Le Money management (MM)

Article mis en ligne le 23 novembre 2025

A quoi ça sert ?

Le money management consiste à gérer votre compte boursier de manière à ne pas perdre de l’argent (limiter les pertes) sur le court terme, afin d’espérer réaliser des profits à long terme.

Lorsqu’on débute en bourse, on pense surtout aux gains, mais on ne pense pas vraiment aux pertes potentielles. Vous devez absolument protéger votre capital avant toute chose.

Dans un premier temps, le but est de limiter les pertes. Ça doit rapidement devenir une obsession, surtout en trading. Le fait de ne pas perdre d’argent vous permettra de durer en bourse. Plus vous allez maîtriser votre capital, plus vous aurez du temps pour apprendre la bourse. Plus vous apprendrez de choses (technique, money management, psychologie), plus vous serez efficace pour gagner de l’argent sur la durée.

Pour résumer, le money management vous permettra :

  • de protéger votre capital, qui est plus important que tout le reste ;
  • de vous donner du temps (capital préservé) pour apprendre sans avoir à remettre de l’argent sur votre compte ;
  • d’être gagnant sur le long terme, quel que soit votre profil ;
  • de bien gérer les risques ;
  • de ne pas subir un retournement de marché ;
  • de ne pas subir un krach boursier ;
  • de ne pas vous poser trop de questions en permanence ;
  • de ne pas être stressé à cause de pertes latentes trop fortes.

Le capital de départ

Que vous soyez investisseur ou trader, il est préférable d’avoir un capital assez conséquent pour commencer.

En effet, avoir des liquidités permet de pouvoir agir à n’importe quel moment.

  • Si vous êtes investisseur, avoir des liquidités vous permettra d’acheter des titres en cas de chute des marchés, en étalant vos achats dans le temps.
  • Si vous êtes trader, vous pourrez être sur plusieurs dossiers en même temps (avec l’habitude).

Quel que soit votre profil, je conseille un capital de départ d’au moins 5 000 €. Cela vous permettra d’avoir plusieurs lignes et, en même temps, des liquidités.

Si vous n’avez pas cette somme et/ou que vous n’êtes pas à l’aise à l’idée de perdre une partie de ce capital, vous pouvez (et même devez) commencer avec moins de capitaux afin de vous familiariser avec la bourse en prenant un risque financier moins important.

Dans tous les cas, votre capital de départ ne doit pas être trop important par rapport à vos revenus, votre patrimoine, etc.

En bourse, il faut rester serein : si vous avez l’impression de « jouer votre vie » avec un capital boursier trop important, vous serez stressé et donc moins performant !

L’engagement

Lorsque vous prenez une position (achat ou vente à découvert d’un actif boursier), vous engagez une partie de votre capital boursier. Chaque ligne représente un pourcentage de votre portefeuille (votre capital).

Il est vraiment important que chaque ligne de votre portefeuille représente un pourcentage faible de votre capital. J’insiste sur le fait que c’est vraiment très important ! Ne négligez surtout pas cet aspect.

Plus votre actif sera risqué (forte volatilité, tendance baissière de long terme, mauvais fondamentaux, secteur en crise, etc.), plus votre position devra être faible.

Pour être concret, que ce soit en trading ou en investissement, il faut que vos lignes représentent au maximum 10 % de votre capital. Je recommande même une position entre 3 % et 6 % suivant le niveau de risque de l’actif.

En bourse, compléter ses positions actuelles peut s’avérer payant, mais il faut le faire correctement, sinon il vaut mieux s’abstenir.

Avant d’augmenter la taille de vos lignes, il faut bien connaître la différence entre moyenner une position et fractionner un achat. Je vous explique cela :

Moyenner une position

Moyenner, c’est par exemple prendre une première position de 10 000 €. Cette position représente un engagement raisonnable (cf. chapitre ci-dessus). Puis, lors d’une baisse du titre, vous reprenez la même quantité pour faire baisser votre prix unitaire.

