boursière

Nous arrivons avec un mois d'avance à la correction de mai. Logiquement, nous devrions quitter le bateau et réinvestir en octobre pour faire un maximum de gains.

Certains se disent avoir profité de la chute de novembre pour moyenner leurs principales valeurs. C'est une bonne chose de faite mais bien entendu, pour certains postes, la perte est toujours là. Que faut-il faire alors ?

Imaginons que vous ayez d'abord acheté dans l'allégresse de février 2011 des actions pour un capital de 10000 euros. La bourse s'effrite brutalement en mai ; on parle de catastrophe et de fin de l'euro. C'est la crise souveraine et vous êtes pris au piège. Vous vendriez le tout en panique. Mais vous vous raisonnez.

Sur base de conseils, vous vous dégagez partiellement en vendant à pertes la moitié de votre actif. La bourse continue sa chute, puis enfin se redresse. Vous réagissez à nouveau et vous racheter votre moitié vendue à un prix plus bas que celui de sa vente. Maintenant, la bourse a logiquement une nouvelle correction à faire selon le dicton de mai. Que faire à nouveau ? Vous avez le choix de revendre la partie de vos titres rachetés avec un gain afin d'en racheter les mêmes encore plus bas probablement en septembre.

Vous pouvez aussi garder vos actifs en vous disant : est-ce la peine de faire des frais, puisqu'en octobre prochain, ce sera à nouveau à racheter avec une bourse haussière notamment soutenue par les élections américaines et le cycle de Martin ARMSTRONG qui a conçu l'Economic Confidence Model de l'Institut économique de PRICETON. Pas toujours facile de faire un choix.

Mais que dit ce modèle :

Martin Armstrong a découvert le cycle de 8,6 années et en a fait un index dénommé PI confiance modèle économique qui prédit correctement les aléas économiques :

Comme la crise de 1929, celle de 1937, mais aussi la baisse des marchés boursiers de 1985, 1994 et 2002. Martin Armstrong unit la notion de K-Wave saisons avec les 51,6 années du cycle économique de l'année modèle de Princeton.

Un cycle de 51.6 ans est constitué de 4 saisons fixes de 12.9 ans, et nous devons nous attendre à des orientations très significatives sur les marchés tous les ou dans les limites de 12,9 années.

Ces données empiriques correspondent très bien avec le marché qui se retourne en 1929, 42, 55, 68, 81, 94, 2007 et se retournera probablement à la hausse en 2020 après un beau plongeon.

Martin Armstrong applique aussi la série en tant que milieu de cycle. Il trouve alors en forme de tête et épaules, les oscillations régulières de son modèle. Il a ainsi les années 1935, 48, 61, 74, 87, 2000 et 2013 et probablement 2026.

Ce modèle a donc des divisions statiques

  • de 51.6 années,
  • 25.8 années,
  • 12.9 années,
  • 8.6 années
  • 2.15 et 1.07 années;

Toutefois, il faut utiliser le modèle de Princeton, de préférence avec le cycle décennal et le cycle de quatre ans des élections américaines.

Ces prévisions sont basées sur des cycles de 51.6 années donnant des petits cycles de 1,075 année, 2.15 années et 8.6 années et un grand cycle de 309.6 années.

La distance entre les grands bas est de 8.6 années. Nous avons eu 1985, 1994, 2002, 2011 et probablement, nous aurons 2020.

Le modèle prévoyait cela le 13.6.2011. En effet, 2002.85 +8.6 = 2011.45. Ce chiffre signifie en fait l'année 2011 et 45 la quotité de cette année. Nous avions donc 365 : 100 x 45 = 164. C'était donc le 164ème jour de l'année 2011 soit le 13.6.2011.

La distance entre les hauts est également de 8.6 années et le prochain haut est prévu pour le 7.10.2015. Il y a bien entendu deux paliers à la hausse et deux paliers à la baisse.

