La hausse se prépare

Analyse du CAC40, BEL, DOW JONES, EUR/USD, le DOW JONES depuis 1983, SPX. Il y a aussi une analyse sur les prochaines élections américaines à venir.

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Que faire en ce matin pluvieux du 4 octobre. Le climat est morose. La bourse est hésitante mais résiste tant bien que mal. Aucun indicateur économique n'est attendu sinon que les professionnels observeront les résultats d'une adjudication d'obligations françaises (OAT), au cours de laquelle l'Agence France Trésor cherchera à lever de 7 à 8 milliards d'euros. Le taux en dira long sur les déboires du régime socialiste français.

Roger LECUT Professeur de Cyclologie Boursière.

Que faire en ce matin pluvieux du 4 octobre. Le climat est morose. La bourse est hésitante mais résiste tant bien que mal. Aucun indicateur économique n'est attendu sinon que les professionnels observeront les résultats d'une adjudication d'obligations françaises (OAT), au cours de laquelle l'Agence France Trésor cherchera à lever de 7 à 8 milliards d'euros. Le taux en dira long sur les déboires du régime socialiste français. Le CAC 40 nous montre clairement le climat malsain qui règne dans l'hexagone.

Bien entendu, à l'approche des élections américaines, rien ne va dans le bon sens trois jours de suite. C'est le marathon pour dévier les mauvaises nouvelles et encenser les bonnes. Les médias ne sont pas nécessairement des instruments de communication sans intérêt direct avec les élus probables. Ce matin, c'est une journée rouge qui commence malgré la bonne tenue des places américaines et asiatiques. Les investisseurs semblent attendre la parution de nouveaux indicateurs clés ainsi que l'annonce des décisions de politique monétaire de la Banque d'Angleterre et de la Banque centrale européenne (BCE). Nous sommes aussi dans l'attente de la décision espagnole au sujet de sa demande d'aide afin de stabiliser son déficit. Qui sait ce qu'elle va dire ? En attendant, l'attente est longue et l'anxiété augmente la volatilité des marchés.

On me fait souvent le reproche de ne regarder que le marché américain. Il est probablement « arrangé » pour ne pas dire manipulé mais le résultat est probant : la hausse est présente et les statistiques économiques solides. Le tracas des investisseurs américains est pour une grosse part, les incertitudes en termes de croissance et l'évolution de la crise de la zone euro.

Bien entendu, il y a encore les élections prochaines et la révélation de faits troublants qui se révèlent au grand jour alors qu'ils n'avaient eu aucune incidence au moment des faits. Ce qui est politique n'est pas toujours très reluisant. En Belgique, nous connaissons ce phénomène avec une régularité particulière à chaque élection et Dieu sait combien, il y en a eu depuis l'entrée au XXI siècle.

Beaucoup de fondamentalistes attendent aussi avec un certain énervement la période de publication des résultats du troisième trimestre. Compte tenu du climat économique actuel, ils ne devraient pas être très bons, je dirais même plus : pas bon du tout. Aux USA, les statistiques sur l'emploi privé et sur le secteur des services donnent un soutien certain au Dow Jones.

Comme je l'ai dit dernièrement à la salle boursière de Charleroi, les marchés seront maussades jusqu'au 15-20 octobre de cette année. Ensuite, ce sera un beau rally et il faudra en profiter pour retrouver des liquidités pour aborder l'an prochain. Le départ haussier se fera lorsque l'Espagne demandera de l'aide et elle le fera forcée ou pas (elle met le sort de l'euro en jeu) à une date proche du sommet européen du 18 octobre. Les taux européens ne devraient pas varier en ce moment ; il est vrai qu'après l'abaissement en juillet, le principal taux directeur est à un point bas historique de 0,75%. Déjà, nous constatons que les emprunts à maturité longue commencent à reculer, tandis que ceux à échéance plus courte commencent à progresser. Les signaux économiques assez contrastés des régions économiques du Monde contribuent ainsi à l'équilibre global de la demande de valeurs refuges.

Le dollar gagne du terrain soutenu par de bonnes statistiques sur l'emploi privé et l'activité du secteur des services. La reprise économique pourrait être en train de s'accélérer. Cette évolution haussière n'incitera certainement pas la FED à revenir sur sa politique d'assouplissement quantitatif QE3. Comme vous le voyez, à mon avis, les investisseurs vont privilégier les investissements en dollars. Il devient à nouveau une valeur refuge au vu des perspectives de croissance peu encourageantes en Europe et aussi en Chine. Que nous dit la cyclologie dans ce cas typique : un mois d'octobre qui a historiquement mauvaise presse (quoique, c'est le mois de septembre qui est le plus mauvais en statistiques) et l'approche des élections américaines. Il faut examiner la tendance saisonnière de l'année électorale.

La saisonnalité est le problème.

Sauf pour le mois de mars, le marché a suivi la tendance saisonnière de la 4ème année du cycle présidentiel d'assez près et selon les charts historiques, une à deux semaines de baisse sont prévisibles en octobre. Ce qui est rassurant, c'est qu'il ne devrait pas y avoir de sérieux déclins sauf s'il y avait de nouveaux plus bas en construction et ce n'est pas le cas. On évite donc le danger de la loi de Dow.

Beaucoup examinent les 5 premiers jours de bourse au cours du mois d'octobre de la 4ème année du cycle présidentiel pour se faire une idée sur le comportement boursier d'octobre. Lors des élections américaines de 1992, les cinq premiers jours d'octobre ont vu la bourse baisser de 3.28 %. En 1996, cela donne une hausse de 2.32 % ; en l'an 2000, une chute de 1.91 % et en 2004, plus 1.45 %.

