📘 Ce billet rassemble l’essentiel des réflexions de Roger Lecut partagées sur Bourse Attitude entre 2003 et 2025.
Pensée comme un fil conducteur à travers ses écrits, cette synthèse à la première personne préserve son ton direct et sans fard, en se concentrant sur les principes intemporels de l’investissement.
Elle s’adresse aussi bien aux novices qu’aux investisseurs aguerris, soucieux de développer une approche rigoureuse, réaliste et durable des marchés.
Les contenus ont été organisés par année et regroupés par grandes thématiques, pour offrir une lecture claire, pédagogique et fidèle à l’esprit de transmission de Roger Lecut.
2025
🧠 Psychologie de l’investisseur
Nous n’avons pas fini de rêver dans ce monde en perpétuelle révolution. Le tout est de rester lucide : trier le sérieux du tapage, et surtout ne pas se laisser conduire par le doute ou la peur. Quand l’orage arrive, l’investisseur pressé devient impulsif… et l’investisseur fragile devient mouton.
Je le répète : il ne faut surtout pas vendre en panique, ni acheter trop vite. Les effets de manche passent souvent plus vite que les décisions irréparables. La Bourse n’est pas un casino : elle punit l’improvisation et récompense la patience.
🛡️ Gestion du risque et sang-froid
Restons les pieds sur terre : dans les périodes agitées, je préfère laisser la tempête s’apaiser plutôt que de courir après des promesses « très avisées » et « très prometteuses ». Il y aura toujours une nouvelle histoire à vendre : secteurs “défensifs” à la mode, métaux soi-disant miracles, projets grandioses… et beaucoup de déçus après coup.
Quand je sens l’orage, je conserve du liquide pour les dépenses prévues, et je garde ma discipline : je n’achète pas une valeur qui évolue sous ses moyennes mobiles. Les moyennes font souvent fonction d’élastiques : elles rappellent les excès à l’ordre, et elles aident à lire la force des acheteurs et des vendeurs.
⚙️ Mécanismes de marché
Les marchés cherchent toujours une direction, mais ils ne la trouvent pas sur commande. Je préfère regarder l’évolution des secteurs : ils confirment une orientation… ou ils déçoivent. Les médias vous racontent le monde ; les graphiques vous montrent la Bourse.
Je reviens souvent à cette évidence : c’est l’éternelle loi de l’offre et de la demande. Quand le financement devient plus cher, tout se répercute : États, entreprises, banques, ménages… et donc valorisations. Le mécanisme est simple dans son principe, mais redoutable dans ses effets.
🧾 Actions ou obligations : ne pas confondre patrimoine et dettes
J’entends souvent : « les obligations, c’est plus sûr ». Attention aux idées faciles. Acheter une action, c’est acheter une part de patrimoine industriel. Acheter une obligation, c’est acheter une part de dettes : le remboursement dépend de la capacité de l’émetteur à honorer ses engagements, et le risque de défaut n’est pas un détail de brochure.
En période de tensions (inflation tenace, incertitudes, taux longs instables), je reste méfiant : l’obligation peut sembler rassurante, mais l’inflation grignote, et le « sans risque » devient parfois un mot creux. Je préfère la logique des actions de qualité, à condition de respecter la tendance et la méthode.
📚 Définitions & concepts boursiers
On me demande souvent comment font « les plus riches ». Le principe n’est pas magique : ils sécurisent un capital, puis l’utilisent comme levier (garanties, financement, rendement supérieur au coût). Comprendre cela, c’est comprendre comment le capital se déplace.
Autre idée simple : quand une valeur a déjà beaucoup grimpé, une prise de bénéfices devient logique. Il n’y a aucune honte à choisir une porte de sortie quand on estime que la foule s’emballe, ou quand le volume raconte une histoire différente des titres enthousiastes.
🥇 Valeurs refuges : l’or, les mirages, et le besoin d’être rassuré
Je l’ai vu mille fois : quand l’angoisse monte, l’humain cherche un objet qui rassure. L’or a ce pouvoir psychologique : sa brillance, sa solidité, son histoire.
Mais je garde une règle de bon sens : l’or n’est pas une spéculation, c’est une assurance. Beaucoup d’esprits prudents parlent d’une allocation raisonnable (par exemple 10 à 15% du portefeuille), pas d’un pari total. Et surtout : ne pas confondre l’or et les mines… les mines obéissent à d’autres lois, souvent plus violentes.