Dans ce cas, vous vous retrouvez avec une position d’environ 20 000 € alors que ce n’était pas prévu. Vous êtes donc sur-engagé sur le titre. Or un investissement ne doit représenter qu’un faible pourcentage de votre portefeuille.

Vous devez faire très attention à cela : en étant trop engagé, vous ne respectez plus les bases du money management en bourse !

Fractionner un achat

À l’inverse, le fractionnement ne vous engage pas à plus que ce que vous avez prévu au départ.

Reprenons le même exemple : vous comptez mettre 10 000 € sur un titre, avec un engagement raisonnable par rapport à votre capital. Une stratégie consiste à acheter par lots fractionnés sur des seuils importants, en utilisant l’analyse technique ou des niveaux de valorisation intéressants.

Un exemple : vous allez prendre 4 lots de 2 500 € sur certains seuils pour arriver à 10 000 €, ce qui représente la somme totale que vous comptiez mettre au départ sur le titre. Les lots peuvent aussi être de tailles différentes. Mais dans ce cas, vous respectez un bon money management.

Les liquidités

Suivant le contexte, vous devez garder plus ou moins de liquidités sur votre compte. Avoir des liquidités lorsque le marché devient compliqué, c’est une bonne chose : cela vous permet d’agir lorsque le contexte sera plus adapté à votre façon de trader ou d’investir (par exemple après une correction ou lorsqu’une zone technique intéressante est atteinte).

Les liquidités sont une forme de protection : elles limitent votre exposition globale et vous donnent de la flexibilité.

L’effet de levier

Attention à l’effet de levier.

Si vous êtes sur des marchés qui proposent l’effet de levier, vous serez peut-être tenté de l’utiliser. Dans ce cas, votre capital boursier sera vite très exposé. En effet, vous pourrez perdre 5 %, 10 %, 50 % ou plus de la valeur de votre position en quelques minutes si le levier est élevé et que cela ne se passe pas comme prévu (chute brutale d’un titre alors que vous êtes à l’achat, par exemple).

N’utilisez pas l’effet de levier lorsque vous débutez, et même après ! Ou alors avec un très bon dosage et en connaissance de cause.

La gestion des pertes

La gestion des pertes est primordiale en bourse !

Calcul de la perte potentielle

Dès que vous prenez une position, que ce soit en trading ou sur un investissement, vous devez connaître votre perte maximale potentielle.

Lorsqu’on débute en bourse (et même après), on a tendance à penser surtout aux gains potentiels. D’ailleurs, les objectifs de gains sont souvent surréalistes…

Le niveau maximum de perte tolérée sur un actif doit être déterminé par votre stop loss (ou stop mental) initial. Si celui-ci est exécuté, vous serez en perte, mais vous ne serez pas surpris du montant (en euros) car il aura été déterminé à l’avance.

Limiter les pertes

En trading, les stops de protection permettent de limiter et de contrôler les pertes sur une position. Limiter les pertes est obligatoire si vous voulez faire des plus-values sur une longue durée.

Les stops permettent :

  • de couper une position sans vous poser de questions ;
  • d’être tranquille si vous n’êtes pas disponible (vous travaillez par exemple).

Ils doivent être placés :

  • en fonction de la perte que vous pouvez encaisser sur la position (% de perte × engagement sur la position) ;
  • mais aussi en fonction de données techniques (analyse technique, niveaux graphiques, zones de support/résistance, etc.) et, éventuellement, de quelques éléments fondamentaux.

Si vous ne mettez pas de stop loss (SL), la perte maximale pourra être très élevée (entre 50 % et 100 %).

Si vous êtes un investisseur long terme et que vous ne souhaitez pas mettre de stop, alors votre gestion devra compenser les pertes réalisées et potentielles :

  • plus-values sur certains dossiers ;
  • faible engagement par valeur ;
  • réinvestissement de plus-values réalisées ;
  • étalement des achats ;
  • diversification ;
  • fractionnement ;
  • etc.

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