Le goût du mensonge

Le goût du mensonge

Mr Lecut évoque la production d'uranium au travers ENERGY FUELS INC et DENISON MINES. Il est aussi question des mines : NG (novaGold), NCQ (NovaCopper) mais aussi de ACTG, LYSCF, ARAFF, NYRSTAR, Facebook, Luminex, NYse, Spx, ...

Publié le 31/07/2012 par Roger Lecut | Les gazettes

Gazette précédente : Bientôt l'éclaircie | Gazette suivante : Nous ne sommes pas des gogos

C'est hélas la réalité, nous manquons de compétences pour minitieusement les marchés et nous nous fions en suivant à la lettre les conseils très intéressés de nombreux banquiers et conseillers de tout poil.

Cette gazette illustre quelques exemples. Le marché est souvent manipulé et les investisseurs même les plus aguerris deviennent bien souvent des pigeons.

Par curiosité, jetez un coup d'oeil sur les actions mentionnées dans cette gazette et vous comprendrez que les artifices développés par les conseillers ne tiennent vraiment plus la route et que l'analyse technique reste notre dernier recours en l'utilisant intelligemment et non pas mathématiquement. Il faut sortir des carcans et bien raisonner.

Bonne lecture

Roger LECUT

Professeur de Cyclologie boursière

Nous ferions mieux de profiter du soleil PARFOIS présent plus tôt que de nous apitoyer sur une bourse à la dérive. Le mensonge est vraiment orchestré. A titre exemplatif, prenons quelques exemples :

ENERGY FUELS INC est société de production d'uranium et de vanadium et d'exploitation de minéraux. La Société a récemment acquis la division minière américaine de DENISON MINES CORP, qui comprend l'usine d'uranium de White Mesa, et certaines mines de production dans l'ouest des États-Unis. C'est donc une spin-off détachée de la valeur DENISON MINES. Elle s'est effondrée dès le début de l'opération...

Mais voilà qu'après la grande lessive, les investisseurs préférant vendre le quota reçu plutôt que de compléter la position au vu de la dégradation de la cotation, apprennent qu'ENERGY FUELS INC ( EFR.TO ) a clôturé un appel de fonds en convertibles débentures subordonnées non garanties à taux variable pour un montant brut de 22.000.000 $. Le placement a été effectué par un syndicat de preneurs fermes qui ont acheté 22.000 débentures à un prix de 1000 $ pièce. Celles-ci viendront à échéance le 30 Juin 2017 et sont convertibles en actions ordinaires de la société à un prix de conversion de 0,30 $ par action ordinaire à tout moment avant le rachat ou à l'échéance. La Société entend utiliser le produit net du placement pour la préservation et le développement des mines existantes, la délivrance de permis et le remboursement de certaines dettes ainsi que pour le fonds de roulement de l'entreprise. Et comme par miracle, à cette annonce, des institutionnels reviennent massivement sur le marché et le titre s'envole à 0.185 $ Can après une chute à 0.14 $ Can. Le volume atteint les 1.733,573 actions contre une moyenne journalière de 620,762. Il fallait donc le bon réflexe On cote 0.20$ ce mardi.

D'autre part, la valeur DENISON MINES se porte mieux et les institutionnels reviennent dans le marché depuis la mi-mai.

Le fait de comprendre que dans un court terme, l'on ne s'en sortira pas sans le nucléaire relance les nouveaux achats d'uranium. Les stocks d'uranium ont d'ailleurs chuté durement ces derniers mois et les institutionnels reviennent sur le marché.

Les investisseurs viennent de prendre part à une autre distribution de spin-off. Nous avions en note la mine d'or NOVAGOLD. Curieusement, le milliardaire SOROS avait abaissé, en 2011 sa participation de 19 à 3.5 millions d'actions tandis que le milliardaire PAULSON maintenait la sienne à 20.200.000 parts. Cette mine est détenue également à 50 % par la société BARRICK GOLD. En 2012, NOVAGOLD a distribué la spin-off NOVACUPPER à ses actionnaires. Le cuivre, c'est un beau cadeau !!