Quant aux « nouveaux instruments » vendus comme des évidences, je reste prudent : les modes tournent, les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel, et les vendeurs de rêves trouvent toujours un nouveau costume. On n’achète pas ce que l’on ne comprend pas.
🧭 Méthodologie personnelle
Je reste fidèle à ma colonne vertébrale : s’informer, réfléchir, agir (dans cet ordre). Je n’ai jamais aimé « boursicoter ». Je préfère acheter de la qualité, bien dormir sur son acquis, et ne pas me tourmenter de toutes les fantaisies du moment.
Je regarde d’abord si un titre évolue au-dessus de ses moyennes, si les volumes confirment, et si le mouvement est sain. Les objectifs d’analystes peuvent donner des repères, mais je garde la tête froide : parfois, l’enthousiasme public sert aussi à soutenir un cours. Le graphique, lui, ne fait pas de discours : il tranche.yer sur du concret, du raisonnable, du réfléchi. Voilà ce que je m’efforce de transmettre.
2024
🗓️ Année 2024
🧠 Psychologie de l’investisseur
La Bourse monte, mais l’investisseur doute. Et c’est justement quand tout va bien qu’il faut redoubler de vigilance, pas de panique.
J’ai toujours été convaincu que les mouvements les plus dangereux en Bourse sont ceux de notre esprit. En 2024, j’ai vu des investisseurs céder à la tentation de “vendre trop tôt” ou de “renforcer trop vite”, simplement parce que le marché ne collait pas à leurs attentes intérieures.
Il faut en Bourse : s’informer, réfléchir, et seulement ensuite… agir.
Beaucoup veulent gagner vite. Mais je dis souvent : l’impatience est la taxe des pressés. Le vrai secret, c’est la méthode et la patience.
Il ne faut pas confondre tendance haussière et illusion durable. Une bougie verte n’est pas une promesse.
🧠 Maîtrise de soi et impulsivité
Il est facile de cliquer. Il est plus difficile de le faire au bon moment.
Dans un article spécial, j’ai insisté sur l’importance de contrôler son impulsion. Tout investisseur est tenté d’agir « dans le feu » : par peur de perdre, par excitation, ou pour copier les autres.
Mais une bonne décision n’est jamais impulsive. Elle est issue d’un raisonnement calme, d’un plan préétabli. Je recommande toujours de se poser trois questions avant d’agir :
- Pourquoi je fais ça maintenant ?
- Qu’est-ce que je cherche à éviter ?
- Et si j’ai tort, que se passe-t-il ?
C’est en sachant s’abstenir qu’on prend les meilleures décisions.
⚙️ Mécanismes de marché
En Bourse, tout est cyclique : les tendances, les erreurs, les modes.
En 2024, j’ai vu revenir les discussions sur les taux, les rachats d’actions, les grandes manœuvres bancaires, comme si c’était nouveau. Et pourtant, ce sont les mêmes ingrédients que dans les décennies précédentes.
J’ai aussi évoqué la transition du télétravail… puis le retour au bureau. Des bureaux détruits, des appartements rénovés, puis à nouveau… la demande de bureaux. Voilà le cycle. Il faut comprendre que le marché n’avance jamais en ligne droite.
Ce n’est pas parce qu’un thème est populaire qu’il est durable. L’IA, les batteries, les ETF à levier… tout cela suit des modes. Il faut distinguer le fond de la forme.
📈 Gestion boursière
Je préfère accumuler sur faiblesse que de courir après les bougies vertes.
J’ai rappelé l’importance des niveaux graphiques : support, résistance, cassure, volume. Ce sont des repères simples mais efficaces. J’insiste souvent sur le retournement haussier en cours comme signal majeur. Pas besoin de deviner. Il suffit de lire les signaux.
Quand le marché recule alors que les nouvelles sont bonnes, c’est que quelque chose ne va pas. Et inversement.
J’invite aussi à surveiller les entreprises qui réduisent leur dette, rendent du capital aux actionnaires, ou changent de stratégie à contre-cycle. Ce sont souvent des signes d’intelligence de gestion, donc de potentiel.
📚 Définitions & concepts boursiers
Un dividende n’est pas un cadeau. C’est une part de votre propre gâteau.
Je rappelle souvent les bases : PER, BPA, rendement, taux de distribution. Mais au-delà des chiffres, il faut comprendre ce que cela signifie économiquement : quelle est la politique de l’entreprise ? Sa rentabilité réelle ? Sa stratégie long terme ?
