Le temps reste maussade

Dans cette gazette Mr Lecut évoque l'Europe, l'euro/$, Véolia Env., Total, les marchés US, Barrick Gold Corp, le SPY, ...

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La bourse doit corriger jusqu'au 4 juillet. Ensuite, elle aura encore des humeurs jusque mi-septembre. Alors viendra le temps d'une belle hausse.

Bonne lecture

Roger LECUT

PROFESSEUR DE CYCLOLOGIE BOURSIERE

Vous avez certainement déjà entendu ce vieil adage: «Vendre en mai et s'en aller." Avec les élections qui viennent de transformer la France en République Socialiste, la morosité vient de se réinstaller dans les bourses européennes. La chasse aux riches va commencer en France, un pays désormais coupé en deux mais heureusement, il y a des pays accueillants comme la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. Notre petit pays a encore du bon pour aider nos amis français à fuir l'impôt exorbitant sur la fortune. Nous ne vivons plus dans un village mais dans une partie du Monde OU la finance n'a pas de frontières et il faut bien calculer et s'entraider pour éviter de perdre ses économies.

Le mot à la mode : Haro sur les riches ; les premiers coups de semonce viennent de faire tinter tristement la cloche à Paris mais il faut attendre encore un peu pour voir comment l'Europe va réagir à cet assaut gauchiste. Le premier conseil est de ne rien tenter en placement, surtout en France, avant le rallye de juillet prochain. Avant, il y aura des fins de cycle en juin et la bourse ne sera guère porteuse.

Mais en juillet, la hausse traditionnelle de l'été pourrait assez curieusement être provoquée par des mesures de relance économique, non pas que l'Allemagne cède face à Hollande, mais parce que les discussions entamées avant les élections accoucheraient de premières mesures destinées à relancer l'économie. Ces mesures ne seront pas bonnes pour nos portefeuilles ; elles consisteront à nous donner un semblant de richesse qui sera vite avalé par une inflation suggérée de 4 % à mettre en rapport avec le rendement de nos placements d'à peine un pourcent.

L'Euro est mis à mal en ce moment. Ce qui me semble important, pour le long terme, c'est que les trader's du marché des changes restent toujours baissiers sur l'euro. C'est cyclique mais l'effet balançoire continue son balancier avec les hauts de moins en moins hauts au fil des ans. Le dollar se renforce, c'est un fait.

Dans notre Europe, des pays comme la Grèce, l'Espagne et le Portugal sont à même de connaître une grave récession en 2012. Comme cela est plus que probable, la Banque centrale européenne a déjà étudié la possibilité d'assouplir davantage sa politique monétaire afin de stimuler la croissance et cela sans attendre l'arrivée des gauchistes en France et en Grèce. Hollande ne pourra donc pas se glorifier d'un changement plus que probable de l'attitude européenne face à l'austérité puisque les dossiers sont prêts à être revus et probablement corrigés.

L'euro est ainsi sous pression car les élections ont provoqué des inquiétudes légitimes quant à la survie des consignes de règle d'or et des efforts de consolidation budgétaire dans la zone euro. Certains se persuadent même de la sortie de la Grèce de la zone. Cela effraie terriblement les financiers, banques et assurances qui regorgent de produits basés sur la dette souveraine de la Grèce, de l'Espagne, de l'Italie et un peu de la Belgique. Celle-ci s'est engagée dangereusement dans l'affaire DEXIA et nous pourrions nous en mordre les doigts.

Le bouleversement politique semble aux yeux des observateurs représenter un obstacle aux accords conclus par les responsables européens en vue de réduire leurs déficits via une baisse des dépenses. Cette solution est la préférée des Allemands qui rechignent à financer des plans de sauvetage pour l'Espagne et l'Italie et éventuellement la France, si Hollande s'entête à dépenser de l'argent qu'il ne possède pas.

Cependant, merci aux médias, les statistiques et les sondages avant le scrutin avaient déjà préparé le terrain pour une défaite. Comme la bourse anticipe, la surprise n'a pas été suffisante pour faire basculer brutalement la devise et la bourse. Des clivages vers le dollar et d'autres bourses plus dynamiques avaient déjà eu lieu et le CAC 40 n'a pas connu de grand désastre. Il évolue toutefois sous ses moyennes et des achats seraient purement spéculatifs.

Ces graphiques sont explicites : la bourse corrige mais laisse déjà entrevoir des opportunités d'achat. Restons calmes et réfléchis car rien n'est encore joué.