Pour atteindre le bas du 13.6.2011, nous sommes descendus de 1.075 années depuis 2007.15 pour atteindre le bas de 2008.25 et ensuite, nous sommes remontés jusque 2009.3 (23.4.2009) pour redescendre pendant 2.15 années et arriver au plus bas du 18.6.2011.

Cette date peut bien entendu varier de quelques jours car il faut tenir compte des années bissextiles et de la méthode de calcul.

La confiance économique dans le modèle 2,15-ans

  • 1998,55 ... 07/20/98
  • 2000.7 .... 09/13/00
  • 2002,85 ... 11/08/02
  • 2005 .... 01/02/05
  • 2007,15 ... 02/27/07
  • 2009,3 ... 04/23/09
  • 2011,45 ... 06/18/11
  • 2013,6 ... 08/12/13
  • 2015,75 ... 10/07/15
  • 2017,9 ... 12/01/17
  • 2020,05 ... 01/26/20
  • 2022,2 ... 03/22/22
  • 2024,35 ... 05/16/24
  • 2026,5 ... 07/11/26
  • 2028,65 ... 09/04/28
  • 2030,8 ... 10/30/30
  • 2032,95 ... 12/24/32

Jetons un coup d'oeil sur son cycle de 8.6 années et mémorisons que le prochain haut sera le 12.8.2013 ; nous descendrons ensuite jusqu'au 2444 jour de l'an 2014 pour terminer au plus haut de la décade le 7 octobre 2015.

Nous redescendrons ensuite vers le bas de 2016, nous remonterons jusque 2017 et plongerons vers le bas du cycle jusqu'au 26 janvier 2020. Restera la continuité du cycle avec les dates du

  • 2022,2 ... 03/22/22
  • 2024,35 .. 05/16/24
  • 2026,5 ... 07/11/26
  • 2028,65 ...09/04/28
  • 2030,8 ... 10/30/30
  • 2032,95 ... 2/24/32

Cela veut dire que malgré la crise, nous sommes dans un cycle haussier qui demande correction après une longue suite de top niveaux et que nous devrions rester optimistes jusqu'octobre 2015.

Comme le dit le dicton, c'est en mai qu'il faut quitter le marché. Mais bien entendu, il y a toujours des personnes bien avisées qui quittent le marché avant.

Le déclin de Pâques sur des données de l'emploi décevant précède la saison de publication des bénéfices du premier trimestre USA. La croissance des bénéfices est plus lente que ces dernières années et les professionnels commencent à se délester de leurs titres.

Les marchés d'actions devraient être relativement volatiles comme ils l'ont été avec la crise grecque. Le deuxième plan de soutien ne convainc probablement que peu d'investisseurs d'autant plus que l'Espagne commence à montrer sa faiblesse.

Qu'avons-nous concédé à ce pays, la Grèce, de gouvernance socialiste. Un deuxième plan de soutien d'un montant de 130 milliards d'euros. Cet accord prévoit pour les créanciers du secteur privé une perte plus importante qu'initialement convenue sur les 200 milliards d'euros de dette grecque qu'ils détiennent. Ces créanciers doivent accepter une décote de 53,5%. Avec l'Espagne en période de faiblesse, les créanciers commencent à se demander quelle sera l'évolution de leurs actifs dans l'année à venir ; les décotes commencent à pleuvoir. Quels sont les Etats socialistes actuellement, il y a aussi le Portugal et l'Italie et en partie la Belgique. Cela promet. Dépenser l'argent qu'ils n'ont pas semble être la mission première de tels régimes.

Pourtant, au point de vue actions, les bullish ne vont pas lâcher leurs actifs très facilement. Les investisseurs sont plus à penser que les choses s'améliorent dans le monde, surtout aux Etats Unis.

Les nouvelles sont relativement moins mauvaises sur tous les fronts, depuis les demandes d'allocations chômage à la fabrication. Les bénéfices des sociétés restent également décents même si déjà en dessous des prévisions. Mais pourquoi donc, demander tant de rendement à la sortie de crise ?