Une action qui verse un gros dividende mais stagne n’est pas toujours un bon investissement. Le rendement ne suffit pas.
J’invite les jeunes investisseurs à comprendre ce qu’ils achètent. Une action, ce n’est pas un ticker. C’est une part d’entreprise, avec ses forces, ses faiblesses, et son propre cycle de vie.
🏗️ Événements boursiers marquants
En 2024, les grandes manœuvres sont de retour.
J’ai commenté la montée de BNP Paribas dans AGEAS, la cession d’actifs de FOSUN, et les réorganisations internes chez BNP-PARIBAS-FORTIS. Cela montre que même les géants doivent s’adapter. Pour l’investisseur, ce sont des signaux puissants.
Ce n’est pas la nouvelle qui compte, c’est ce qu’elle dit de la stratégie derrière.
J’ai aussi attiré l’attention sur les rachats d’actions : lorsqu’une entreprise rachète massivement ses titres, ce n’est pas anodin. Cela traduit souvent une confiance interne forte — et un levier de valorisation durable.
🧭 Méthodologie personnelle
Je ne cherche pas à tout savoir. Je cherche à comprendre ce qui compte.
Ma méthode ne change pas :
- Une analyse graphique simple : tendances, volumes, cassures.
- Un œil sur les fondamentaux clés : croissance, rentabilité, endettement.
- Et surtout, une discipline émotionnelle. Savoir attendre. Savoir vendre. Savoir rester.
Ne pas agir est parfois la meilleure stratégie. C’est dans le silence que les bonnes décisions murissent.
Je n’ai jamais changé de philosophie :
Observer. Comprendre. Agir.
Pas l’inverse.
Trop de gens cliquent avant de réfléchir. J’écris pour leur rappeler qu’on investit avec des idées, pas avec des pulsions.
2023
🗓️ Année 2023
🧠 Psychologie de l’investisseur
Il y a de bonnes nouvelles et aussi des mauvaises… mais le marché décide seul de ce qui mérite d’être salué ou sanctionné.
Je constate depuis toujours que l’investisseur cherche à anticiper l’avenir avec des certitudes, alors que la Bourse est faite d’incertitudes gérées intelligemment. Il faut apprendre à envisager plusieurs scénarios, pas un seul.
Les jeunes investisseurs foncent sur ce qui brille, avec la foi du débutant. Les vieux briscards s’accrochent à leurs positions. Mais l’investisseur averti, lui, prévoit un plan B, observe, ajuste, et profite du scénario le plus probable au moment opportun.
L’argent facile s’envole tout aussi vite qu’il est venu. Ce n’est pas une opinion, c’est une loi.
🧠 Maîtrise de soi et impulsivité
Nous vivons avec nos souhaits secrets… et subissons la réalité des marchés.
Que ce soit l’intelligence artificielle, les crypto-monnaies ou les actions stars du moment, les investisseurs sont toujours attirés par ce qui fait rêver. Mais un graphe reste un graphe, et le rôle de l’investisseur, c’est de le lire objectivement, pas d’y projeter ses espoirs.
Même si le vent de la nouveauté souffle fort, les fondamentaux comme la lecture des tendances restent valables. Je recommande toujours de se référer aux figures chartistes de base : triangle symétrique, cassure de résistance, retournement de tendance… C’est ce langage simple et visuel qui permet de rester lucide.
⚙️ Mécanismes de marché
Le marché évolue selon ses propres règles, souvent loin des annonces politiques, des prévisions macro ou des tendances sociales.
Je le dis depuis des années : l’oscillateur de McClellan, le RSI, ou la moyenne mobile à 200 jours ne sont pas dépassés. Ce sont des repères puissants pour détecter l’essoufflement d’une tendance, la divergence cachée, ou le faux signal.
Par exemple :
- Quand un titre grimpe et que le RSI baisse : attention, danger.
- Quand les cours cassent une moyenne ascendante : signal d’alerte.
- Quand les volumes confirment une cassure : go, mais avec discipline.
Les indices, comme les émotions, ont besoin d’être mis en contexte : est-ce que la majorité des titres suivent ? Ou est-ce une poignée de valeurs stars qui masquent la faiblesse du reste ?
📈 Gestion boursière
Un bon investisseur n’achète pas une action… il achète une tendance.
Je crois en l’importance de l’analyse chartiste comme base décisionnelle. La tendance reste la meilleure amie de l’investisseur.
J’ai toujours défendu l’idée de deux portefeuilles :
- Un permanent, avec des actions solides de bon père de famille.