Naturellement, NOVAGOLD a chuté suite à cette distribution. Mais, la nouvelle venue a fait de même alors que les Institutionnels étaient censés conforter leurs positions. L'assemblée générale de BARRICK GOLD a précipité ces deux valeurs soudainement vers le bas car la mine mère vient d'annoncer qu'elle mettait ces mines en veilleuse et ne tenait pas à investir maintenant dans ces terrains d'avenir. Que faire d'un terrain gelé en Alaska pour un investisseur normal ? La plupart ont préféré vendre malgré la riche teneur en minerais des deux mines.

PAULSON avait augmenté sa participation à 32 millions d'actions en NOVAGOLD sur base des renseignements publiés en mai 2012. Depuis mystère ? Est-ce lui qui vient de se dégager en NOVAGOLD et probablement en NOVACUPPER ? Nous l'apprendrons mais une fois de plus, bien trop tard.

Prenons un autre exemple : ACACIA RESEARCH, SOROS en détenait en mars 2012, plus de 2.500.000 actions. Selon l'agence Reuters, ACACIA RESEARCH CORP aurait triplé son bénéfice lors du deuxième trimestre car les ventes de licences de technologie et des programmes d'exécution avaient augmenté. Le bénéfice net s'est élevé à 6,3 millions de dollars, ou 13 cents par action, contre 2,1 millions de dollars, ou 5 cents par action, un an plus tôt. Les revenus ont augmenté de 27 pour cent à 50,5 millions de dollars.

Les actions de la société, qui acquiert et gère les droits de brevet à diverses technologies avaient clôturé le jeudi 19 juillet à 39,75 $ sur le Nasdaq. Comme il se doit, les analystes s'en félicitent et JPMORGAN estime que la forte dynamique de recherche d'Acacia va continuer à la suite des résultats du 2ème trimestre de l'entreprise. Elle relève donc son objectif de cours pour les actions à 55 $ au lieu de 52 $ et maintient une mention de « superforme » pour la valeur.

Vous seriez tenté d'acheter la valeur ou de moyenner vos achats précédents. Que fait la valeur ? A l'ouverture, les arrivants remettent des ordres d'achats mais la valeur s'effondre ensuite de 13,2% avec un très gros volume. Pourquoi ?

Le volume d'un titre exprime la façon dont les investisseurs sont excités à la nouvelle. Que se passe-t-il dans la tête des brokers ? La valeur d'investissement d'une entreprise peut être estimée en utilisant des ratios d'évaluation tels que le prix/bénéfice (P / E), le ratio du prix/croissance des bénéfices (PEG 0.64), le prix/vente (P/S 6.84), le prix/réserve (P / B), et le rendement du dividende. Lorsqu'il est utilisé de manière cohérente et uniforme, le ratio cours / bénéfices de la croissance (PEG)ratio est un outil essentiel qui ajoute une dimension au ratio cours / bénéfice.

Cela permet des comparaisons entre les diverses industries et de voir si on est toujours à l'affût de la valeur. ACTG a un ratio PEG de 0,64, ce qui est cohérent avec la moyenne de l'industrie. Le ratio P / E est un indicateur important de la valeur de marché. Il est de 10.54. Un grand P / E en soi n'est pas mauvais, car cela peut indiquer une société dont les revenus sont en très forte croissance. Les investisseurs regardent plus le ratio PEG afin d'obtenir une idée de savoir si oui ou non ce P / E ratio est justifié par la croissance du résultat opérationnel. Le PEG est de 0.30; il ne faut donc pas paniquer avec les mouvements du marché. Nous devons simplement garder un oeil sur de grands changements - juste au cas où ils sont matière à modifier notre thèse investissement.