En fait, en général, le tableau d'ensemble montre une économie qui n'est pas en train de s'effondrer. La plupart des entreprises américaines ayant une exposition importante en Europe signalent que les choses ne sont pas si mauvaises non plus. Tranquillement, l'investisseur devrait se dire que les choses sont en voie de guérison, même si certaines d'entre elles sont dues à la planche à billets étatique.

Pour l'instant, le marché aime ce qu'il voit et une règle d'or est de ne jamais discuter le message des marchés. C'est une façon évidente pour ne pas perdre à chaque fois.

En ce moment ? Que donnent les signes du marché ?

La volatilité repasse au-dessus de sa moyenne mais rien de bien alarmant. Il en est de même du Value Line Geometric Index qui descend sous sa moyenne. Il devrait chuter de 30 % par rapport à son plus haut pour déclarer une nouvelle crise boursière.

Au Nyse, la grande majorité des actions évoluent toujours au-dessus de leur moyenne mobile à 150 jours.

74.87 % d'actions au-dessus de celleci est un chiffre tout à fait convenable. Il ne semble pas indiquer un retournement tragique.

Le SPY est un bon indicateur. Il signale les prises de bénéfices de Pâques mais l'accumulation-distribution est toujours de bonne évolution malgré le test de résistance de la moyenne mobile.

Ce n'est jamais le meilleur signe, mais si le marché continue à se déplacer lentement, à corriger et progresser ensuite, il reste dans ce qu'il est convenu d'appeler : un classique marché d'action haussier.

Se déplacer vers le haut, même lorsque nous sommes en zone de suracheté pendant une période prolongée de temps est possible même avec des gains de plus en plus faibles. Ce qui compte, c'est que la tendance à la hausse se poursuive. Toutefois, certains observateurs remarquent que le sentiment de confort des investisseurs pourrait devenir un problème. Celui-ci commence à prendre forme lorsque les personnes qui ont raté la hausse viennent sur le marché trop tard. Ils continuent à entretenir le mouvement haussier en achetant à chaque recul.

Mais, ils sont de moins en moins sur la touche et les bearich prennent de plus en plus de place pour atteindre les 30 %.

Une fois ce chiffre dépassé, le drapeau rouge est en place. IL faut alors regarder si la moyenne à 50 jours est violée massivement. Pour le NYSE, il n'y a plus que 39.56 % des actions qui évoluent encore au-dessus de leur moyenne à 50 jours.

Nous avons encore 48.20 % évoluant au-dessus de la moyenne à 50 jours pour le SP-500.

Il faut examiner aussi la moyenne mobile exponentielle de 20 jours car elle est souvent un soutien important. Les bullish font tout pour garder la tête haute en clôture et les bearich le font également mais pour couler cette résistance imaginaire...

A première vue, les bearich sont en train de gagner. Nous évoluons sous la moyenne exponentielle de 20 jours. Mais, nous l'avons déjà fait en mars et depuis quelle hausse !! Le combat est engagé. C'est à nous de prendre la décision. La bourse va corriger. Avez-vous assez de liquide pour moyenner dans quelques mois ?

Est-ce vraiment la peine de vendre maintenant alors qu'il y aura hausse en octobre/novembre prochain ? Quid de la question des frais ?

C'est une année électorale donc en principe bénéfique pour la bourse, de même, le cycle décennal est positif selon la statistique.

Tout dépend de chaque portefeuille.

Je vous souhaite une bonne réflexion sur ce sujet et j'en parlerai plus longuement à la Salle Boursière.

Dans cette même salle, je vous avais parlé de l'opportunité d'investir au Vietnam. Je vois que la bourse s'élève petit à petit et qu'une mise ne serait pas à dédaigner dans ce climat porteur des pays émergents.

Je ferai mon prochain exposé à la Salle Boursière de Charleroi, le mardi 17 avril à 18 heures.