- Un spéculatif, pour les paris mesurés, l’intuition, ou même le jeu (avec de l’argent fictif, pourquoi pas).
Cela permet de garder la tête froide et de ne pas se laisser piéger dans une stratégie unique.
📚 Définitions & concepts boursiers
Une valeur évolue en accumulation, distribution ou consolidation. Ce sont les trois grandes phases. Il n’y en a pas d’autre.
Je reprends souvent la théorie de Dow, car elle reste d’actualité :
- Une phase d’accumulation voit des creux de plus en plus hauts.
- Une phase de distribution montre des hauts de plus en plus bas.
- Une phase latérale précède souvent un retournement majeur.
Le RSI, les moyennes mobiles, et même les figures comme le triangle symétrique permettent de détecter quand on sort d’une phase et entre dans une autre.
🏗️ Événements boursiers marquants
La guerre, l’inflation, la dette, les taux… tout est cyclique. Et pourtant, chaque génération semble les redécouvrir comme une surprise.
Les politiques monétaires, les ajustements du Nasdaq, la concentration des capitalisations dans une poignée de valeurs (comme en 2023)… ce sont des signaux à ne pas négliger.
Quand je vois que 7 valeurs pèsent plus de 50 % du Nasdaq 100, je sais que le rééquilibrage est proche. C’est là qu’il faut chercher les oubliées du marché, les valeurs saines en attente de redémarrage.
🧭 Méthodologie personnelle
Prévoir est difficile, surtout quand il s’agit de l’avenir… mais se préparer, ça, c’est possible.
Je n’ai jamais prétendu lire dans les boules de cristal. Mais avec une lecture graphique simple, un bon sens économique, et un zeste de psychologie, on peut éviter bien des erreurs.
Ma méthode repose sur :
- L’observation des moyennes mobiles (surtout celle à 200 jours),
- L’étude des volumes,
- La confirmation par des oscillateurs comme le RSI ou McClellan,
- Et surtout : la patience.
Si le marché veut monter, il me le dira. Et si je dois sortir, le graphique me l’aura dit avant les médias.
2022
🗓️ Année 2022
🧠 Psychologie de l’investisseur
En période d’incertitude, il est plus facile de douter que de croire. Et pourtant, c’est justement dans le doute qu’il faut apprendre à se positionner avec méthode, pas avec émotion.
En 2022, nombreux furent ceux qui ont cédé à la peur face à l’inflation, aux hausses de taux, ou aux corrections violentes des grandes valeurs. Mais la Bourse n’a jamais été un refuge pour les âmes impulsives.
Ce n’est pas parce que les nouvelles sont mauvaises que la Bourse va chuter davantage. Parfois, les mauvaises nouvelles sont déjà dans les cours.
J’ai toujours répété que le plus grand piège en Bourse, c’est notre propre lecture émotionnelle des événements. L’investisseur formé sait que les cycles négatifs sont aussi des périodes d’apprentissage et de sélection.
🧠 Maîtrise de soi et impulsivité
La tentation d’agir est partout. Mais une bonne décision, ce n’est pas un réflexe : c’est le fruit d’une observation calme et d’un plan clair.
Lorsque les marchés tanguent, l’instinct pousse à vendre ou à acheter « pour ne pas rater le train ». C’est justement là qu’il faut se rappeler : attendre le bon signal, c’est agir intelligemment.
Je conseille toujours de relire ses objectifs personnels avant chaque mouvement de portefeuille. Un clic peut coûter cher quand il n’est pas mûri.
⚙️ Mécanismes de marché
Les taux montent ? L’inflation galope ? Les banques centrales resserrent la vis ? Voilà le retour du cycle classique : croissance, surchauffe, resserrement, ralentissement.
2022 a été l’année où l’on redécouvre les fondamentaux : les taux d’intérêt influencent les marchés, la liquidité n’est pas infinie, et la rentabilité redevient une valeur centrale.
Je l’ai dit souvent : la Bourse aime l’anticipation. Les marchés n’attendent pas que l’économie freine pour baisser — ils le font avant.
Regardez les volumes, les divergences d’indices, les comportements asymétriques. Ce sont eux les vrais signaux, pas les manchettes de journaux.
📈 Gestion boursière
Je reste fidèle aux outils simples : moyenne mobile à 200 jours, RSI, et volumes. Ils ne mentent pas quand on sait les écouter.