Alors, raisonnons, ACACIA a chuté de près de 15% alors que la compagnie publie des gains meilleurs que prévu. Le bénéfice par action s'est établi à 0,43 $ par action et les analystes avaient estimé 0,24 $ en bénéfice par action. Les actions se négocient maintenant à des estimations de gains de 22.69. Le trader se dira : Les résultats ont été assez bons aujourd'hui, donc je ne serais pas un gros vendeur. Cela dit, cette entreprise peut être très volatile, donc je suis ne pas acheteur sur la correction de ce jour, simplement parce que je ne veux pas de risque associé à une entreprise de licences. Pourtant, l'entreprise continue de prospérer et vient d'ailleurs de conclure un nouveau marché avec la firme CITIGROUP. La cible est un cours futur espéré de 55.60. N'empêche que ceux qui ont acheté dernièrement sur de bonnes bases fondamentales sont devenus de bons pigeons. Entrer dans une valeur avant une chute impressionnante n'est vraiment pas une bonne opération et dommage pour ceux qui se sont fait prendre par JP MORGAN.

Nous avons connu l'aventure des terres rares et nous ne voyons toujours pas la sortie du tunnel. LYNAS et ARAFURA sont à des cours de misère à cause de l'attitude des écolos de Malaisie qui n'entendent pas faire fonctionner la nouvelle usine installée sur leur territoire malgré l'accord de leur gouvernement.

Pour la partie Belgique, NYRSTAR dont un des dirigeants a vendu un paquet d'actions dans la période légale avant publication des résultats a vu son cours s'effondrer non seulement sur cette annonce mais aussi sur les cours désastreux du zinc et la faiblesse de la demande du secteur automobile. Ces indicateurs n'étaient pas connus à l'augmentation de capital qui faisait miroiter des lendemains qui chantent. Moralité : les pigeons, ce sont toujours les investisseurs. Maintenant, la valeur essaie de se remettre dans un trend haussier avec une nouvelle cible de 6 euros. Ne reste plus qu'à moyenner les achats et en ce moment, cela soutient les cours.

Moralité, les fondamentaux édictés par nos banquiers étaient très positifs et incitaient à l'achat. L'analyse technique aurait dû être mieux suivie. Elle recommande toujours de ne pas investir lorsque le cours évolue sous ses moyennes. Nous remarquons deux tentatives de percement depuis mai 2011 mais c'était vraiment un couteau qui tombe. Dommage, on y croyait vraiment en début de 2012. Selon les dirigeants, ce n'est que partie remise. Les bénéfices viendront doper le titre en 2013 ET LES INVESTISSEURS SEMBLENT REVENIR SUR LA VALEUR.

Vous avez connu aussi le scandale de l'introduction boursière de FACEBOOK où selon des dires à vérifier par les tribunaux, certains clients avaient été avisés par la banque introductrice de la glissade probable de la valeur. Il fallait déjà vendre le jour de l'introduction après l'envolée du début de séance compte tenu de certains fondamentaux trafiqués. Des pigeons de plus.

La firme BERNSTEIN up-grade cette valeur. De nouveaux pigeons en perspective ???

Vous allez dire que je suis sévère mais je viens encore de recevoir deux avis complétement différents sur la firme d'instruments médicaux et de services LUMINEX ; elle est up-gradée par PIPER JAFFRAY et dégradée par WILLIAM BLAIR.

Les investisseurs viennent de faire leur choix. Elle glisse encore ce 31 juillet de 4.5 %. Et si PIPER JAFFRAY avait raison ? C'est vraiment difficile actuellement de faire ses emplettes. On joue avec notre manque d'informations et sur notre incompétence à trier le vrai du faux.

Dernièrement, je lisais un article vantant les mérites de la « future » voiture à air comprimé. C'est vrai, il fallait y penser. Mais en cherchant bien dans les milieux plus spécialisés, j'apprends que ces moteurs thermiques ont intrinsèquement un rendement très faible, 20% en usage normal (18% pour le moteur-essence, 23% pour le moteur diesel).