Total SA est un producteur de pétrole et de gaz qui exerce ses activités dans plus de 130 pays. C'est une société intégrée qui opère dans trois secteurs : les opérations en amont, les opérations en aval et les produits chimiques. Total détient également des participations dans des mines de charbon et dans la production d'électricité. En dehors du climat politique, nous avons des raisons de rester optimiste en faveur de cette valeur. Elle est d'abord partiellement dans le giron du milliardaire Baron Albert FRERE et était un beau fleuron (PETROFINA) de la Belgique.

Le ratio de la dette à long terme sur les fonds propres n'est que de 0.33. Le taux de croissance des dividendes serait de 5,14% et donne un bon rendement de 5,5%. Le taux trimestriel de croissance des revenus est de 12,4%. La société a un cash flow de 2,46 milliards de dollars. Le bénéfice net a augmenté, passant de 12,03 milliards de dollars en 2009 à 17,523 milliards de dollars en 2011. Le flux de trésorerie est passé de 9,53 $ en 2009 à 11,51 $ en 2011. Le PER est de 6.55, l'Earning per share est de 6.87 et la cible pour la valeur est un cours aux alentours de 61-62 euros.

L'accident de la fuite de gaz est maintenant compris dans le cours. Nous devrions nous dire que si toutes les sociétés étaient aussi performantes, notre Bourse serait un tant soit peu plus dynamique. Reste les craintes provoquées par nos dirigeants politiques et les attitudes des agences de notation. Et celles-ci n'apportent pas la quiétude au marché. Regardons avec attention les communiqués et les commentaires qui s'en suivent.

Total affirme que ses préparatifs pour une intervention sur la fuite de gaz Elgin G4 dans la mer du Nord sont en voie d'achèvement. Si les conditions météorologiques sont favorables, l'intervention devrait commencer dans quelques jours. Les observations faites au cours de onze vols d'hélicoptères au-dessus de la zone laissent suggérer que le taux de fuite de gaz continue à diminuer. La fuite laisse sortir 0,5 kg / sec de gaz, en baisse par rapport aux estimations initiales de 2,0 kg / sec dès le début de l'incident Elgin.

C'est enfin un renseignement précis. Les médias ne disent plus mot, mais le gaz continue de s'échapper. Que font les analystes, ils quantifient la perte probable et reporte celle-ci sur les dividendes futurs.

La fuite de gaz en mer du Nord coûtera au total entre 300 $ et 400 millions de dollars en pertes de production et de coûts de réparation. Il faut savoir que la plate-forme d'Elgin, située au large d'Aberdeen sur la côte est de l'Ecosse, a été évacuée en mars après que le gaz ait commencé à fuir dans les fonds marins et ait formé un énorme nuage potentiellement inflammable autour de la tête de puits. La plupart des coûts viendrait de la perte de profits associés à la suspension du champ d'Elgin, mais aussi des frais provoqués par l'arrêt de la fuite.

Le groupe espère reprendre ses activités sur le site d'Elgin-Franklin avant la fin de l'année et pour rassurer les écolos, les études environnementales n'ont détecté «aucun dommage à l'environnement", sauf pour les émissions de gaz à effet de serre. Faut que le temps se calme pour commencer l'opération réparatrice. Un navire de forage est déjà en place et est prêt à injecter de la boue lourde dans la fuite Elgin.

Mais, la presse n'en a pas parlé, Total a également été contraint de fermer une de ses usines dans le sud du Nigeria en avril, après une fuite de gaz naturel dans la région. C'est un autre événement qui fera obstacle à une bonne sortie au deuxième trimestre. La fuite s'est produite après un incident le 20 mars pendant le forage d'un nouveau puits dans l'État de Rivers, au Nigéria. Cet incident serait actuellement sous contrôle. Le Nigeria est un important producteur de pétrole, il a des réserves de gaz importantes, mais peu de gaz est utilisé à des fins commerciales. La majeure partie est brûlé tous les jours dans le delta du Niger. C'est encore une utopie mais cela n'engendre aucune réaction négative sur le cours de bourse de Total. Tant que la fuite nordique ne sera pas colmatée et la reprise des activités du site d'Elgin bien réelle, la valeur TOTAL sera sanctionnée par les agences de notation et les brokers. Le cours de bourse représente l'actualisation des dividendes futurs et si le bénéfice diminue et atteint la rémunération de l'actionnaire, la sanction est irrémédiable.