Une cassure sur une zone support n’est jamais un hasard. Si elle s’accompagne d’un pic de volume, c’est une alerte. Si elle s’accompagne en plus d’une divergence RSI, c’est une quasi-certitude : la tendance s’épuise.
L’analyse technique est mon garde-fou. Elle ne prédit pas, elle m’indique le comportement des opérateurs, et donc le tempo à suivre.
Vous pouvez rater un trade. Mais ne ratez pas le respect de votre méthode.
📚 Définitions & concepts boursiers
Le marché est un théâtre de comportements humains : peur, euphorie, exagération, oubli. Ce n’est pas un algorithme, c’est un miroir.
On a revu en 2022 l’importance des phases de consolidation, des volumes en baisse après des hausses longues, et des cycles de rotation sectorielle.
Rappel utile : une valeur peut baisser parce qu’elle est montée trop vite, pas parce qu’elle va mal. Et elle peut stagner parce qu’elle accumule, pas parce qu’elle est sans avenir.
🏗️ Événements boursiers marquants
La fin du « tout-technologique » est annoncée. Place à la sélection. En 2022, les marchés ont corrigé les excès. Ce n’était pas une crise, c’était un rééquilibrage.
On a vu des valeurs stars dévisser de 30 à 60 %. Était-ce excessif ? Peut-être. Était-ce prévisible ? Pour ceux qui suivent les signaux techniques, oui.
Des figures de retournement sont apparues, des gaps se sont refermés, et les leaders d’hier ont été testés sur leur capacité à résister sans soutien monétaire.
Je n’y ai vu aucun effondrement, juste une grande leçon de retour à la réalité.
🧭 Méthodologie personnelle
Je ne suis pas devin. Mais je suis fidèle à quelques principes :
- Observer les indices en parallèle (Dow, Nasdaq, S&P, EuroStoxx…),
- Guetter les divergences techniques,
- Respecter les seuils psychologiques (comme les 20 %, 50 %, 61.8 %),
- Et surtout : être prêt à ne rien faire quand le marché n’est pas lisible.
En 2022, j’ai encore appris que ne pas perdre, c’est déjà gagner du temps. Et en Bourse, le temps est notre meilleur allié.
2021
🗓️ Année 2021
🧠 Psychologie de l’investisseur
En Bourse comme dans la vie, il faut garder sa tête froide quand tout le monde s’agite. L’intelligence financière, c’est avant tout la maîtrise de ses émotions.
En 2021, les marchés ont alterné entre panique sanitaire, euphorie technologique et reprises cycliques. Dans ce tumulte, j’ai rappelé que la Bourse n’est pas un lieu de chance mais de méthode.
Quand une valeur chute, ce n’est pas toujours une catastrophe — c’est parfois une opportunité déguisée. Encore faut-il savoir la reconnaître.
J’ai souvent mis en garde contre l’effet de masse : acheter parce que « tout le monde achète » mène rarement à une gestion saine. Il faut raisonner, pas suivre aveuglément.
💥 Impulsivité et prise de décision
L’envie d’agir est grande. Mais en Bourse, l’action irréfléchie est la première cause de pertes.
J’ai encouragé chacun à prendre du recul, à relire ses objectifs avant chaque clic. Ce n’est pas un réflexe qui fait la différence, mais une méthode appliquée.
Ce n’est pas parce qu’un titre monte qu’il faut l’acheter. Ce n’est pas parce qu’un titre baisse qu’il faut le vendre.
En 2021, j’ai vu des investisseurs jeunes se brûler avec les valeurs « populaires » poussées sur les réseaux sociaux. La Bourse n’est pas un jeu.
⚙️ Mécanismes de marché
Quand les taux montent, quand l’inflation s’annonce, les fondamentaux redeviennent des repères.
J’ai rappelé les bases : une action représente l’actualisation des bénéfices futurs. Si les taux augmentent, ces bénéfices futurs valent moins. D’où les tensions sur les valeurs de croissance.
Une correction de marché n’est pas une chute du monde : c’est un réajustement logique après des excès.
Nous avons vu des rotations sectorielles : les technos se sont faites bousculer, les matières premières ont repris le devant de la scène. Tout cela est cyclique. Il faut l’accepter pour l’exploiter.
📈 Gestion boursière
J’utilise encore les bons vieux indicateurs : moyennes mobiles, RSI, volumes. Ce sont mes compagnons de route.
J’ai souligné l’importance d’une gestion par observation graphique : un croisement de moyennes mobiles, une divergence de RSI, un volume anormal… Ce sont autant de signaux qui évitent les erreurs.