Cela signifie que quand vous achetez un litre de carburant, seul un cinquième de ce litre fera effectivement avancer votre véhicule, le reste sera perdu. Intéressant pour celui qui vend le carburant, beaucoup moins pour celui qui l'achète... D'autre part, à en croire les experts, même si tous les problèmes techniques étaient résolus, la voiture à air comprimé présenterait encore un rendement global et un bilan CO2 médiocres (compte tenu de l'électricité utilisée par le compresseur remplissant le réservoir).

En l'absence d'éléments tangibles, la voiture à air comprimé apparaît aujourd'hui comme une chimère, elle reste un mirage de plus pour les pigeons qui investiraient dans ce genre de sociétés. Je ne vous parlerai pas du scandale du LIBOR qui pourrait conduire à des torrents de poursuites et des amendes potentielles pour les banques concernées, en particulier si les courriels incriminants de la manipulation des taux sont mis au jour. Nous ne sommes pas toujours clairvoyants et applaudissons toute initiative pour autant qu'elle nous conforte dans nos espérances boursières. Les journaux financiers titraient en première page : MARIO DRAGHI déclare que la BCE fera "tout pour préserver l'euro".

Nous semblons ignorer que BERNANKE avait promis la même chose aux USA et avait ajouté qu'il larguerait des dollars par hélicoptère, s'il le fallait, pour enrayer la crise.

Comment va donc opérer MARIO DRAGHI puisque la pierre d'achoppement est énorme ; c'est l'Allemagne qui ne s'est guère montrée accommodante sur le sujet.

Vous le savez aussi bien que les marchés, actuellement le rayon d'action de la BCE est strictement limité. Nous pouvons aussi nous demander pourquoi cette solution miracle n'est pas venue plutôt au secours de l'Espagne avec les agences de notation et sa contamination qui a frappé l'Italie. Faire redescendre les taux d'intérêt des nouveaux prêts souverains était déjà primordial dans les premiers temps.

Je pense que tout le monde désire que l'Euro retrouve une saine consolidation mais pour traduire ces belles intentions en actes, il va falloir des semaines et des mois de discussions, de concessions, d'arbitrages et de pressions. Regardez déjà le différend entre Hollande et Angela. Ce sont deux clans qui s'affrontent. Verrons-nous enfin la sortie du marasme avant les élections américaines ?

La difficulté majeure est de faire accepter par les allemands que la BCE doit acheter de la dette souveraine des Etats membres.

Si cela est impossible, alors le marché va basculer à nouveau dans le néant. Espérons de tout coeur que DRAGHI ne nous prenne pas pour des pigeons et que ses dires ne soient pas un coup de bluff pour dégeler momentanément la situation périlleuse de l'Euro. Ce serait un mensonge de plus. Nos traders font semblant de le croire et agitent la bourse dans le bon sens.

Si les investisseurs cessent de les croire, les médias en parleront sans tarder et la chute sera terrible. Rassurons-nous toutefois. Les indicateurs restent stables et marquent une certaine confiance pour le futur.

53.85 % des actions du NYSE évoluent au-dessus de leur moyenne à 150 jours et nous sommes en passe de passer au-dessus de la moyenne à 200 jours de cet indicateur.

Le SP-500 évolue dans un trend haussier bien établi depuis le début de juin. Restons confiants.

Le ratio Prix de consommation de base sur la consommation du secteur donne une courbe baissière. Il indique que c'est le moment d'acheter des actions. Vous le voyez en le comparant avec le graphique du SP-500 ci-dessus. Un ratio prix à la baisse signifie que le secteur sous-performe par rapport à la consommation et que la relance de l'outil sera nécessaire.

Bonne lecture, bonnes vacances et surtout moins de tracas.