Comprendre les différences comptables pour mieux analyser les entreprises !
Lorsqu’on analyse les résultats financiers d’une entreprise cotée en bourse, il est fréquent de voir deux types de chiffres : ceux présentés selon les normes GAAP et ceux présentés en non-GAAP. Pour un investisseur, comprendre ces deux notions est essentiel, car elles influencent directement les indicateurs clés comme le bénéfice net, le BPA (bénéfice par action) ou encore le PER.
Qu’est-ce que le GAAP ?
Le terme GAAP signifie Generally Accepted Accounting Principles, soit les principes comptables généralement reconnus. Ce sont les normes officielles utilisées pour présenter les états financiers d’une entreprise, notamment aux États-Unis. Elles imposent une certaine rigueur en incluant :
- Les amortissements et dépréciations
- Les charges exceptionnelles (restructurations, contentieux)
- Les coûts d’acquisition
- La rémunération en actions (stock-based compensation)
Ces normes permettent de comparer objectivement les entreprises entre elles. Cependant, elles peuvent donner une image ponctuellement dégradée de la rentabilité, notamment si l’entreprise a eu à gérer des événements non récurrents.
Qu’est-ce que le non-GAAP ?
Le non-GAAP correspond à des mesures ajustées par l’entreprise elle-même, qui choisit d’exclure certains éléments jugés non représentatifs de son activité opérationnelle courante.
Par exemple, une entreprise peut présenter un résultat net non-GAAP plus élevé que celui calculé selon le GAAP, en excluant des charges comme :
- Les coûts liés à une acquisition exceptionnelle
- Les pertes ponctuelles ou litiges
- Les charges de restructuration
- La rémunération en actions (très fréquente dans le secteur technologique)
Ces données permettent aux analystes et investisseurs de mieux comprendre la performance récurrente de l’entreprise. Toutefois, elles ne sont pas réglementées et varient d’une société à l’autre.
Avantages et limites du non-GAAP
Avantages :
- Meilleure visibilité sur la performance opérationnelle
- Plus pertinent pour les entreprises en forte croissance
- Permet de neutraliser les effets exceptionnels
Limites :
- Manque de standardisation
- Risque de présentation trop avantageuse des résultats
- Peut masquer des problèmes structurels si mal interprété
Exemple : AMD en 2024
Pour l’exercice 2024, AMD a publié deux résultats très différents :
- Bénéfice net GAAP : 1,64 milliard $
- Bénéfice net non-GAAP : 5,4 milliards $
La différence provient de l’exclusion de charges d’acquisition, de rémunération en actions et d’autres éléments non récurrents dans le calcul non-GAAP. Cette pratique est très courante dans les entreprises technologiques.
Quel impact sur le PER ?
Le PER (Price Earnings Ratio) est calculé à partir du bénéfice par action. Or, ce BPA peut être très différent selon qu’on prenne la version GAAP ou non-GAAP. Cela peut donner un PER très élevé (moins attractif) ou plus faible (plus favorable) selon les choix de l’analyste.
➡ Pour une explication complète sur le PER et son interprétation, lisez notre article dédié : Comprendre le PER
En conclusion
Comprendre la différence entre GAAP et non-GAAP est crucial pour tout investisseur qui analyse les performances d’une entreprise. Les chiffres non-GAAP peuvent être utiles pour mieux apprécier la dynamique opérationnelle, mais ils doivent toujours être analysés avec recul. Idéalement, comparez les deux versions des résultats et renseignez-vous sur les ajustements effectués.