La méthode vaut plus que l’intuition. Mieux vaut rater un trade que briser sa discipline.
J’ai conseillé de toujours combiner l’analyse technique à l’analyse fondamentale, et surtout d’avoir une cohérence d’ensemble. Pas de portefeuille construit au hasard !
📚 Définitions & concepts boursiers
En 2021, j’ai détaillé plusieurs notions utiles :
- PER : évalue le « prix » qu’on paie pour un bénéfice.
- PEG : affine le PER en tenant compte de la croissance attendue.
- Taux de distribution : part des bénéfices reversés aux actionnaires.
- BPA : bénéfice par action, pour comparer des sociétés.
- Dividende : n’est pas un cadeau, mais une part redistribuée.
Un PER élevé n’est pas mauvais en soi, mais il doit s’accompagner d’une croissance solide. Le PEG peut nous éclairer.
J’ai rappelé aussi que les entreprises matures ont souvent un dividende élevé, tandis que les jeunes entreprises réinvestissent. Le rendement n’est donc pas un critère absolu.
📌 Événements boursiers marquants
2021 a été marquée par le retour de l’inflation. Et avec elle, la remontée des taux, la rotation sectorielle, et la fin des excès spéculatifs.
Nous avons assisté à des mouvements violents sur les cryptomonnaies, des valorisations irrationnelles sur certaines valeurs « stars », puis à des retours à la raison.
Quand une société se scinde en plusieurs branches, ce n’est pas une faiblesse : c’est parfois un moyen de libérer de la valeur.
J’ai aussi analysé les tendances autour de la transition énergétique, de la relance verte et du rôle croissant de l’Asie dans les stratégies d’investissement.
🚧 Erreurs fréquentes à éviter
- Suivre la mode sans comprendre la valeur.
- Confondre spéculation et investissement.
- Ignorer les signaux graphiques.
- Acheter parce qu’un ami ou un article l’a dit.
- Croire qu’un PER élevé est forcément mauvais… ou forcément bon.
Ne tombez pas amoureux d’un titre. Il ne vous le rendra pas.
🧭 Méthodologie personnelle
Ma gestion repose sur trois piliers :
- Observation cyclologique : je lis les marchés comme des cycles de comportements humains.
- Analyse technique simple : pas d’usine à gaz, mais des indicateurs éprouvés.
- Sélection de valeurs solides : soit bien valorisées, soit en croissance crédible.
J’achète avec une marge de sécurité, je vends quand la marge s’efface.
Et surtout : je reste fidèle à ma méthode. Ce n’est pas en changeant de cap à chaque tempête qu’on arrive à bon port.
2020
🧠 Psychologie de l’investisseur
2020 m’a rappelé une vérité simple : la Bourse n’est pas dangereuse en elle-même… ce sont nos réactions qui le sont. Quand une crise surgit, l’investisseur est tenté de “faire quelque chose” à tout prix. Or, dans ces moments-là, l’urgence est rarement bonne conseillère. J’ai vu la peur pousser à vendre au pire moment, et l’euphorie pousser à acheter trop cher quelques semaines plus tard.
Dans la tempête, je reviens toujours à la même règle : je m’informe, je réfléchis, et je n’agis qu’avec une idée claire. Les rumeurs, les titres alarmistes et les emballements collectifs n’ont jamais remplacé une méthode. Quand l’émotion monte, je ralentis volontairement.
🦠 Crise sanitaire et volatilité
L’année 2020 restera celle de la crise sanitaire et de ses secousses boursières. Les marchés ont alterné entre phases de panique et reprises fulgurantes, souvent sur fond d’espoir (traitements, vaccins, réouvertures) puis de doutes (vagues successives, restrictions, incertitudes économiques). Dans ce type d’environnement, je me méfie des certitudes : je préfère travailler par scénarios.
J’ai aussi constaté à quel point la volatilité peut déformer le jugement : quand ça bouge trop, on surestime l’importance d’une journée, d’une semaine, d’un titre “à la mode”. Or, les grands mouvements se lisent avec du recul. Celui qui veut survivre en Bourse doit accepter l’idée qu’une crise peut durer… et qu’un rebond ne signifie pas forcément un retour à la normale.