Bien entendu, techniquement, l'achat est toujours spéculatif mais les Institutionnels commencent à reprendre du papier. Le titre ne reprendra sa direction haussière que lorsque la plateforme reprendra sa production. Il n'y a pas de miracle !! Toutefois, vu la qualité de ce papier, une mise à ce prix n'est pas à dédaigner.

Logiquement, les investisseurs attendent de nouveaux développements dans la lutte contre les dettes souveraines en zone euro. La chancelière allemande, Angela MERKEL continue à défendre fermement les politiques de rigueur mises en place en affirmant qu'elle n'avait aucune intention de changer de cap. Pourtant, la perte de sa majorité suite aux élections dans un land régional pourrait la sensibiliser et modifier quelque peu ses intentions.

Des banquiers pensent d'ailleurs que ces dernières élections (grecques et françaises) signifient qu'une "une vague de renégociations des programmes de sauvetage pourrait être déclenchée" car la crise de la Grèce est vraiment préoccupante.

De ce fait, la bourse chute et donne raison au dicton de mai. Vendre maintenant et racheter en septembre. Il est vrai qu'au fil du temps, le marché boursier dans son ensemble a généralement été plus faible de mai à octobre (moins 0.11 %) et beaucoup plus rémunérateur de novembre à avril (+ 7 % de moyenne).

Cet adage n'est certainement pas le motif principal de chaque année ; force est de constater que le rallye qui s'ensuit de novembre à avril est régulièrement bousculé. Pour revenir sur les marchés, on se doit de bien comprendre le bon moment. Par exemple, cette année, en particulier, il y a une autre tendance cyclologique qui vient brouiller les cartes : c'est l'élection présidentielle.

On remarque que depuis 1950, l'indice S & P 500 a évolué à la hausse 13 fois sur 15, au cours des sept derniers mois de l'année de l'élection présidentielle. Nous serions donc au point de départ d'une nouvelle hausse et ne devrions pas tenir compte de l'adage de mai puisque nous devrions nous attendre à un marché bullish de sept mois jusque novembre au moins.

Vous devriez noter également que les résultats des sociétés du premier trimestre de 2012 ont été solides et ont même battus parfois les attentes. Des charts semblent prouver que le logement, qui était la principale cause des problèmes économiques, aurait atteint le bottom. Il y a bien entendu des traders qui craignent les risques de contagion de la dette européenne mais, à ce jour, elle reste bien contenue. On s'attend à ce que les taux d'intérêt anémiques favorisent le placement en actions car il y a moyen de trouver de bonnes valeurs distribuant de beaux dividendes.

Il faut bien entendu bien choisir ces valeurs et éviter les modes passagères qui ne génèrent que des déceptions. Investir dans la nanotechnologie, les schistes bitumineux, les gaz schisteux, le secteur éolien et les terres rares, par exemple, n'ont vraiment apporté de satisfactions qu'aux premiers acheteurs et ensuite...patatras.

Cela dit, «Vendre en mai" n'est pas nécessairement une mauvaise façon d'aborder les actions. Bon nombre de sociétés annoncent un rétrécissement des marges et des perspectives de revenus plus sombres. La concurrence accrue et les événements politiques pourraient affecter le consommateur prudent. Alors force est de constater, qu'au mieux, l'investisseur peut s'attendre à avoir de l'argent mort depuis longtemps et, au pire, il pourrait voir ses biens mobiliers glisser vers le bas de son portefeuille. Une telle faiblesse et des divergences techniques bien visibles seraient une cause de préoccupation. Cela signifie que depuis la fin avril, le marché a quitté sa période favorable de six mois pour laisser la place à des pressions de vente associées au dicton "Vendre en mai et s'en aller".

Un autre facteur particulièrement négatif de la bourse est le comportement de plus en plus pessimiste de dirigeants d'entreprise. Il faut savoir que ces dirigeants, administrateurs et principaux actionnaires ont plus de perspicacité dans leurs perspectives que ne le font la plupart des analystes et brokers. Sachez-aussi que les initiés sont souvent les premiers à vendre au début, de sorte que leurs ventes récentes n'ont pas immédiatement apporté le malheur sur le marché - même si elles se révèlent être bien circonstanciées.

Vous me direz, en toute logique, que s'ils étaient convaincus que les actions de leur entreprise allaient bientôt grimper, ils seraient probablement plutôt acheteurs que vendeurs. On constate également que les achats d'initiés sont maintenant plus rares qu'ils ne l'ont été à tout moment depuis juillet 2011.