En 2008, la bourse a chuté de 15,29 %. Les rendements moyens sont négativement biaisés par une semaine très mauvaise en 2008, mais, en omettant 2008, les rendements moyens n'atteignent que 0.42 %.

Depuis 1963, en examinant toutes les années, la bourse OTC (Over The Count) a été en hausse au mois d'octobre 58% du temps avec un gain moyen de 1,0%. Au cours de la 4ème année du cycle présidentiel, le mois d'octobre a été 45 % du temps en chute avec une perte moyenne de 1,4% (considérablement aidé par une perte de 16,8% en 2008). Le meilleur mois d'octobre pour l'OTC était en 1974 (+17,6%) et le pire (vous vous en souvenez tous), 1987 (-27,9%). Octobre a en moyenne 21 jours de bourse. Performance moyenne quotidienne au cours de toutes les années pour le SPX en octobre en rouge et la performance au cours de la 4ème année du cycle présidentiel en noir.

Depuis 1928, le SPX a été en hausse en octobre 61% du temps avec un gain moyen de 0,3%. Au cours de la 4ème année du cycle présidentiel, le SPX a été en hausse 71% du temps avec une perte moyenne de -0,2% (aidé par les pertes de 14,6% en 1932 et 16,6% en 2008). Le meilleur mois d'octobre pour le SPX a été 1974 (+16,6%) et le pire en 1987 (-23,1%).

Depuis 1885, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a été haussier 56% du temps en octobre avec un gain moyen de 0,2%. Au cours de la 4ème année du cycle présidentiel le DJIA a été en hausse 65% du temps en octobre avec un gain moyen de 0,7%. Le meilleur mois d'octobre pour le DJIA a été 1988 (+12,6%) et le pire, le bien connu 1987 (-24,5%). Le caractère saisonnier suggère donc une faiblesse persistante pour les quinze premiers jours d'octobre 2012.

Voici huit secteurs qui sont perçus comme étant les bénéficiaires si le président Obama est réélu, et huit autres secteurs qui pourraient probablement faire mieux sous le régime républicain. Nous pensons qu'il est logique que le secteur des soins de santé préfère les démocrates depuis la loi d'Obama sur les soins abordables mais nous ignorions que le secteur Food & Staples Retailing était lié au programme démocrate parce que les Walmart du monde avaient tendance à faire mieux avec une population à faible revenu.

D'un autre côté, l'appui des républicains pour le forage en mer, ainsi que leur attitude moins hostile envers la réglementation bancaire donnent à ces secteurs un soutien politique important et évident. Mais si vous prenez les secteurs d'électricité, les républicains les soutiennent pour deux raisons : moins de réglementation et un engagement à réduire les impôts sur les dividendes, une préoccupation majeure des investisseurs publics. Selon un sondage auprès des investisseurs, il y a une "projection assez forte pour les démocrates", depuis le mois de juin, suite à la décision Obamacare de la Cour suprême, et depuis début septembre, quand la reprise de constructions de maisons a dominé le marché.

Un sondage initial de la CNN avait donné Romney gagnant aujourd'hui avec 67% contre 25% pour Obama et le sondage final de la CNN donne comme gagnant du premier débat électoral télévisé : 22 % à Obama et 78 % à Mitt Romney. Les sondages sont donc intéressants.

Selon des probabilités d'instituts de sondage, si Obama est donné à 48% et Romney à 52% pour les élections finales, le président sortant pourrait obtenir entre 46% et 52%, et son challenger entre 50% et 54%. Rien n'est encore gagné. Le suspense jusqu'au lendemain de l'élection !!!! Le président Obama semble payer le prix de ne jamais avoir pris la peine de dire au public la vérité sur la nature de la crise. Les USA ont une économie faible en raison de la bulle immobilière qui s'est effondrée. Cet effondrement a provoqué un déficit total de la demande du secteur privé de 1,2 milliards de dollars. C'est quasi impossible à rattraper dans le climat économique actuel.

La demande ne suit plus et les exportations ne comblent pas le manque de demande intérieure. C'est une arithmétique incontournable. Le fait que presque personne ne comprend ces faits de base, y compris la plupart des journalistes couvrant la campagne, est en grande partie faute du président Obama puisqu'il n'a pas pris la peine de les expliquer au public. Ce manquement va maintenant faire que sa réélection sera beaucoup plus difficile.

Ce que proposent les candidats :

Barack Obama Création d'un million d'emplois dans le secteur manufacturier d'ici à 2016 en encourageant les entreprises à "relocaliser" leur production aux Etats-Unis notamment par des mesures fiscales. Doublement des exportations pour soutenir l'emploi. Réduction de moitié des importations énergétiques d'ici à 2020 via le développement des ressources gazières et des énergies "vertes". Investissements dans les programmes d'enseignement et de formation professionnelle, avec pour objectif de parvenir à la première place mondiale en termes de diplômés du supérieur d'ici à 2020. Formation et recrutement de 100.000 enseignants de matières scientifiques. Politique de grands travaux d'infrastructures.

Mitt Romney Création de 12 millions d'emplois en faisant repartir la croissance par la baisse des impôts, la déréglementation, l'ouverture de marchés extérieurs et le développement des ressources pétrolière et gazière américaines. Refonte des programmes de formation fédéraux pour les décentraliser dans les Etats. Création de comptes individuels de formation. Relèvement des quotas de visas pour les étrangers hautement qualifiés. L'évolution du chômage américain. Obama avait promis un taux de 5.40 % à la fin de son mandat.

Vivement le 18 octobre pour voir de meilleurs graphiques boursiers.

Je ferai mon prochain exposé à la Salle Boursière de Charleroi, le mardi 16 OCTOBRE à 18 heures.