⚙️ Mécanismes de marché
2020 a montré une nouvelle fois que la Bourse anticipe plus qu’elle ne constate. L’économie peut être en souffrance pendant que les marchés remontent, simplement parce qu’ils regardent plus loin et parce que la liquidité, les politiques monétaires et la confiance peuvent changer la donne. Cela ne rend pas la hausse “illogique” : cela rend le marché… fidèle à lui-même.
J’ai aussi insisté sur les rotations : quand un secteur surperforme, un autre prend du retard, puis les rôles s’inversent. Il ne faut pas se laisser hypnotiser par une poignée de vedettes. Observer les secteurs, les indices et la largeur du marché (combien de valeurs suivent vraiment) reste un réflexe utile pour éviter les illusions.
📈 Gestion boursière
Dans mes petits mots de 2020, j’ai beaucoup travaillé avec des repères simples : tendances, zones de résistance, signaux de retournement, et surtout l’idée qu’un marché ne se lit pas au doigt mouillé. Je préfère une entrée réfléchie, même imparfaite, à une entrée “émotionnelle” qui finit en regret.
Je me suis également appuyé sur des outils éprouvés : moyennes mobiles (pour situer le prix dans sa tendance), RSI (pour repérer les excès), et indicateurs de cycles/variation (pour comprendre quand un mouvement s’essouffle). Ce n’est pas de la magie : c’est une manière de ramener du calme dans un monde qui s’agite.
Enfin, j’ai rappelé une évidence : il faut laisser au marché le temps de “digérer”. Après une chute violente, on ne reconstruit pas une tendance solide en quelques heures. La patience est une stratégie à part entière.
💶 Dividendes, qualité et bon sens
En période de crise, la qualité redevient un critère central. Les belles histoires ne suffisent plus : on veut du solide, du résilient, et du capable de traverser les cycles. Les dividendes font rêver, mais ils ne sont jamais garantis : quand la situation se dégrade, certaines entreprises coupent, d’autres maintiennent, et seules les plus robustes gardent le cap.
Je le dis souvent : je préfère comprendre la capacité d’une entreprise à durer plutôt que courir après un rendement affiché. Le dividende est un symptôme (de solidité ou d’excès), pas une promesse.
🥇 Valeurs refuges, matières premières et nouveaux “mirages”
2020 a ravivé l’attrait pour les valeurs refuges et les actifs “anti-angoisse”. Dans ces périodes, beaucoup cherchent un point d’ancrage, une assurance psychologique. Je garde une approche prudente : un actif refuge sert d’abord à stabiliser, pas à spéculer comme un forcené.
J’ai aussi vu renaître le goût du “miracle financier” : produits présentés comme évidents, promesses de gains faciles, emballements collectifs sur certains actifs très spéculatifs. Je reste ferme : on n’achète pas ce que l’on ne comprend pas. Et quand tout le monde devient gourmand, je redeviens méfiant.
🧭 Méthodologie personnelle
Si je devais résumer 2020 en une ligne : la discipline vaut de l’or. J’ai traversé cette année en revenant sans cesse à mes fondamentaux : observer, comparer, attendre les confirmations, et refuser la panique comme l’euphorie. Le marché change, les modes passent, les crises reviennent… mais la méthode, elle, reste.
Et je termine comme je le pense : la Bourse est un monde qui exige de la patience, du bon sens et un peu d’humilité. Ceux qui veulent tout contrôler souffrent. Ceux qui apprennent à lire et à attendre finissent par durer.
2003–2019
🔁 Cyclologie boursière : une boussole, pas une boule de cristal
Sur cette longue période, je reviens sans cesse à la même idée : le marché n’avance pas au hasard, il oscille. Mais je le répète : un cycle n’est jamais une certitude, c’est une ligne directrice. Il faut l’utiliser comme une probabilité à long terme, pas comme une prophétie.
J’ai souvent rapproché différentes écoles de cycles (Kondratieff, Benner, Kress, Armstrong), et j’ai insisté sur un point : les cycles peuvent se superposer, se contredire, ou parfois… ne pas “fonctionner” pendant un temps. C’est justement pour cela qu’on doit rester souple et ne jamais s’acharner sur une lecture unique.
🧭 Ma méthode : combiner cycles + analyse technique + fondamentaux + psychologie
Si je ne devais laisser qu’une règle, ce serait celle-ci : ne jamais isoler un outil. Le cycle seul est insuffisant. L’analyse technique seule est dangereuse. Les fondamentaux seuls peuvent être lents. La psychologie seule peut devenir une excuse.