Tous les signes pointent vers une modeste baisse du prix des actions et des conseillers en investissement avec les meilleures performances sur les deux dernières années parlent de placer à long terme et sont plus optimistes que dans un passé récent.

"Vendre en mai et s'en aller" Fondamentalement, il s'agit d'un moyen rapide de se rappeler que la moitié de l'année n'est pas souvent favorable pour les investisseurs. Les ours sont de retour et risquent encore de confirmer à leur avantage la lutte entre mai et octobre. C'est un combat de longue date et les taureaux attendent souvent la mi-novembre pour se requinquer. Certaines entreprises déclarent depuis plusieurs trimestres, voire des années, des profits et un flux de trésorerie très importants. Des flux de trésorerie d'un milliard de dollars et plus, non pas par année, mais bien par trimestre. De quoi rendre jalouses nos plus grandes banques, parmi les plus solides au monde.

J'ai conseillé antérieurement des actions de BARRICK GOLD et de SUNCOR ENERGY. Ces deux entreprises évoluent dans le secteur des mines et celui de l'énergie, deux secteurs hautement cycliques. On me reproche parfois ce conseil car les actions de ces deux entreprises ne cessent de reculer alors que leurs résultats montrent des profits très élevés ? Ce sont pourtant de bonnes valeurs et dans le cas de BARRICK GOLD, la compagnie vient d'ailleurs de décréter une hausse de 33 % de son dividende.

Lors de mes exposés, je n'ai jamais cessé de dire que BARRICK GOLD était un important producteur d'or au monde, et que SUNCOR ENERGY était la plus importante pétrolière intégrée du Canada. Mauvais conseil ? Je ne pense pas : au premier trimestre 2012, elles ont respectivement déclaré des fonds auto générés de 1,5 milliard et de 2,4 milliards de dollars, un record pour chacune de ces entreprises. Et pourtant...

Et pourtant, les cours de ces deux valeurs ont fléchi à la suite de ces résultats. BARRICK GOLD a même atteint un nouveau plancher des 52 dernières semaines. Quant à SUNCOR, elle a continué de baisser. La tenue de ces deux valeurs est aussi catastrophique que d'autres moins rutilantes ; pourquoi ? Voilà deux titres qui ne font rien qui vaille depuis plusieurs trimestres.

Pourquoi ? En fait, les investisseurs veulent toujours plus de rendement et cela devient de la folie. Ils copient l'attitude vile de certains PDG qui ne prennent la direction d'une société même moribonde, que pour s'en mettre plein les poches. Mais, restons logiques, en période de faibles taux d'intérêt, les boursiers s'attendent à recevoir un dividende contenant la rémunération normale de leur placement plus la prime de risque de plus en plus importante pour oser investir dans le secteur ; c'est-à-dire : un beau dividende. Un beau dividende supérieur à l'inflation ou un plan de rachat systématique d'actions à des fins d'annulation supportent grandement la valeur des actions. Des entreprises comme BARRICK GOLD et SUNCOR sont en mesure de faire de telles choses mais elles ne le font pas. Elles semblent préférer allouer la plus grande partie de leur trésorerie au développement de mines ou de gisements pétroliers pour produire de plus en plus.

Regardez les rapports de ces deux sociétés : BARRICK GOLD est engagée dans des programmes d'investissement de plusieurs milliards de dollars et elle vient d'acquérir en 2011 la compagnie de cuivre EQUINOX pour presque huit milliards de dollars. Cela pèse lourdement dans son encaisse puisque sa dette est quasi doublée. Sans cela, son tiroir-caisse contiendrait près de 6 milliards $US. Au lieu de cela, il reste 2,7 milliards $US. Et nous apprenons que BARRICK GOLD envisage de développer des mines dans l'Arctique pour un coût de 6 milliards de dollars.

Le rapport de SUNCOR nous fait découvrir que la compagnie investit bon an, mal an près de 6 milliards de dollars dans différents projets pour pouvoir produire vers 2020, un million de barils par jour. Comme dirait in investisseur de la Salle Boursière de Charleroi : on commence à jouer avec nos r……s disons, moins crûment avec notre argent. Austérité et croissance semblent être deux mots bien à la mode et les électeurs et les investisseurs en ont probablement soupé. Un investisseur c'est-à-dire une personne qui PLACE son argent dans une société désire désormais que SON entreprise veille à une meilleure répartition de son flux de trésorerie entre le développement et la rentabilité de son placement.

Pour illustrer plus amplement cette nouvelle attitude de l'investisseur, voyons le cas de IMPERIAL OIL, une valeur bien aimée de nos vieux investisseurs.

Entre 1995 et 2006, IMPERIAL OIL réalisait bon an, mal an des flux de trésorerie de 3 milliards de dollars. La moitié allait aux projets de développement, l'autre était retournée aux actionnaires sous forme de dividendes et, surtout, sous forme de rachat d'actions. Durant cette période, le cours de l'action est passé de 15 $ à plus de 60 $. Depuis 2008, IMPERIAL OIL a modifié sa politique et consacre la presque totalité de ses flux de trésorerie à ses projets de développement. Depuis, l'action a baissé et végète pour l'heure à 43 $, juste au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours.

Mais pourtant, BARRICK GOLD a décrété une hausse de 33 % de son dividende et le cours de l'action a tout de même fléchi. Les investisseurs s'attendaient à mieux ; c'est-à-dire à un dividende de 3,5 %, voire de 4 %, et non à un dividende de 2 %. L'investisseur a le droit de sanctionner mais je pense qu'il devrait pouvoir mieux le faire par le biais des assemblées générales ou par des groupes de pression.

Permettez-moi de rappeler que le marché aime ce qu'il voit et une règle d'or est de ne jamais discuter le message des marchés. C'est une façon évidente pour ne pas perdre à chaque fois. Alors, en ce moment ? Que donnent les signes du marché ? Je pense que jeter un coup d'oeil sur les graphiques les plus intéressants n'est pas un luxe.

La volatilité repasse au-dessus de sa moyenne à 50 jours, rien de bien alarmant. Il en est de même du Value Line Geometric Index qui évolue entre deux moyennes. Il devrait chuter de 30 % par rapport à son plus haut pour déclarer une nouvelle crise boursière.

Au Nyse, les actions évoluent toujours au-dessus de leur moyenne mobile à 150 jours mais le score n'est plus que de 58.05 % et le MACD est baissier.

Le SPY est un bon indicateur. Il signale de nouvelles prises de bénéfices mais l'accumulation-distribution est toujours de bonne évolution. Nous évoluons désormais entre les deux moyennes mobiles. C'est un signe de faiblesse de marché.

Je l'ai souvent dit, si le marché continue à se déplacer lentement, à corriger et progresser ensuite, il reste dans ce qu'il est convenu d'appeler : un classique marché d'action haussier. Ce qui compte, c'est que la tendance à la hausse se poursuive.

Mais, maintenant, c'est clair, les bearich prennent de plus en plus de place et le drapeau rouge est en place. La moyenne à 50 jours est violée massivement. Pour le NYSE, il n'y a plus que 34.26 % des actions qui évoluent encore au-dessus de leur moyenne à 50 jours et le meilleur conseil est d'éviter des achats en ce moment. Juin sera perturbé, attendez le rallye dès le 5 juillet...

Nous n'avons plus que 35.40 % d'actions du SP-500 évoluant au-dessus de la moyenne à 50 jours.

Il faut examiner aussi la moyenne mobile exponentielle de 20 jours car elle est souvent un soutien important. Les bullish font tout pour garder la tête haute mais hélas, les ours ont bien manoeuvré et le climat est morose. La résistance a cédé et nous pourrions probablement tester le niveau de 1277 points.

La bourse corrige. Avez-vous assez de liquide pour moyenner dans quelques mois ?

Est-ce vraiment la peine de vendre maintenant alors qu'il y aura hausse en octobre/novembre prochain ?

Quid de la question des frais ?

C'est une année électorale donc en principe bénéfique pour la bourse, de même, le cycle décennal est positif selon la statistique.

Tout dépend de chaque portefeuille.

Je vous avais invité à une bonne réflexion sur ce sujet ; j'en parlerai à nouveau à la Salle Boursière. Je comprends que la théorie, c'est souvent « barbant » mais lorsque celle-ci est assimilée, on est plus enclin à la modération.

Un achat d'action devrait être aussi réfléchi que l'achat d'un beau meuble ou d'une voiture quoique cette dernière suggestion se fait souvent sur un coup de coeur.

Il n'y a pas d'amour en bourse et ceux qui le pratiquent avec une politique de buy and hold vieillissent souvent avec une manne de regrets.

Bonne lecture.

Je ferai mon prochain exposé à la Salle Boursière de Charleroi, le mardi 22 mail à 18 heures.