Pour être utile, l’approche cyclique doit être mélangée avec :
- l’étude du marché “interne” (analyse technique),
- l’analyse fondamentale,
- la psychologie du marché (émotions collectives),
- et la liquidité (l’argent disponible, les flux, la tension du crédit).
📊 Lire le marché : volumes, excès, et signaux qui trahissent les “gros”
Je me suis souvent méfié des hausses “propres” en apparence, mais construites sur des volumes faibles. Quand le marché monte sans carburant, il faut se demander : qui achète vraiment, et qui distribue en silence ?
J’ai aussi rappelé que l’excès de confiance est un piège classique : quand tout le monde “va bien”, quand les médias s’emballent, quand le grand public se réveille trop tard… le marché prépare souvent une respiration brutale.
Et c’est là que l’investisseur particulier se fait aspirer : il achète ce que les institutionnels viennent de mettre en vitrine, au moment où la rotation commence déjà ailleurs.
🧠 Psychologie de l’investisseur : prévoir, non… mais comprendre, oui
Je l’ai écrit de multiples fois : on ne peut pas vraiment prédire… mais on peut parfois prévoir, c’est-à-dire repérer des configurations qui se répètent suffisamment pour nous rendre plus lucides.
Le plus dur n’est pas de lire un graphique : le plus dur, c’est de se lire soi-même. L’investisseur a besoin de repères, et le danger commence quand il transforme une conviction en certitude, ou quand il cherche un confort émotionnel au lieu d’un raisonnement.
🛡️ Gestion du risque : fractionner, garder des cartouches, survivre aux secousses
J’ai souvent insisté sur une discipline simple : ne pas tout engager d’un coup. Quand le doute domine, quand le timing n’est pas clair, je préfère avancer par étapes, garder des liquidités, et attendre le moment où le marché confirme.
J’ai aussi rappelé qu’il est parfois plus sage de n’investir qu’une partie de ses liquidités, le temps que le marché se dévoile. La survie financière (et mentale) vient souvent de cette capacité à ne pas être “collé” au marché.
🗓️ Saisonnalité et proverbes : utiles… à condition de ne pas les appliquer bêtement
J’ai souvent croisé l’idée des “mois pièges”, des périodes statistiquement plus nerveuses, et des dictons bien connus. Mais j’ai toujours mis en garde : un dicton n’est pas une stratégie.
Si une action est en tendance haussière, pourquoi la vendre mécaniquement parce qu’un calendrier le suggère ? À l’inverse, si le marché est mûr pour corriger, le calendrier peut parfois renforcer l’hypothèse. Tout est affaire de contexte.
🏦 Fondamentaux, taux, inflation : la réalité finit toujours par rappeler le marché à l’ordre
Même quand je pousse l’analyse cyclique, je reviens au bon sens : à long terme, le marché ne peut pas ignorer la réalité économique (taux, inflation, profits, valorisation).
J’ai souvent rappelé qu’il faut se méfier des valorisations qui deviennent excessives, et que les mouvements de taux peuvent secouer à la fois actions et obligations. J’ai également souligné qu’en période trouble, les entreprises peuvent se réfugier dans le cash, et que cette liquidité (ou son absence) change profondément le comportement du marché.
🧨 Erreurs fréquentes : dilution, mirages “faciles” et fausses promesses
J’ai aussi alerté sur certains pièges récurrents : la recherche du coup rapide, les produits trop complexes mal compris, ou encore les situations où l’actionnaire se fait diluer sans vraiment s’en rendre compte (mécaniques d’émission, stock-options, etc.).
L’investisseur doit apprendre à reconnaître ce qui enrichit durablement l’actionnaire… et ce qui enrichit surtout ceux qui sont déjà à l’intérieur du système.
🧰 Ma synthèse personnelle de 2003 à 2019 : ce que je veux transmettre
- Je travaille avec des probabilités, jamais avec des certitudes.
- Je combine cycles + technique + fondamental + psychologie + liquidité.
- Je respecte la tendance et j’observe les volumes : le marché parle toujours.
- Je fractionne : je garde des cartouches et je laisse le marché confirmer.
- Je me méfie des périodes d’euphorie : ce sont souvent les plus dangereuses.
- Je refuse le confort intellectuel : une “belle théorie” ne vaut rien si le marché la contredit.
Au fond, mon objectif n’a jamais été de briller par des prédictions, mais d’aider l’investisseur à ne pas se faire broyer par l’alternance éternelle : hausse, excès, correction, peur… puis nouveau départ.
Roger LECUT Gradué en Sciences Bancaires et Boursières.